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Momentum

Rappel: dans un grand pays ami non-européen, les bleus et les rouges se choisissent un candidat.

Les primaires dans l’Iowa aussi bien que dans le Nouveau-Hampshire sont révélatrices des trois choses dont une campagne présidentielle américaine a besoin.
1. De l’argent: les plus petits candidats en termes de moyens, certains présents sur la scène politique nationale depuis longtemps, ne font même pas un petit blip dans aucun des deux endroits; cela pourrait être le talon d’Achille d’Huckabee, en dépit de l’afflux de fonds (tardif) des chrétiens.
2. Un charisme politique minimal dans son propre camp: ni Richardson (cf. vidéo ci-dessous, où on le reconnaîtra dans le rôle d’André Santini), ni Giuliani jusqu’à présent, n’ont disposé d’aucun des deux, et leurs prestations sont faibles, probablement éliminatoire pour le premier (le second a parié sur les primaires plus tardives dans de plus grands Etats). Par contraste, c’est leur personnalité originale, leur «humanité» (ou son équivalent médiatique) qui ont porté les révélations de l’Iowa, Obama et Huckabee (par opposition à la froideur de Clinton et aux «changements» de Romney, comme dit McCain).
3. Une organisation sans faille, enfin: chacun des trois candidats plausibles (à ce stade) de chaque parti a su maîtriser les subtilités iroquoises du vote en caucus, et quadriller les dinners de Manchester et Montpelier. McCain montre qu’il dispose toujours d’une war-room et d’équipes de terrain, et Huckabee y a suppléé par la mobilisation des réseaux réacs (baptistes, chasseurs, etc.).

The Comeback Kids

Ces temps-ci, mon père commande les tee-shirts et badges Obama par A380 entiers, car il aime son style et privilégie cet argument: un (jeune) Noir à la Maison-Blanche permettrait d’enfin entamer le racisme et la ségrégation. Ce qui me semble ressortir des images et aussi du profil que lui a consacré le New Yorker, c’est le calme, l’équanimité, l’inspiration d’Obama, sa volonté de reconcilier l’Amérique avec elle-même (sur l’Irak d’abord), en se plaçant dans les pas d’un autre homme de loi de l’Illinois, stentor longiligne, Lincoln. Mais n’est-ce pas en parlant comme ça, et en recherchant l’électorat qu’il cible (les hommes des classes moyennes supérieures, il est vrai aussi les étudiants), qu’on évite les problèmes? C’est pour ça que j’aime bien John Edwards, le candidat selon mon coeur, qui dénonce l’argent corrupteur et tout-puissant et parle, d’abord, des pauvres (donc des Noirs),des chômeurs, des villes à l’abandon. Celui qui rentre dans le lard d’Hillary pour son immobilisme centriste.

Clinton se refait une santé à la fois parce qu’il ne faut jamais croire les sondages, parce qu’elle a eu une petite larme (code pour: «je suis une femme», qui lui vaut, peut-être, la majorité des voix démocrates féminines dans le NH), et que sa campagne et sa réactivité restent solides. Je ne sais trop quoi penser du succès de McCain, déjà victorieux ici en 2000 (avec la suite qu’on sait), sinon qu’elle ne dit rien de bon pour les candidatures Giuliani ni Romney (qui mise tout, semble-t-il, sur la primaire du Michigan, Etat que son père a gouverné). Pour tout le monde, et pour l’instant, tout est à refaire.

«Anytime you speak out for change, this is what happens. The forces for status quo are going to attack.»

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