{"id":78,"date":"2009-05-29T00:26:02","date_gmt":"2009-05-28T23:26:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/?p=78"},"modified":"2009-05-29T00:26:02","modified_gmt":"2009-05-28T23:26:02","slug":"huzun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/?p=78","title":{"rendered":"H\u00fcz\u00fcn"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/01.jpg\" title=\"Les \u00e9crivains d'Istamboul, Loti, Pamuk, d'autres qu'il \u00e9voque, en font la capitale de la nostalgie et du vague-\u00e0-l'\u00e2me. La ville se d\u00e9sagr\u00e8ge, br\u00fble, sombre, ou se suicide languissamment au poison. Le vrai Stamboul se meurt d'une mort lente qui le d\u00e9figure. Son histoire est gomm\u00e9e, ses murs restent comme un l\u00e9preux palimpseste o\u00f9 le dernier mot \u00e9crit est plus grossi\u00e8rement \u00abmoderne\u00bb et exog\u00e8ne que le pr\u00e9c\u00e9dent. \" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/02.jpg\" title=\"Ville \u00e9crite, d\u00e9crite cent fois, peut-\u00eatre les noms de ses quartiers suffiraient-ils \u00e0 pr\u00e9server la magie du lieu dans leurs rimes internes, leurs assonances levantines qui vous embarquent comme des billets d'Orient Express, vous \u00e9treignent comme des h\u00e9ro\u00efnes de romans orientalistes, vous \u00e9meuvent comme une complainte de gazebo : Karako\u00ff, Kadik\u00f6y, Beylerbeyi, Besiktas, Bebek, Fener, Cukurcuma, \u00dcsk\u00fcdar, Emin\u00f6n\u00fc, Sultanahmet. Ces noms tels des num\u00e9ros d'arrondissement dont les courbes et les pointes auraient pris autant de personnalit\u00e9 que des pr\u00e9noms.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/03.jpg\" title=\"J'\u00e9cris \u00e0 mon tour ce lieu commun: Stamboul, c'\u00e9tait mieux avant. Et moi aussi, sur Istiklal Caddesi, je me suis dit: l'avenue n'est plus comme il y a cinq ans, une partie du myst\u00e8re se dissipe, ces passages s'aseptisent, ces commerces se banalisent, les bouquinistes ferment l'un apr\u00e8s l'autre, les restaurants populaires et les magasins de sp\u00e9cialit\u00e9 se sont terr\u00e9s dans les contre-all\u00e9es.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/04.jpg\" title=\"Faut-il souhaiter \u00e0 Istamboul de se rester fid\u00e8le, pittoresque et pauvre, la ville de toutes les villes (comme il est des \u00abrois des rois\u00bb) patrouill\u00e9e par les chats? Ou sous la gentrification et la globalisation, doit-on apercevoir la perp\u00e9tuelle r\u00e9\u00e9criture de soi, l'afflux de partout de la jeunesse et de la nouveaut\u00e9, l'accueil hasard\u00e9 mais fertile de tous les migrants, le port prosp\u00e8re aux quatre vents, qui en font une grande ville en vie (contrairement \u00e0 Paris, ville petite, ville vieille et morte, n\u00e9cropole \u00e0 ciel ouvert)?\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/05.jpg\" title=\"Sur les quais, on abat les derniers kiosques de bois, les villas d'\u00e9t\u00e9 \u00e0 l'ancienne que Pamuk avait vu d\u00e9j\u00e0 br\u00fbler dans son enfance.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/06.jpg\" title=\"Autre charme par les mots, les immeubles du XXe si\u00e8cle qui ont re\u00e7u, chacun, un nom, faisant de la d\u00e9ambulation \u00e0 Istamboul le jeu de piste d'une promenade de bord de plage, \u00abLa Mer\u00bb, \u00abR\u00eave\u00bb, \u00abCoton\u00bb. Les enjolivures dor\u00e9es, parfois les caract\u00e8res grecs ou arm\u00e9niens, conservent encore un peu du cosmopolitisme bourgeois du pass\u00e9.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/07.jpg\" title=\"Cet effacement du pass\u00e9, in\u00e9vitable mais accidentel, local, le lent rapi\u00e8cement de la ville, avait d\u00e9j\u00e0 pris un tour d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et g\u00e9n\u00e9ral avec Atat\u00fcrk. Des si\u00e8cles d'habitude, les chapeaux, l'alphabet, l'histoire et les historiens, enfin, furent mis a la trappe.