«c’est le vol.»
Ce soir, signature de la promesse d’achat de mon futur appart’ de la rue Fontaine, chez une notaire sympa, Mlle de la M…, derrière la Madeleine (soit dit pour planter la bourgitude d’ensemble). Hier, j’avais visité la cave qui s’avère être vieille et moche, pleine de moisi et au bout d’un couloir de briques, sombre et étroit, un peu à la Tardi dans «Adèle Blanc-Sec». Donc, on voulait rajouter une clause là-dessus, je sais pas quoi. On appelle la notaire du vendeur, à Cognac, endroit où, soit dit en passant, on doit s’emmerder ferme en toutes époques de l’année. D’après ma mère, en plus, ça ne doit plus payer niveau notaire les ventes de terrains viticoles, «avec l’effondrement des ventes de cognac».
Et là, c’est le drame. La notaire en question est «mauvaise ambiance» (dixit ma mère), et ma mère confond l’achat d’un appart’ avec la fusion Lyonnaise des eaux / Dumez. Le ton monte en trois secondes. Ma mère dit qu’il y a eu «vice caché»; la notaire dit que pas du tout, j’ai vu les champignons fluo orange avant la vente. J’objecte mollement que le papier avait déjà été signé par le vendeur. Elle s’énerve, dit que la cave est un plus pour moi (dissonance cognitive) et que si on est dans cet état d’esprit, elle va aller voir d’autres acheteurs potentiels (mauvaise ambiance).
Je tente une percée conceptuelle énorme en disant que je me tape totalement de cette cave, qu’ils pourraient la garder; mais ma notaire et ma mère se suicident sur place, je dois renoncer. Tout ça se solde dans un Spielkrieg hallucinant de clauses résolutoires.
Ce soir, je suis aussi l’heureux futur propriétaire de planches vermoulues souterraines.
