{"id":454,"date":"2013-08-31T01:14:50","date_gmt":"2013-08-31T00:14:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/?p=454"},"modified":"2013-08-31T01:14:50","modified_gmt":"2013-08-31T00:14:50","slug":"inscription-sur-liste-complementaire-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/?p=454","title":{"rendered":"Inscription sur liste compl\u00e9mentaire (2012)"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Bien s\u00fbr qu'il y a des personnes et des choses, pas de petites choses, qui rendent la vie chouette.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/01.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Mais j'avais eu, au tournant de 2011 et 2012, cet amour avort\u00e9, bref, impossible et tourmentant pour le type de L.A., dont j'ai parl\u00e9 ailleurs. Toujours la distance g\u00e9ographique a cr\u00e9\u00e9 contre moi une impossibilit\u00e9. Ou est-ce l'impossibilit\u00e9 psychologique qui s'est complu dans les distances?\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/02.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"C'\u00e9tait, aussi, un tournant de l'ann\u00e9e apr\u00e8s d'autres. Certains sentiments sont comme les coll\u00e8gues: apr\u00e8s les avoir c\u00f4toy\u00e9s quotidiennement tout un temps, on perd leur trace, on les oublie, ils ne se rappellent \u00e0 nous qu'une fois l'an \u00e0 date fixe, ou par exception lorsqu'on s'interroge subitement: tiens, il devient quoi?\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/03.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"De loin en loin, ces temps-l\u00e0, j'ai vu S\u00e9b H dans des bistros. Je crois que, connaissant l'Ecole et moi un peu, il s'assurait que \u00e7a allait aussi bien que possible. Il avait chang\u00e9 de vie, trouv\u00e9 une autre vocation d'aventure, \u00e9tait retomb\u00e9 amoureux.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/04.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Je repris le chemin de Stras-, me promettant d\u2019\u00eatre le censeur pamphl\u00e9taire de cette Ecole absurde, de Me Foutre Carr\u00e9ment De Tout, fort aussi de cette question pos\u00e9e par mon chef \u00e0 mon d\u00e9part\u00a0: \u00abtu ne veux pas quand m\u00eame finir dans les grands corps?\u00bb\u00a0: et c\u2019est vrai, au-del\u00e0 des ambitions moutonni\u00e8res du classement, d\u2019une inscription \u00e0 un \u00e9ni\u00e8me tableau d\u2019honneur (mom would be so proud), le voulais-je? N\u2019\u00e9tait-ce pas demander un ultime report d\u2019incorporation dans la vie?\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/05.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"\u00abLa vie semblait se d\u00e9rouler plus vite que les pens\u00e9es.\u00bb (La marche de Radetzky)\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/06.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"A Madrid. Mes carnets, mes photos de cette \u00e9poque sont pleins de citations, d'images de d\u00e9su\u00e9tude 1950 prises un peu partout. Elles se r\u00e9p\u00e8tent. Sans projets de voyage, sans Roth, Modiano, Gracq, Simenon, Barbara Hepsworth, sans les enseignes abandonn\u00e9es, ces autres compagnons qu'on se donne, je n'aurais pas trouv\u00e9 en moi-m\u00eame de sens \u00e0 ma d\u00e9ambulation, ni la force de poursuivre.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/07.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"\u00abCette prostitution inou\u00efe des toisons\u00bb. BoxingBoy citait Saint-Simon \u00e9voquant, d\u00e9j\u00e0, les faux plans madril\u00e8nes. Il me semble que sur lui aussi, \u00e0 cette \u00e9poque, s'est abattue une tenace angoisse.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/08.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Il pesait comme un temps d'insurrection civile, un air lourd; une grande manifestation \u00e9tait annonc\u00e9e. La duret\u00e9 des temps \u00e9touffait, il fallait marcher, camper \u00e0 nouveau sur les places, ou rouvrir quelques espaces \u00e0 la marge, comme Camilo. Et discuter jusqu'\u00e0 pas d'heure dans des troquets perdus, manger des tapas hasta fin de existencia.