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/08.jpg\" title=\"Malgr\u00e9 cela, et le s\u00e9v\u00e8re jugement que portent Comit\u00e9Central ou Hasan sur le caudillo de Salonique, malgr\u00e9 le caract\u00e8re suspect de l'admiration obligatoire et du portrait omnipr\u00e9sent, je peine \u00e0 n'avoir pas de l'affection pour lui, ses looks d\u00e9suets, ses yeux clairs et m\u00e9lancoliques, sa villa Bauhaus, ses viriles soir\u00e9es \u00e0 enfiler des verres de rak\u0131 et \u00e0 jouer au 3-5-8.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/09.jpg\" title=\"Dans toute la ville j'\u00e9tais promen\u00e9 par Wehbi, mon possessif ami, comme si cinq ans n'avaient pas pass\u00e9. Il connaissait tous les marchands du bazar comme de vieux amis, disait \u00abils sont Arm\u00e9niens\u00bb, \u00abil vend les meilleurs tissus depuis tr\u00e8s longtemps\u00bb, on buvait du th\u00e9 \u00e0 la pomme. Il organisait mes visites et mes plans cul, ou peu s'en fallait.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/10.jpg\" title=\"La premi\u00e8re diff\u00e9rence d'Istamboul est le chant du muezzin qui r\u00e9veille avec le jour, le premier jour. Istamboul est la ville des mosqu\u00e9es comme Rome est celle des \u00e9glises. On les retrouve, les belles mosqu\u00e9es de quartier, solides, grises et trapues, le c\u0153ur de la vie civique et commer\u00e7ante. Mais Rome s'ennuie \u00e0 p\u00e9rir d'\u00eatre vaticane, alors qu'Istamboul n'est pas seulement, pas surtout coranique, et vit. La foi, le culte ne sont qu'un des mouvements de la ville, et pas le principal.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/11.jpg\" title=\"La courtoisie est douce et \u00e9touffe-chr\u00e9tien, sophistiqu\u00e9e, antique, g\u00e9n\u00e9reuse et hospitali\u00e8re comme une p\u00e2tisserie. On asperge les mains des convives de cologne dans un geste qui sent la Bible et le caravans\u00e9rail. On m'a offert comme un trousseau de cadeaux pour mon arriv\u00e9e; et le repas familial turc est un gigantesque potlach, une lutte maternelle contre la faim.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/12.jpg\" title=\"Wehbi, ses amis, Hasan, m'interrogent sur les chances pour la Turquie d'entrer dans l'Europe, sur Sarkozy et Merkel. Chez ces jeunes, divers d'ailleurs, ni l'Arm\u00e9nie ni Chypre ne sont des enjeux, m\u00eame des d\u00e9bats (le g\u00e9nocide arm\u00e9nien \u00e9tait en continu le sujet du journal t\u00e9l\u00e9). Il y a surtout une immense envie de normalit\u00e9 et d'acc\u00e8s, et une m\u00e9sestimation de l'effroyable m\u00e9pris raciste des Europ\u00e9ens.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/13.jpg\" title=\"Hasan rit de son grand rire, ne prend pas grand chose ou grand monde au s\u00e9rieux. Ses peintures parlent pourtant des c\u00e9sures de Chypre, des villages fant\u00f4mes et des voisinages campagnards r\u00e9volus qui pars\u00e8ment encore l'esprit de sa grand'm\u00e8re. Quelque part entre Jan Steen et Bacon.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/14.jpg\" title=\"Ce voyage s'est clos sur une conversation de et avec des marchands de tapis. A bout d'argument, je repartais imp\u00e9cunieux avec un beau kilim.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/200905\/15.jpg\" title=\"Partout flotte \u00abAy Y\u0131ld\u0131z\u00bb, beaucoup par nationalisme mais un peu aussi pour appeler la nuit rouge: la promenade de point d'heure de Galatasaray \u00e0 Galata quand on quitte les beaux halls d'h\u00f4tels de Pera, la clart\u00e9 obscure qui tombe des ogives des hammams, la lune qui soigne la ville comme une m\u00e9lop\u00e9e ambigu\u00eb de Zeki M\u00fcren.