La vie est une tartine de Mr. Freeze.
Une fête chez moi ressemble à la vie que j’aimerais avoir. D’amour et d’eau fraîche Vittel brumisée. Un mètre carré par personne mais une superficialité de malade, un rôle indiscuté et reconnu, pas la moindre obligation conversationnelle, Nirvana et un remix par Tiefschwartz.
Bitou ressemble au PR que je devrais être.
Coco ressemble à l’homme avec qui je devrais passer ma vie (incluse l’absence totale de dialogue).
Tous les autres ressemblent à des gens formidables et insouciants.
Les Mr. Freeze font toujours plaisir. Lorsque j’arrive au pique-nique à Créteil, tout le monde est sur le départ, mais les bâtons glacés qui sortent de mon sac Picard Surgelés sont la plus agréable surprise de leur journée. Nous cessons de parler, déchirons le plastique avec des fortunes diverses, suçons en cercle. Les goûts bleu framboise ou marron cola nous font hésiter entre l’écoeurement et la nostalgie. Lorsque nous en venons à bout, la glace est liquide. Le plastique nous reste, poisseux, entre les doigts, le soleil tape, les poubelles sont loin, nous éprouvons une soif intense. C’est un de ces plaisirs ambivalents, tu sais.
