{"id":948,"date":"2004-08-15T23:25:15","date_gmt":"2004-08-15T23:25:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/?p=948"},"modified":"2004-08-15T23:25:15","modified_gmt":"2004-08-15T23:25:15","slug":"leffet-de-serre-une-chronique-extra-groot-caramelstroop","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/?p=948","title":{"rendered":"L\u2019Effet de serre. Une chronique extra-groot, caramelstroop."},"content":{"rendered":"<p>Il se reboutonne, se retourne, s\u2019\u00e9tonne de me voir boire l\u2019eau du robinet. Nous nous embrassons puis nous enfermons. Tr\u00e8s vite, il s\u2019agenouille. Je m\u2019appr\u00eate \u00e0 venir lorsqu\u2019il m\u2019indique de l\u2019index le chemin de sa bouche cern\u00e9e de barbe et l\u00e0, je dis \u00ab non \u00bb. <\/p>\n<p>C\u2019est bon d\u2019\u00eatre underground : sur la sc\u00e8ne, la femme androgyne et allemande aux t\u00e9tons crucifi\u00e9s de scotch branle son faux p\u00e9nis \u00e9carlate \u00e0 l\u2019aide d\u2019un sabre. Alternatif le lendemain, le flyer consiste en une verge violette, molle et poilue. Mainstream quelques jours plus tard, le policier factice fait tourner des menottes autour de sa bite band\u00e9e.<\/p>\n<p>Ces gens-l\u00e0 ont quelque chose avec le phallus. Moi, avec la merde : la configuration des cuvettes de W.C. n\u00e9erlandaises me laisse chaque matin et chaque apr\u00e8s-midi (et parfois le soir) dubitatif : comment mon corps peut-il contenir autant de merde \u00e0 un instant T ?<\/p>\n<p>Au sauna du lundi, un homme cumule les arguments : p\u00e8re libanais, m\u00e8re portugaise. Son couplet de deux minutes enti\u00e8res sur son go\u00fbt pour le caf\u00e9 me rappelle toutefois pourquoi mon entourage croit rarement en la probabilit\u00e9 de trouver l\u2019homme de sa vie en un tel endroit. <\/p>\n<p>De toute fa\u00e7on, l\u2019homme de ma vie s\u2019appelle L. (lui aussi de m\u00e8re portugaise) et est mari\u00e9 \u00e0 un autre homme. Il me dit \u00ab Slut \u00bb. Je dis \u00ab What!? \u00bb. Il dit \u00ab Salope \u00bb. Je r\u00e9ponds \u00ab You\u2019re right \u00bb. Puis il me dit \u00ab You improved your English. Last time we met, it was not so good. \u00bb alors je dis \u00ab Last year, I was shy. I improved my talking to people. Not my English. \u00bb alors il m\u2019invite \u00e0 d\u00eener mais le d\u00eener n\u2019a pas lieu ; c\u2019est toujours comme \u00e7a.<\/p>\n<p>\u00ab Des regards de velours, des sourires de vautour, mais toujours pas d\u2019amour \u00bb chante Priscilla ou l\u2019inverse. Bld, mon h\u00f4te J. et moi-m\u00eame impl\u00e9mentons un syst\u00e8me de ch\u0153ur pour le refrain, sans compter la chor\u00e9 et la continuation des paroles (avec des rimes en \u2018carrefour\u2019).<\/p>\n<p>Bloqu\u00e9 sexuellement par un double herp\u00e8s facial (in\u00e9vitable en vacances), je saisis l\u2019occasion de lib\u00e9rer la lesbienne en moi. Petit polo vintage, jean trop grand donc taille trop basse, cale\u00e7on WGP qui d\u00e9passe, je joue au billard dans un bar \u00e0 filles.