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/09.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Ma promenade verse spontan\u00e9ment au centre de Paris. C'est le r\u00e9ceptacle des d\u00e9sirs, des espoirs et des souvenirs. Il me faut faire l'effort de remonter \u00e0 l'amont.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/10.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Aux Folies Berg\u00e8re, un meeting de campagne fut l'occasion du meilleur et du pire. Bambi avait \u00e9voqu\u00e9 avec une \u00e9l\u00e9gance merveilleuse les temps anciens, le combat pour \u00eatre soi, pour \u00eatre dignes et libres. Geoffroy Did:er \u00e9tait venu narguer l'assistance du m\u00e9pris qu'ont les parvenus, les r\u00e9actionnaires et les porte-flingue, m\u00e9pris qui leur tient lieu de style, de m\u00e9tier et de ligne politique. On avait hurl\u00e9 notre d\u00e9go\u00fbt de de cette honteuse compradore et de cette sale p\u00e9riode, dont nous ne savions pas encore si elle devait finir bient\u00f4t.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/11.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"J\u2019ai \u00e9t\u00e9 stup\u00e9fait, triste, enrag\u00e9 aussi, d\u2019une conversation avec un ancien camarade de ScPo, un type jusque-l\u00e0 d\u2019une droite classique et pr\u00e9sentable: un balladurien. Dans un d\u00eener avec Matthieu DC et Fillette, il expliqua tr\u00e8s placidement que, oui, il y avait trop d\u2019\u00e9trangers en France, qu\u2019apr\u00e8s tout le droit \u00e0 une vie familiale normale n\u2019\u00e9tait qu\u2019une contrainte internationale d\u00e9non\u00e7able. J'ai rompu, en mettant un terme au d\u00eener en criant; \u00e7a m\u2019a laiss\u00e9 l\u2019amertume \u00e0 la bouche.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/12.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Dans la banlieue de Manchester, avec Liam. A perte de vue, ces villas de brique mitoyennes, certaines et fort enjoliv\u00e9es de pignons et de colonnades. Elle \u00e9voque le Blitz, un \u00e9change scolaire (au temps o\u00f9 le laitier livrait encore), d'innombrables colocations d'adultes d'\u00e2ge m\u00fbr, le jardinage et les horaires de bus. Il s'en d\u00e9gage tellement de m\u00e9lancolie, de grisaille, de laborieuse r\u00e9signation qu'il para\u00eet que le crachin la baigne contin\u00fbment.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/13.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"D'un autre c\u00f4t\u00e9, la campagne anglaise par la fen\u00eatre du train, rebondie et neuve, pittoresque, confirme le plaisir fiable de Constable et des s\u00e9ries polici\u00e8res du dimanche soir.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/14.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"A peu pr\u00e8s \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, je rejoignis Fillette \u00e0 un meeting de M\u00e9lenchon et il me proposa de tracter avec lui et les p\u00e9d\u00e9s du Front de gauche, \u00e0 l'entr\u00e9e du Palais des expositions. C'est ainsi que je repris une vie militante.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/15.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"A Meudon, les rues le dimanche soir sont abandonn\u00e9es, mais vivantes et pleines du chant des oiseaux, du palpitement des odeurs v\u00e9g\u00e9tales et du murmure lointain des moteurs: voitures \u00e9gar\u00e9es, h\u00e9licopt\u00e8res d'Issy, avions d'Orly. Les porches des maisons sont d\u00e9sert\u00e9s, arch\u00e9typiques et mine de rien effrayants, comme dans un tableau de Magritte. Les lucarnes s'allument en haut des pavillons mais on craint de ne jamais croiser \u00e2me qui vive.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/16.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Mon anniversaire de cette ann\u00e9e-l\u00e0 fut un nadir. Ma famille l'avait zapp\u00e9, report\u00e9 \u00e0 l'infini pour mener des t\u00e2ches plus pressantes. Je me sentais rat\u00e9 et seul. Fran\u00e7ois et Nicolas B2 et le \u00abr\u00e9cital emphatique\u00bb de Michel Faux me chang\u00e8rent les id\u00e9es, et la dr\u00f4lerie de Giray inopin\u00e9.