Horreur Bagnolet
Le dimanche 28 décembre 2003 vers 12h35, Suzanne L. s’écria : “Oh quelle horreur !”. Quelques secondes plus tard, elle s’écria à nouveau : “Oh quelle horreur !”, avant de reprendre plus posément : “Une fois, j’ai vu deux garçons sur un banc.”
Elle évoqua aussi le chanteur Dave, le fait qu’on “attrape des maladies plus facilement”. Une employée de la maison de retraite Pro BTP de Bagnolet vint débarasser la table des assiettes vidées des tranches de pamplemousse qu’elles avaient contenues, puis Suzanne L. rassura son petit fils sur le fait qu’il serait toujours le bienvenu chez elle.
“C’est trop gentil”, répondit le garçon avant de se lever et de quitter la table, ses parents demeurant muets depuis que Michel L. avait aidé sa belle-mère à retrouver le nom du chanteur néerlandais. Aux toilettes, Arnaud ne trouva pas de papier hygiénique alors il ne pleura pas. Bien plutôt, il composa un télémessage à l’attention de son frère en vacances dans les Pyrénées.
Lorsqu’il entendit la voix de sa grand-mère répétant “Arnaud, tu es là ?”, il se décida à sortir et à rejoindre sa famille, pensant que ses parents accepteraient mal le fait d’avoir payé un repas complet pour rien. Sa grand-mère, qui l’avait cherché de peur qu’il ne fût parti, lui affirma qu’il faisait tout ce qu’il voulait du moment qu’il venait la voir de temps en temps.
En mangeant le rôti, elle expliqua qu’elle n’avait pas d’amis ici parce qu’ils étaient italiens pour la plupart, BTP oblige. Juste avant que ne fut servi le Paris-Brest, elle expliqua encore que le personnel changeait trop souvent et qu’ils prenaient n’importe qui, certains, ayant la peau et les yeux très noirs, lui faisant peur qand ils la changeaient.
Elle dit d’autres conneries que ses interlocuteurs oublieraient bien vite. Dans la voiture, en rentrant à Sucy-en-Brie, Claude L. expliqua à son fils que sa mère était bête et que souvent dans son enfance elle en avait eu honte.