<\/p>\n<p>Trop peu d\u2019\u00e9tudes am\u00e9ricaines ont montr\u00e9 que l\u2019herp\u00e8s potentialisait les effets de la drogue. Nous croisons un coffee-shop recommand\u00e9 jadis par un coll\u00e8gue stagiaire : The Greenhouse Effect. La pipe s\u2019\u00e9teint sans cesse ; sans tr\u00eave il faut tirer. J\u2019ai tr\u00e8s chaud aux tempes. J\u2019explique \u00e0 Bld que mon sourire inutile est un probl\u00e8me musculaire. Le retour chez J. (au m\u00eame moment au travail) est une odyss\u00e9e. Ma bicyclette flotte. Mille dangers s\u2019estompent et surgissent simultan\u00e9ment. Les paroles que j\u2019ignore d\u2019une chanson depuis peu famili\u00e8re se reforment dans ma t\u00eate comme des legos sortis tout seuls de leur caisse en rotin. Et \u00e7a dit : \u00ab Je me men-, je me men-tis. \u00bb Sans y prendre garde, je crache les legos aux oreilles des pi\u00e9tons qui s\u2019\u00e9cartent sur mon passage. Je me sens compl\u00e8tement perdu mais les bras qui guident mon guidon sont eux s\u00fbrs du chemin. <\/p>\n<p>\u00ab Et en plaisir maint grief tourment j\u2019endure (\u2026) \/ Tout en un coup, je seiche et je verdoye. \u00bb Dans les bureaux d\u00e9serts de la chambre fran\u00e7aise de commerce international, je t\u00e9l\u00e9charge des sonnets de Louise Lab\u00e9.<\/p>\n<p>Une randonn\u00e9e \u00e0 v\u00e9lo nous plonge dans la lumi\u00e8re so XIXe si\u00e8cle des paysages de Hollande. Le retour nous plonge dans l\u2019averse. C\u2019est comme les troupes du Pharaon poursuivant Mo\u00efse. La mer \u00e0 gauche, \u00e0 droite, par dessus. Roulant \u00e0 fond, je me dis que je ne voudrais pas crever.<\/p>\n<p>\u00ab Je ne souhaite encore point mourir. \/ Mais quand mes yeux je sentirai tarir, \u00bb La veille de mes 24 ans, Bld m\u2019apprend que je ronfle. Le jour de mes 24 ans, elle me balance dans un \u00e9clat que je suis sec et cassant. Je ne le sais que trop ; la prise de conscience est ailleurs et brutale : mes amis ne sont pas complices de mon attitude. Ils sont intelligents \u2013 i.e. ils per\u00e7oivent la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 derri\u00e8re \u2013 mais fragiles \u2013 ils encaissent jusqu\u2019\u00e0 une limite. Comme des belettes.<\/p>\n<p>Les non-stop vannes des amis expatri\u00e9s de J. me rassurent sur la banalit\u00e9 de ma personnalit\u00e9 mais m\u2019inqui\u00e8tent sur la v\u00e9rit\u00e9 de nos relations et de tout \u00e7a. Est-ce que F. m\u2019aime bien ? Qu\u2019a pens\u00e9 B. lorsque je l\u2019ai cass\u00e9 pour de bon parce qu\u2019il was being vraiment con ? Sur le quai du Thalys, je sais que J., Bld et moi nous aimons au point de discuter franchement en posant clairement les probl\u00e8mes dans un restaurant indon\u00e9sien et que cela ne peut que durer.<\/p>\n<p>Dans le Thalys, je crains surtout le retour au boulot o\u00f9 les gens sont fourbes et je calcule la rentabilit\u00e9 de mon \u00e9quipe comme me l\u2019a demand\u00e9 la directrice. D\u00e8s lundi, je cherche un poste de volontariat international. Bruxelles ou Amsterdam.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il se reboutonne, se retourne, s\u2019\u00e9tonne de me voir boire l\u2019eau du robinet. Nous nous embrassons puis nous enfermons. Tr\u00e8s vite, il s\u2019agenouille. Je m\u2019appr\u00eate \u00e0 venir lorsqu\u2019il m\u2019indique de l\u2019index le chemin de sa bouche cern\u00e9e de barbe et l\u00e0, je dis \u00ab non \u00bb. C\u2019est bon d\u2019\u00eatre underground : sur la sc\u00e8ne, la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-948","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-b2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/948","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=948"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/948\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=948"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=948"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=948"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}