Opak Drama (Mort Aux Jeunes)
Je n’avais rien à dire aujourd’hui mais quelqu’un s’en est inquiété (je vais bien car jamais rien ne passe le week-end).
Quelqu’un s’est demandé si ‘nous’ étions des “dépressifs chics”. La question de notre dépressivité et de son utilisation taraude pas mal de personnes finalement et nous devrions peut-être apporter des éléments de réponse. Pour ma part, je n’ai jamais été déprimé de ma vie et je ne le serai probablement jamais. A ce jour, j’ai du cumuler au maximum trois des cinq symptômes conventionnels de la dépression. Ce qui me sauve, je pense, est la narration. Je ne peux pas être dégoûté de toute chose puisque toute chose est si joliment dite et a si joliment l’air de n’importe quoi. D’où les tartines sur la tartine de merde.
Parmi les gens proches de mon entourage, je pense que certainEs ont des facteurs concrets et crédibles de malheur (un problème familial, un handicap amoureux, etc.). Mais je crois que ce qui sous-tend par exemple le concept “Mort Aux Jeunes” et son attractivité est cette capacité, tout à la fois, à jouer de ça, rire de ça, souffrir de ça, s’en exaspérer, le surjouer, en faire des photographies, des attitudes dramatiques et insupportables, des dialogues flamboyants et opaques, des colocations aux deuxième étage et quatrième degré, des moues.
____[Et pour finir une phrase géniale lue aujourd'hui : "(...) mais j'espère que je ne vais pas passer pour la pute de service, ce qui serait putophobe."]____
