Freedonia

The Sound Of Silence

C’est curieux, le choc des mots et le poids des photos, parce que moi aussi je vais parler de musique. Encore que le fait qu’il y ait cette commune catégorie pour ranger Kyo et Juliette Gréco la rende suspecte.

Vendredi, avec ma famille in the V.I.P area de l’Olympia (you know l’Olympia? it’s dead, ahahah). La deuxième chose après «bonsoir» que me dit ma mère, d’une confidence audible dans un rayon de 10 mètres, c’est: «il y Sonia Rykiel juste devant.» Laquelle prend de son oeil de céphalopode, fort maquillé, motile mais indifférent, tout ce qu’on peut dire qui arrive à ses oreilles; elle est comme la baronne Casati, l’air folle et désuète, les cheveux feu, emmitoufflée et avachie sous une fausse fourrure que ma grand’mère trouve «vilaine». Mes parents se déchaînent à tour de rôle dans le people watching & name’s dropping. : juste derrière, «cette actrice, je sais plus son nom… — je ne sais pas, cite moi un de ses rôles? — euh… elle a fait une pub», Clémentine Célarié, papote avec Lambert Wilson. Au rang précédent, Armande Altaï ne suscite pas de comparaison avec Fanny Ardant; «il y a» Pierre Bergé et Jean-Claude Briali. En effet, Juliette Gréco a un vrai fan-club, stratégiquement divisé en quatre: pédés, filles à pédé, vieux pédés, vieux tout courts. Devant nous, à l’entr’acte, vient prendre place Delanoë. «Regarde Mamy, il y a le Maire là. — Le maire d’où? — De Paris, Mamy. — (après un temps de réflexion) Il est avec une femme, c’est rare hein?»

Juliette Gréco a le vrai don de pouvoir s’approprier et renouveler des tubes que d’autres ont immortalisés déjà, «Bruxelles», «le Temps des cerises» (à la joie de mon père). Elle a aussi quelques succès qu’on ne se lasse pas de la rentendre chanter. Elle est humble est engagée. Sa voix transite imprévisiblement du murmure séducteur à la force grave, au phrasé suave; elle est, immobile au centre de la scène, un papillon de velours noir. Elle surjoue, elle mime clownesquement comme Paul Simon. Elle est aimée et on la rappelle «Juliette» debout.

«C'est pas Mike Brant là derrière?»«c'est une chanson révolutionnaire, c'est donc une chanson d'amour. C'est une chanson d'amour, c'est donc... une chanson révolutionnaire.»

Samedi, à la manif pédée devant le ministère de la justice, je dis «bonjour Monsieur» à Didier Eribon. Tout le (petit) monde est là, même des vieux camarades de mousse (Armelle, Arnaud C.). L’interLGBT voulait une manif «digne, donc sans slogan», mais Xavier Prieur fait reprendre un chant militant (sur la musique de «Paroles, paroles»). La (petite) foule ne se lasse plus de reprendre en boucle un vieux tube LCR remixé: «y’en a assez – assez – assez d’cette société / qui n’respecte pas les trans les gouin’ et les pédés». AC&P ne se lasse pas que nous photographions ses émois éphémères et actupiens. Qui pourrait se lasser de la nouvelle coiffure de Matthieu, D.C.? De ce dont je ne me lasse pas, AC&P me dit: «Oh non!, tu peux pas dire ça!» dans notre bref moment Secret Girls.

Sa mère ne sait pas qu'il est inverti.«Ahhh, Manu...»«Il ne m'a pas rappelé, il est à Nantes...»
«Nous ouvrons une boutique rue du Bac, c'est un très bel endroit.»

Le concert des Têtes raides, avec Jérôme mon camarade d’H.E.C Paris et de Quai des Plumes. Avant le groupe lui-même, plusieurs numéros. Neutron (du duo comique aurillacois Mazout et Neutron) dit drôlement: «Ce soir, aux Victoires de la Musique, encore une année où Hervé Guichard n’est pas nominé. Ah, il est mort? Eh ben, pas d’hommage non plus!» Kent chante avec sa mèche bobo sa chanson gauchiste. Les dernières chansons des Têtes raides sont plus rock, leurs premières comme un a-capella du métro. Ils sont innombrables, bougent et changent d’instruments d’une chanson à l’autre; ces gens-là ont tous plusieurs talents. Sympa comme soirée et beaucoup d’ambiance.

«Du sel dans les pâtes à l'eau! / Du beurre dans les haricots!»

Et aujourd’hui, après un brunch écourté avec Gilles, un brunch des yeux avec Christophe, Leïla et Pierre-Yves. Beaucoup de nostalgie distante d’H.E.C Paris («Comment il s’appelait…?» et «99% de ces gens ne me manquent pas.»). Chez ComitéCentral, Anne-Lise rentre à Strasbourg. Liz va toujours sur Meetic et se demande toujours pourquoi Pitchou ne l’appelle pas. Benjamin LeQ essaye de faire hétéro. Comité n’a pas fait les sols, «ça se voit non?» Tous doivent aller à la B-B-B, dont il a été parlé en son temps.

«Si ça lui fait plaisir de me faire la cuisine?»«Merde, on était en train de faire un ptit bac!»
«Je suis vraiment pas photogénique...»«Bonjour. Commence par envoyer ta photo.»«Antikal!»

Comments are closed.

Proudly powered by WordPress. Theme developed with WordPress Theme Generator.
Copyright © Freedonia. All rights reserved.