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/40.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"\u00abLe mal de n'habiter nulle part\u00bb: touriste jusque chez moi, je logeais temporairement rue de la Roquette.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/17.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Paris avait de nouveaux lieux, sinon une nouvelle attitude. Le Raymond Club qui offrait l'intimit\u00e9 d'un ancien club \u00e9changiste, le Bonne Nouvelle o\u00f9 l'on revivait le mardi la bruyante parade des d\u00e9sirs et des vanit\u00e9s qui s'\u00e9brouent, le dimanche, au Rosa Bonheur.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/19.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Un peu partout, J\u00e9r\u00e9mie et Alex Nippon baladaient une ironie douce, des go\u00fbts de luxe et pas mal d'empathie.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/21.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Le soir de l'\u00e9lection nous avions comme tant d'autres d\u00e9boul\u00e9s place de la Bastille, et j'avais roul\u00e9 des gamelles \u00e0 un Qu\u00e9b\u00e9cois sympathique. Les mouvements de foule nous entra\u00eenaient de \u00e7a, de l\u00e0, et mena\u00e7aient de nous engloutir.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/20.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Il fallait beaucoup de p\u00e9dagogie ou de contorsions, pour faire le point de ma carri\u00e8re comme de ma vie affective, et ne pas passer pour un loser.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/22.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Rien \u00e9crit \u00e0 l'\u00e9poque de mon stage \u00e0 la Compagnie du m\u00e9tropolitain. Sans doute que l'absurdit\u00e9 professionnelle, la sensation honteuse du surnum\u00e9raire et la d\u00e9sorientation de la balle de ping-pong atteignaient leur extr\u00eame. Pourtant, ma curiosit\u00e9 du pouvoir comme des sch\u00e9mas de transport se d\u00e9lectait de rebondir de c\u00e9nacles discrets en ateliers de r\u00e9paration, de cabine de pilotage en placards au si\u00e8ge.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/23.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Je notais: Plus qu'assez de me demander depuis 3 ans ce que je vaux, ce que je veux faire, plus ou moins qui je suis. La plupart des gens de sont pas contraints de se poser ces questions tous les matins au petit-d\u00e9jeuner.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/24.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Somme toute, c'\u00e9tait logique de passer cet \u00e9t\u00e9 l\u00e0 \u00e0 L.A.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/25.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"C'\u00e9tait bien d'\u00eatre venu y faire le deuil de ma belle id\u00e9e de l'hiver, id\u00e9e belle de la beaut\u00e9 du Diable.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/26.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Je voulais voir tout le googie, toutes les friperies, tous les mus\u00e9es. Alors, comme peut-\u00eatre maintenant, je me suis raccroch\u00e9 \u00e0 ces obsessions, dont le vernis ne cachait pas toujours ma peur.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/27.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"SophCo quant \u00e0 elle faisait une fixette sur sa ligne, et donc sur les sushis. Nos d\u00e9sirs vacanciers allaient en directions oppos\u00e9es: visiter ou pas, bouger ou se poser, la ville ou la nature, faire un r\u00e9gime ou tout go\u00fbter, draguer chez les p\u00e9d\u00e9s ou sortir ensemble. Je retrouve de cet ao\u00fbt de belles photos mais peu de traces de ce qui a d\u00fb \u00eatre un nouveau grand moment d'irritation r\u00e9ciproque.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/28.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"A Palms Springs, un oasis Wallpaper, un mirage kitsch sauv\u00e9 de l'ensablement par l'\u00e9nergie de centaines de folles r\u00e9tro-d\u00e9co.