La Foire aux questions
J’avais eu, au brunch de dimanche, une intéressante conversation avec François B2, Xavier Prière-de-se-taire et J2F (de la sncF), au sujet de Rainbow Attitude. Tout le monde convenait que c’était un démarchage commercial éhonté, qui faisait mentir son propre slogan («au-delà des clichés»). Le trac des Panthères roses exprime très bien le refus queer/gauchiste du salon qui crible les gays au travers de stéréotypes de consommation.
Il y a au moins, donc, trois positions possibles d’émancipation dans le champ de l’homosexualité: l’intégrationnisme arcadien («pareil partout sauf au lit»), le différentialisme marketing (type Rainbow Attitude: les DINKs, les folles lyriques, les vacances à Ibiza, etc.), le différentialisme queer (selon le slogan connu: «pareil nulle part sauf au lit», avec une analyse bourdieusienne de la confluence de l’aliénation capitaliste et de l’aliénation sexuelle/de genre).
Mais n’y a-t-il pas un risque, en se situant dans cette dernière catégorie, de confiner à l’esthétisation du stigmate type Dominique Fernandez (même si on combat le stigmate en question, on l’érige, comme les vieilles folles doloristes, en spécificité et en moteur d’action)?
