Proximité (de la fin)
LONDRES, 13 jan (AFP) – «Ici Tony Blair sur 97.3. Je prends vos appels»… Tony Blair a troqué mardi sa casquette de Premier ministre pour celle d’animateur vedette d’une émission de radio londonienne, l’espace d’une heure.
«Bien, nous rejoignons Kate à Wimbledon», s’exclame Tony Blair en présentant l’un des nombreux auditeurs qui ont téléphoné pour cette émission spéciale de la radio locale LBC 97.3 FM.
Lançant jingles, pages de publicité ou informations routières avec une assurance digne d’un professionnel de la radio, Tony Blair, parfois critiqué pour être sourd aux conseils, semble mener de main de maître son opération de séduction auprès du public.
«Bonjour Tony !», répond du tac au tac l’auditrice qui suggère que ce serait une bonne idée d’avoir un ‘ministère de la Paix’. «Oui, je pense que c’est une idée intéressante», lui répond l’animateur Tony. «Je ne crois pas personnellement que l’on ait besoin d’un ministère séparé parce que je pense que cela pourrait conduire à une certaine confusion», ajoute-t-il, coiffé de sa casquette de ministre. «Je pense qu’il est important d’essayer de garantir (…) que nous faisons tout pour promouvoir la paix dans le monde», poursuit-il.
A Sam, un Irakien vivant à Londres, il lance : «l’important, c’est de se rendre compte que nous construisons l’Irak maintenant, tout l’Irak est en pleine transformation».
Il écoute les auditeurs sur des sujets aussi variés et sensibles que les demandeurs d’asile, les impôts ou le projet très controversé d’augmentation des frais universitaires.
«Je vous suggère de penser sérieusement à travailler comme animateur sur LBC quand, finalement, vous passerez les commandes (du pays) à quelqu’un d’autre», dit Barry, un autre auditeur.
Tony Blair, attaqué par l’opposition conservatrice à l’approche de la publication du rapport potentiellement dévastateur pour le gouvernement sur la mort de l’expert en armement irakien David Kelly, émet un rire nerveux. Puis il répond : «Merci beaucoup, Barry. Je suis ravi que vous ayez ajouté ‘finalement”. Sinon, on aurait pu comprendre que vous suggériez que c’était pour bientôt». Le Premier ministre se tourne alors vers le présentateur habituel du programme, Howard Hughes, et lui demande : «On est bien payé ici, Howard?» «C’est excellent, M. le Premier ministre», s’empresse de répondre Howard Hughes avant d’ajouter : «mais le niveau d’impôts est un peu trop élevé».
Enfin, après une heure passée au micro de LBC, il faut rendre l’antenne. «C’est toujours mieux de parler aux gens en direct. Nous essayons d’avoir une conversation authentique avec les Britanniques», explique Tony. Le parti travailliste, au pouvoir depuis 1997, a en effet promis d’engager «une grande conversation» avec la population, notamment à travers des tournées dans tout le pays. La radio précise qu’elle a pris l’initiative d’inviter Tony Blair, ajoutant que l’idée a immédiatement séduit Downing Street.
«Ici Tony Blair, et merci d’avoir écouté ma première émission», conclut
l’apprenti animateur.
