Freedonia

«You Are Gonna Make Me Lonesome When You Go»

A XL, je pensais arriver après la bataille, mais avec les (mauvais) croissants. J’avais donc erré dans les rues de BXL, et dans des souvenirs ; me revenait aux narines la fragrance engloutie de Knize 10, qu’avait porté jadis Stéphane «sac à main» dans le même silence babylonien du Palais de Justice. Peut-être que toutes les odeurs se réduisent à celle de Knize 10 quand il fait froid.

Comme jamais rien n’arrive, Fawn était resté vendre des croquenots à Paris, LzMry avait été clouée par une gastro, Shinin’Rubis s’était assoupie en gardant la malade, et Comité, X-ecütiv et AC&P n’avaient, dûment, pas choppé dans les soirées incroyables et trendy que j’avais râtées pour entendre samedi soir la mélopée mélancolique et retenue de Madeleine Peyroux. Denis, l’ex- d’AC&P, prolongeait dans le dimanche cette bruxelloise stratégie du veel spreken doch weinig doen. L’événement de la veille, c’était un peu les déclarations racistes de l’ex-colloque de Fawn («je sais je que je sais, je vois ce que je vois»).

C’a été un long weekend assez doux, dirait AC. J’ai pris le temps de dormir, de papoter avec LzMry au Belga, de lire Yourcenar dans l’effervescence d’une brasserie qui m’évoquait la belle scène du voyage avorté dans A rebours, de traîner au Spades 4 avec un nommé Didier (ce prénom est curieusement moins ridicule comme réplique de C’est arrivé près de chez vous ou M. Manatane, du genre «allez gamin, parle à Didier de Charleroi») après m’être hâté avec un garçon grand, roux et timide — la concrétisation de mon fantasme (pervers) de coucher avec des gens portant dans la vie des Timberland jaunes.

A Paris, froid intérieur et extérieur, ma chaudière m’a lâché au pire moment.

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