{"id":912,"date":"2004-07-18T00:00:00","date_gmt":"2004-07-18T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/?p=912"},"modified":"2004-07-18T00:00:00","modified_gmt":"2004-07-18T00:00:00","slug":"couple-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/?p=912","title":{"rendered":"(couple)"},"content":{"rendered":"<p>Il y a, \u00e0 Taormine, un jardin bref, triangulaire, \u00e0 niveaux, adoss\u00e9 \u00e0 une place passante et \u00e9l\u00e9gante et \u00e0 un bel h\u00f4tel, un jardin qui fait face \u00e0 la mer et \u00e0 la nuit. Il surplombe un vilain parking. Les palmiers de l&rsquo;\u00e9tage inf\u00e9rieur \u00e9tendent leurs branches et leurs chapelets de graines jusqu&rsquo;\u00e0 la rembarde du haut; il y a des all\u00e9es tout le tour, et une all\u00e9e centrale qui vient de la piazza. Parfois, des couples et des marchands de rue s&rsquo;arr\u00eatent l\u00e0 pour causer. Les arbres et la chaleur distordent le bruit et l&rsquo;animation touristiques de la ville et du parking, si bien qu&rsquo;on s&rsquo;y sent bien et seul.<\/p>\n<p>Les invertis sont peut-\u00eatre proscrits de la Sicile, mais ils ont une cache belle et calme, discr\u00e8te et manifeste. Nous nous sommes promen\u00e9s, \u00e9parpill\u00e9s dans cet espace \u00e9troit et panoptique. Des duos, pas des couples, de folles taorminaises pas jeunes ni belles passaient, partaient, revenaient. Un groupe s&rsquo;est assis sur un banc qui fait angle mort tout \u00e0 gauche, en haut; deux sont partis ensuite, et deux rest\u00e9s. J&rsquo;en observais beaucoup un, brun, bien fait, trentenaire, le visage aigu. J&rsquo;ai profit\u00e9 que les places se lib\u00e9raient pour m&rsquo;asseoir tr\u00e8s pr\u00eat. Il m&rsquo;a beaucoup regard\u00e9 et s&rsquo;est prestement assis \u00e0 ma gauche, tout \u00e0 fait au bout du jardin. Son compagnon s&rsquo;est appuy\u00e9, debout, \u00e0 la rembarde. Le premier type et moi nous sommes caress\u00e9s la cuisse, le ventre, il a \u00e9t\u00e9 rapidement \u00e0 mon sexe. Quelques baisers, puis il a parl\u00e9, en anglais, \u00e0 son camarade qui s&rsquo;\u00e9tait assis \u00e0 ma droite et se laissait mollement faire par mes mouvements mous. <\/p>\n<p>Je lui ai demand\u00e9 d&rsquo;o\u00f9 il \u00e9tait: d&rsquo;Australie. J&rsquo;ai confess\u00e9:<i> \u00aboh no, you looked like the perfect Sicilian souvenir\u00bb. <\/i>Il avait \u00e9t\u00e9 effray\u00e9 que les gens nous voient depuis la place ou le parking; je crois qu&rsquo;ils nous voyaient sans beaucoup attarder leur int\u00e9r\u00eat sur nous. Nous nous sommes dress\u00e9s tout \u00e0 fait dans le coin, qui ne donne que sur le parking et le large, avons encore un peu agi. Puis nous avons parl\u00e9 des bar et plage gay de la ville; il a dit qu&rsquo;il devait rejoindre son camarade qui \u00e9tait en n\u00e9gociation avec un local. Ils ont disparu un moment en descendant devant l&rsquo;Excelsior. J&rsquo;ai cru qu&rsquo;ils allaient au Ziggi&rsquo;s Bar, mais il s&rsquo;agit en fait d&rsquo;un recoin plus discret, dans une tour qui m&rsquo;a ensuite sembl\u00e9e faussement m\u00e9di\u00e9vale. Il est revenu, plus tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9 par moi, est reparti avec les deux autres. Il s&rsquo;appelle <i>\u00abTony: Antonio\u00bb.<\/i><\/p>\n<p>Mon regret de ces vacances, c&rsquo;est David, qui m&rsquo;a abord\u00e9 dans le sas d&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;Exit \u00e0 Palerme, et avec qui nous ne nous sommes rien dit que nos noms et nos patries. Je ne sais si la situation l&rsquo;a g\u00e9n\u00e9 ou frustr\u00e9, moi l&rsquo;un et l&rsquo;autre. Je partais le lendemain, il semblait doux et s\u00e9v\u00e8re. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a, \u00e0 Taormine, un jardin bref, triangulaire, \u00e0 niveaux, adoss\u00e9 \u00e0 une place passante et \u00e9l\u00e9gante et \u00e0 un bel h\u00f4tel, un jardin qui fait face \u00e0 la mer et \u00e0 la nuit. Il surplombe un vilain parking. 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