Freedonia

La force de l’habitude

Plus le temps passait, moins mon weekend prenait la tournure prévue. Une histoire de tapirs, sûrement. La jauge de mon inbox montait régulièrement, mais sous le seul effet des spams. J’avais bien entamé les trucs utilitaires et culturels prévus, mais je sentais le cours des événements m’échapper, et ma pusillanimité (acheter un canapé, imprimer mon jeu politique, poser la moquette de l’entrée ***///ou pas///***) me reprendre.

Pourtant, mes heures de stichomythie standardisée et pseudo-cul sous DialChatte me faisaient rencontrer hi-hi-hi-Octavio, et puis un Greg étrange et notaire. Même, pour les voir je franchissais la limite implicite 9e/18e et donc la rue Lepic, et aussi de nouvelles portes, comme celles du Raidd. J’avais d’ailleurs longtemps cru que c’était le Red (un truc pédé des années 80 en somme, anarcho-punk et amstellodamois à la fois), et qu’on filtrait à l’entrée, mais j’y croisais NippleLoki et ses Amis, et puis il y avait une histoire de douche. Et aussi le CoupleParfait (NoOk+J), qui en fait est un couple ouvert. Non pas que je ne l’eusse pas déjà su, Freedonia cultive ses sources, mais le lendemain j’en apprenais tous les ressorts («C’est incroyable à NewYork les mecs se sucent directement dans les bars. A deux heures ça dégénère. Il n’y a pas de backrooms») et le glamour («… un cocktail à côté de Calvin Klein, il a 68 ans.»).

Hi-hi-hi-Octavio aidant, j’avais séché la soirée TBS-ifiée du festival gay et lesbien au Twin’s, mais les comptes rendus de Tout le Monde me donnèrent à penser qu’en fait c’était comme d’hab, en encore plus mou, et encore plus hopeless pour se trouver un mec. Survint une proposition d’Alex J, un dîner.

photo que je prendrai un jour à Sully-Morland d’un immeuble décati /// Alex J. et son nouveau karma sous les voûtes du Marais /// Alex J. et Comitecentral échangent un regard intense au coeur d’une conversation dense et intime, que seule permet l’amitié.

Comme il le disait, nos chemins politiques s’étaient recroisés, quelque part du côté d’un gauchisme théorique et d’une liberalism moral-pratique. Il s’était mis à admirer la posture identitaire de gauche de Xavier, alors que mon ethos bourgeois, à la Boxing-and-then-ChattingBoy, m’enlisaient dans la visée républicaine. Mais je me soignais. Et puis le vin campanien enivrait.

Xavier m’avait prévenu dans la file — il n’était pas encore X, et donc ironique/agressif –, «tu vas écouter de la musique électronique toi?» La Maroquinerie passait des trucs pointus, comme OMD et Indochine. DC et moi options pour du pédo-microzoning interne (Shinin’Rubis et Comité sont, me semble-t-il, des agents du déviationnisme microzoniste externe synthétique: on reste sur le trottoir et on regarde aussi les cheveux). Après, Comite et moi prenions le taxi, et on riait, et on riait, mais j’ai oublié pourquoi.

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