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«A 5% près, quelle proportion de députés socialistes y avait-il dans l’Assemblée élue en 1981?»

Samedi soir, Salvador Allende au Latina, en présence du réalisateur Patricio Guzman. Comité m’avait dit tout le bien qu’il avait pensé du film quand il l’avait vu, mais j’avais craint d’avoir la même mélancolie, ce désespoir, cette aboulie militants qui m’avaient saisi à la sortie de Goodbye Lenin. Que non.

Appris pas mal de trucs, par exemple sur le passé politique d’Allende, son grand âge à son arrivée au pouvoir, son humour, son travail de labourage politique du pays, l’enthousiasme de ces années et à cet endroit, les réseaux qu’il fallait alors mobiliser, qu’il faut sûrement toujours mettre à contribution quand on est de droite (le Vatican, les familles royales du Benelux, les grandes multinationales, etc.). Le film a effacé mon a priori d’un politicien mou et terne (lié à ses lunettes de Mr. Phelps). Sur la révolution et cette tentative démocratique et pacifique, on pense aussi à l’échec de Dubcek, à 1981-83. On reprend le fil de la réflexion sur cette aporie de la politique, que la réforme est forcément un renoncement, et que la révolution échoue: grimpe aux extrêmes ou se thermidorise.

En tout cas le film permet de comprendre un peu pourquoi:
- très instructives réflexions du cinéaste sur le lien qu’Allende a cherché à entretenir avec l’armée, sur cette pénurie de militaires de gauche ou simplement démocrates d’une certaine façon. On ne peut pas faire la révolution avec l’armée, mais comment la faire contre quand on est un authentique pacifiste?
- la révolution, c’est fatiguant. Dès la fin de mes années 70 le rigorisme moral, gauchiste de Quilapayun croisés dans une soirée par hasard avait semblé super-casse-couilles à mes parents. Cet engagement collectif du peuple chilien sort d’un autre temps. Une mobilisation populaire presque sacrificielle semble inatteignable, où alors au prix du bourrage de crânes.

Samedi soir, j'étais euphorique, je plaisantais avec brio sur les sosies de Wharol et Hillary Rodham Clinton qui hantent le sous-sol de l'Amnesia.Ce n'était pas ça. Restent les démangeaisons. Peut-être est-ce psychosomatique, mais de quoi?Je me demande si j'ai pu chopper la gale de Miss Chococat rien qu'en lisant «le Fiel de la Nation».

Dimanche, les gens sont venu jouer au Jeu Politique chez moi et on a ri. Comité a brillé de tous les feux d’Innoxa et a prétendu ne rien comprendre aux règles. Il s’est, comme Arlequin, abrité derrière le paravent de la dyschromatopsie. François B2 faisait les rois en incarnant l’UDF. Et Sébastien H. a une fois de plus fait triompher le cynisme. Tout le monde s’est bien fait chier because le jeu est lent, les gains durs à comptabiliser et les objectifs flous.

Sinon, je me demande si ma mère sait que le juron «j’en ai rien à secouer» parle de masturbation.

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