\" width=\"250\" height=\"250\" \/><\/p>\n<p>A1: Les \u00e9crivains d&rsquo;Istamboul, Loti, Pamuk, d&rsquo;autres qu&rsquo;il \u00e9voque, en font la capitale de la nostalgie et du vague-\u00e0-l&rsquo;\u00e2me. La ville se d\u00e9sagr\u00e8ge, br\u00fble, sombre, ou se suicide languissamment au poison. Le vrai Stamboul se meurt d&rsquo;une mort lente qui le d\u00e9figure. Son histoire est gomm\u00e9e, ses murs restent comme un l\u00e9preux palimpseste o\u00f9 le dernier mot \u00e9crit est plus grossi\u00e8rement \u00abmoderne\u00bb et exog\u00e8ne que le pr\u00e9c\u00e9dent.<br \/>\nA2: Ville \u00e9crite, d\u00e9crite cent fois, peut-\u00eatre les noms de ses quartiers suffiraient-ils \u00e0 pr\u00e9server la magie du lieu dans leurs rimes internes, leurs assonances levantines qui vous embarquent comme des billets d&rsquo;Orient Express, vous \u00e9treignent comme des h\u00e9ro\u00efnes de romans orientalistes, vous \u00e9meuvent comme une complainte de gazebo : Karako\u00ff, Kadik\u00f6y, Beylerbeyi, Besiktas, Bebek, Fener, Cukurcuma, \u00dcsk\u00fcdar, Emin\u00f6n\u00fc, Sultanahmet. Ces noms tels des num\u00e9ros d&rsquo;arrondissement dont les courbes et les pointes auraient pris autant de personnalit\u00e9 que des pr\u00e9noms.<br \/>\nA3: J&rsquo;\u00e9cris \u00e0 mon tour ce lieu commun: Stamboul, c&rsquo;\u00e9tait mieux avant. Et moi aussi, sur Istiklal Caddesi, je me suis dit: l&rsquo;avenue n&rsquo;est plus comme il y a cinq ans, une partie du myst\u00e8re se dissipe, ces passages s&rsquo;aseptisent, ces commerces se banalisent, les bouquinistes ferment l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre, les restaurants populaires et les magasins de sp\u00e9cialit\u00e9 se sont terr\u00e9s dans les contre-all\u00e9es.<br \/>\nB1: Faut-il souhaiter \u00e0 Istamboul de se rester fid\u00e8le, pittoresque et pauvre, la ville de toutes les villes (comme il est des \u00abrois des rois\u00bb) patrouill\u00e9e par les chats? Ou sous la gentrification et la globalisation, doit-on apercevoir la perp\u00e9tuelle r\u00e9\u00e9criture de soi, l&rsquo;afflux de partout de la jeunesse et de la nouveaut\u00e9, l&rsquo;accueil hasard\u00e9 mais fertile de tous les migrants, le port prosp\u00e8re aux quatre vents, qui en font une grande ville en vie (contrairement \u00e0 Paris, ville petite, ville vieille et morte, n\u00e9cropole \u00e0 ciel ouvert)?<br \/>\nB2: Sur les quais, on abat les derniers kiosques de bois, les villas d&rsquo;\u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ancienne que Pamuk avait vu d\u00e9j\u00e0 br\u00fbler dans son enfance.<br \/>\nB3: Autre charme par les mots, les immeubles du XXe si\u00e8cle qui ont re\u00e7u, chacun, un nom, faisant de la d\u00e9ambulation \u00e0 Istamboul le jeu de piste d&rsquo;une promenade de bord de plage, \u00abLa Mer\u00bb, \u00abR\u00eave\u00bb, \u00abCoton\u00bb. Les enjolivures dor\u00e9es, parfois les caract\u00e8res grecs ou arm\u00e9niens, conservent encore un peu du cosmopolitisme bourgeois du pass\u00e9.<br \/>\nC1: Cet effacement du pass\u00e9, in\u00e9vitable mais accidentel, local, le lent rapi\u00e8cement de la ville, avait d\u00e9j\u00e0 pris un tour d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et g\u00e9n\u00e9ral avec Atat\u00fcrk. Des si\u00e8cles d&rsquo;habitude, les chapeaux, l&rsquo;alphabet, l&rsquo;histoire et les historiens, enfin, furent mis a la trappe.<br \/>\nC2: Malgr\u00e9 cela, et le s\u00e9v\u00e8re jugement que portent Comit\u00e9Central ou Hasan sur le caudillo de Salonique, malgr\u00e9 le caract\u00e8re suspect de l&rsquo;admiration obligatoire et du portrait omnipr\u00e9sent, je peine \u00e0 n&rsquo;avoir pas de l&rsquo;affection pour lui, ses looks d\u00e9suets, ses yeux clairs et m\u00e9lancoliques, sa villa Bauhaus, ses viriles soir\u00e9es \u00e0 enfiler des verres de rak\u0131 et \u00e0 jouer au 3-5-8.