Sleepless in Seattle
Six visages de la séduction comme satisfaction narcissique. la leur, la mienne.
- Jeudi, je croise un type sur le passage clouté à la sortie du bureau. On se mate. On se retourne. Logiquement, je le suis. Un peu plus loin, il ne fait «non non» du doigt.
- Vendredi, un type sort de la piscine en même temps que moi. Je l’avais un peu regardé sous la douche et à l’interface de laçage des chaussures, mais pas plus que ça. Il monte l’escalator qui fait face à la station de métro place Carrée. On se regarde. Et à nouveau. Il me fait au revoir de la main.
- Vendredi aussi, au Banana — don’t ask –, avec ma soeur, Pif et LaFouine. (Juste avant on avait eu une conversation sur les raisons pour lesquelles les hétéros ne se mettent que rarement des doigts dans le cul.) J’avais eu un échange de regards («it’s in your eyes, I can tell what you’re thinking») avec un type en chemise d’ado genre Abercrombie, mais il était avec une fille et je pensais qu’en fait il était hétéro. Après il s’est jeté sur moi littéralement. A peine une heure après, il a dit que son copain était là de façon inattendue.
- Samedi, un type papote avec moi à la piscine, et il me dit à bientôt. Rapport au fait que je l’avais maté (et qu’il y avait eu tentative de genou).
- Ces temps-ci, je parle sur internet avec Sean. Un Américain. De Seattle. Sur une de ses photos, il est avec Condoleezza Rice. On doit se marier à Vienne.
- Lundi, j’avais rendez-vous avec un type d’internet, qui m’a dit qu’il m’aimait. Il m’a posé un lapin.
Sinon, d’après BoxingBoy, quand on oublie tout mais qu’on s’en rend compte, c’est un signe de dépression et ça s’appelle la «plainte mnésique».
