La nuée sans l’orage (2)
C’est la crise, comme disaient Montand et Ockrent en 1985.
La crise européenne, et c’est vrai que l’on n’y voit pas clair, que tout est possible, depuis le plantage genre début des années 1980 (avec l’issue qu’on sait) jusqu’à plein de trucs de mes rêves dont j’ai déjà parlé. C’est, de plus en plus clairement, la crise des élites, des institutions (médias, corps intermédiaires), du régime.
Je trouve la non-démission de Chirac folle, même si sûrement dans la situation actuelle elle profiterait moins à la gauche qu’à Sarkozy. On en est au replatrage d’un mur effondré, du genre «on vous a réservé des surprises, finalement Dominique Perben reste au gouvernement.»
Le plus curieux est que malgré l’accumulation de colère populaire et de surdité, d’usure du pouvoir, il n’y a pas la révolution. C’est même à se demander si l’abolition du SMIC et du CDI que se propose Villepin foutrait plus les choses en l’air que, disons, la réforme des retraites de 2002. Les gens sont fâchés et las à la fois; il est vrai qu’on ne fait pas Mai 68 avec des sexagénaires.
Aussi, quelle formidable invention que la série de l’été sur TF1.