<br \/>\nC3: Dans toute la ville j&rsquo;\u00e9tais promen\u00e9 par Wehbi, mon possessif ami, comme si cinq ans n&rsquo;avaient pas pass\u00e9. Il connaissait tous les marchands du bazar comme de vieux amis, disait \u00abils sont Arm\u00e9niens\u00bb, \u00abil vend les meilleurs tissus depuis tr\u00e8s longtemps\u00bb, on buvait du th\u00e9 \u00e0 la pomme. Il organisait mes visites et mes plans cul, ou peu s&rsquo;en fallait.<br \/>\nD1: La premi\u00e8re diff\u00e9rence d&rsquo;Istamboul est le chant du muezzin qui r\u00e9veille avec le jour, le premier jour. Istamboul est la ville des mosqu\u00e9es comme Rome est celle des \u00e9glises. On les retrouve, les belles mosqu\u00e9es de quartier, solides, grises et trapues, le c\u0153ur de la vie civique et commer\u00e7ante. Mais Rome s&rsquo;ennuie \u00e0 p\u00e9rir d&rsquo;\u00eatre vaticane, alors qu&rsquo;Istamboul n&rsquo;est pas seulement, pas surtout coranique, et vit. La foi, le culte ne sont qu&rsquo;un des mouvements de la ville, et pas le principal.<br \/>\nD2: La courtoisie est douce et \u00e9touffe-chr\u00e9tien, sophistiqu\u00e9e, antique, g\u00e9n\u00e9reuse et hospitali\u00e8re comme une p\u00e2tisserie. On asperge les mains des convives de cologne dans un geste qui sent la Bible et le caravans\u00e9rail. On m&rsquo;a offert comme un trousseau de cadeaux pour mon arriv\u00e9e; et le repas familial turc est un gigantesque potlach, une lutte maternelle contre la faim.<br \/>\nD3: Wehbi, ses amis, Hasan, m&rsquo;interrogent sur les chances pour la Turquie d&rsquo;entrer dans l&rsquo;Europe, sur Sarkozy et Merkel. Chez ces jeunes, divers d&rsquo;ailleurs, ni l&rsquo;Arm\u00e9nie ni Chypre ne sont des enjeux, m\u00eame des d\u00e9bats (le g\u00e9nocide arm\u00e9nien \u00e9tait en continu le sujet du journal t\u00e9l\u00e9). Il y a surtout une immense envie de normalit\u00e9 et d&rsquo;acc\u00e8s, et une m\u00e9sestimation de l&rsquo;effroyable m\u00e9pris raciste des Europ\u00e9ens.<br \/>\nE1: Hasan rit de son grand rire, ne prend pas grand chose ou grand monde au s\u00e9rieux. Ses peintures parlent pourtant des c\u00e9sures de Chypre, des villages fant\u00f4mes et des voisinages campagnards r\u00e9volus qui pars\u00e8ment encore l&rsquo;esprit de sa grand&rsquo;m\u00e8re. Quelque part entre Jan Steen et Bacon.<br \/>\nE2: Ce voyage s&rsquo;est clos sur une conversation de et avec des marchands de tapis. A bout d&rsquo;argument, je repartais imp\u00e9cunieux avec un beau kilim.<br \/>\nE3: Partout flotte \u00abAy Y\u0131ld\u0131z\u00bb, beaucoup par nationalisme mais un peu aussi pour appeler la nuit rouge: la promenade de point d&rsquo;heure de Galatasaray \u00e0 Galata quand on quitte les beaux halls d&rsquo;h\u00f4tels de Pera, la clart\u00e9 obscure qui tombe des ogives des hammams, la lune qui soigne la ville comme une m\u00e9lop\u00e9e ambigu\u00eb de Zeki M\u00fcren.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A1: Les \u00e9crivains d&rsquo;Istamboul, Loti, Pamuk, d&rsquo;autres qu&rsquo;il \u00e9voque, en font la capitale de la nostalgie et du vague-\u00e0-l&rsquo;\u00e2me. La ville se d\u00e9sagr\u00e8ge, br\u00fble, sombre, ou se suicide languissamment au poison. Le vrai Stamboul se meurt d&rsquo;une mort lente qui le d\u00e9figure. Son histoire est gomm\u00e9e, ses murs restent comme un l\u00e9preux palimpseste o\u00f9 le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[114,123,284],"class_list":["post-78","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-general","tag-hasan","tag-istamboul","tag-wehbi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/78","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=78"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/78\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=78"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=78"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=78"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}