Freedonia

les (étudiants des) beaux-arts plaisent universellement sans concept.

Je me suis fait aussi ce matin une réflexion sur l’intervention de Martine Billard (députée Verts) à la même AG. Je l’ai trouvée assez sympa et discrète, mais ce n’est pas le sujet. Elle a dit un truc applaudi (claqué-des-doigts?) par les Actupiens et d’autres, à savoir que sur la loi sur les propos homophobes, elle suivrait la position des associations quelle qu’elle soit (refuser un projet différentialiste / le voter faute de mieux).

Je ne sais pas quoi penser de ce rapport à la ’société civile’ (je ne sais pas quoi penser de la ’société civile’). Martine Billard a des comptes à rendre à des électeurs au-delà des seules assos pédées. Elle a sûrement une réflexion individuelle, et son parti doit avoir un avis. Mais est-ce que ses électeurs, son parti et elle pensent tous qu’ils n’en pensent rien, qu’il faut demander à ActUp et à l’interLGBT de décider? N’est-ce pas le triomphe d’une sorte de pseudo-expertise, ‘je suis pédé donc je sais ce qu’il faut pour les pédés’? Est-ce que ça ne rejoint pas la grande question de fond de la politique moderne: la mise en oeuvre d’un cens (explicite ou implicite)? La posture d’ActUp n’est-elle pas, comme tout avant-gardisme révolutionnaire, suspectement aristocratique?

La conséquence de cette posture, si on va au bout de la logique, c’est qu’en tant que blanc riche et pédé, je peux savoir ce qu’il faut contre l’homophobie mais pas contre l’aliénation des prolétaires et le racisme. Que l’on ne peut pas appréhender et contester une condition politique étrangère à sa propre subjectivité sociale. Je ne crois pas être d’accord avec ça — pour être exact je pense précisément que mon aliénation sur *un* aspect de ma personnalité m’a sauvé de la damnation petit-bourgeoise à laquelle me condamnaient la plupart des autres.

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