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Les boums et les bangs

Les douze travaux avaient tout de même pris fin. J’avais retrouvé la vie civile, aussi vite que le métro regagnait la ville. Institut du sport, Morgue, Austerlitz, Museum: là où le bien public prend doucement la poussière, où le soleil filtre parmi les verrières décaties. Puis Hammam, pour évaporer mon stress.






A1: Après l’épreuve de sport, j’avais pu arrêter la sobriété et reprendre une vie sociale.
A2: Maaxxx fêtait une promotion à coups de champagne et de petits fours du Bon Marché, son épicerie de proximité.
A3: «Est-ce qu’il se rend compte qu’il a un truc hyper-séduisant?»
B1: Au début, l’inquiétude était telle que j’en perdis le sommeil. Chaque nuit, je repassais le grand oral, soupesant la faiblesse de mes réponses, supputant la sévérité des sphinges du jury.
B2: Département SARL tardait à me trouver un nouveau job d’attente ou de rechange. Dans Paris, je promenais mon entre-deux administratif.
B3: Fin novembre, je me remis à dormir. Dans un cauchemar d’anticipation, j’ouvrais un .pdf d’échec sur le site de l’École.
C1: Les bureaux d’Alex Nippon rutilaient de linoleum et d’amiante.
C2: Popeck, Lully, Basquiat, Larry Clark, Kertész, Miroslav Tichy, collection De Mol van Otterloo. «On se retrouve aux Souffleurs?»
C3: A Drouot, un lot de chapeaux avait été emporté, à notre nez et notre barbe, par un SAPEur superbement accoutré comme un potentat équatorial.
D1: «Une perquisition mexicaine? Non…, y’a pas de ça chez nous.» Les condés continuaient de naviguer, d’un instant à l’autre, entre professionnalisme et gros doigts.
D2: A La Hague, vivante et calme, je revis enfin Rob.
D3: Tandis que l’affection culminait, la distance redoublée du manque d’argent créaient un grand écart.
E1: Après trois martini-dry, on s’exclamait: «C’est qui? on l’a jamais vu!? il est hyper mignon!» Pendant ce temps là, Morgie essayait les bonnets phrygiens oversize.
E2: Dans les Puces, devant Demy, devant un demi, Matthieu DC récriminait contre les rigueurs aveugles de l’amour et râlait sur son nouveau gagne-pain. Pendant ce temps-là, ShiningRubis ripolinait le showroom de ses rêves.
E3: Avec la déprime, Kyle jouait les popes et guignait les faveurs de vieilles dévotes orthodoxes.
F1: Avec Fillette aux présences écliptiques, Pheel généreux en guimauves, et NippleLoki ressuscité d’entre les Yankees, on suivit le parcours en gidouille de la manif contre le sida. Die-in dans la neige.
F2: A Bruxelles, en famille, «Gays et envoisiez et chantans». LzMry avait lâché le Coca Light et, peut-être, les migraines, mais non point le grain de folie.
F3: Chez Département SARL, j’étais passé en 7 ans du bureau 420 au bureau 421, chiffre aléatoire qui résumait bien la situation. Plus que quelques heures et tout, ou presque, serait joué. J’avais fait ce que j’avais compté faire, pas de regrets à concevoir; rien ne va plus.

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One Response to “Les boums et les bangs”

  1. bourgeoisie

    J’ai un gros nez et je ne m’appelle plus Matthieu DC depuis 2004.

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