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/29.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"L.A. est la plus occidentale des villes de l'Ouest. Aucun sens, que de la surface. G\u00e2chis du spectacle et spectacle du g\u00e2chis. Splendeur laide. Rien d'\u00e9tonnant \u00e0 ce qu'on y mette en sc\u00e8ne tant d'apocalypses, film\u00e9es ou sectaires. Ca sent la fin, le paroxysme. Ca tourne en rond (ville de voitures et de pellicules).\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/30.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Back in France: Mes amis unanimes proposaient de me sous-traiter \u00e0 un psy.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/31.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Derniers galops avant le rencard, course-poursuite apr\u00e8s des traits que je n'aurais jamais (charisme, esprit de synth\u00e8se, voix de mec), saut d'obstacle dada pour chevaux savants. Meanwhile, Aymeric se surpassait dans la blague vacharde: [telle directrice de l\u2019\u00c9cole portant breloques], \u00abc'est l'art total. Un r\u00eave nietzsch\u00e9en.\u00bb\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/32.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"\u00abReste avec nous. Le soir approche, et d\u00e9j\u00e0 le jour baisse.\u00bb\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/33.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Enfin, ce fut la derni\u00e8re classe, c'est-\u00e0-dire le dernier examen. Je voyageai; j'eus, \u00e0 nouveau, la tentation d'Istamboul. Serdar, Webhi, Giray me balad\u00e8rent un peu partout, dans les arri\u00e8res-cours envahies d'arbres, les bars en \u00e9tage, les standup en sous-sol et les vernissages en banlieue. Les soucis se dissolvaient vite et d'abondance, tel le sucre dans le th\u00e9.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/35.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"La ville continuait de r\u00e9server sa part de r\u00eave et de surprise. Courses qu'on remonte en panier \u00e0 la corde, chats lymphatiques des soldeurs de livres, passages oubli\u00e9s o\u00f9 sommeillent des r\u00e9volutions, noms nostalgiques des immeubles, lenteurs des quartiers lointains, rock anatolien, travers\u00e9e imaginaire, cimeti\u00e8res de poche, tailleur pour hipsters. Les vendeurs de marrons, de jus de grenade, de moules (les baraques \u00e0 moules sont aussi les lieux canaille, les restaurants tripiers); les marchands de pain au s\u00e9same qui les portent sur la t\u00eate; les porteurs de th\u00e9 et de soupe, enfants ou vieillards, et les cireurs de chaussure; les crieurs de loto. Les placides p\u00eacheurs de la passerelle. Vieilles voil\u00e9es vendant des Kleenex. Enfants en uniformes anglais. Cafetiers en gilets de laine. Marchands d'ombrelles transparentes suscit\u00e9s par la pluie. Cent brimborions orientaux, comme au Japon. Pamuk s'est gargaris\u00e9 de \u00e7a, assez facilement. Reste qu'\u00e0 Istamboul, le pass\u00e9 se balaye plus lentement qu'ailleurs.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/36.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Tekyon: en bo\u00eete avec le plenum du parti Baas et l'association des folles souffrant d'hypertrychose. Apr\u00e8s, on embrasse de jeunes \u00e9cervel\u00e9s dont les divinit\u00e9s protectrices sont les travelotes de la rue et Kylie Minogue. Histoires sans parole ou mal traduites.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/37.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Taksim avant \u00abTaksim\u00bb. D\u00e9j\u00e0 l'absurdit\u00e9 cupide, d\u00e9figurante et r\u00e9actionnaire des grands projets \u00e9tait apparente. On parlait de mobilisation pour sauver des arbres en centre-ville.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/34.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Notes sur les chats: A certains coins de ruelles, des tas de croquette; y a-t-il un service public des chats a Istamboul? - Des Stambouliotes comme de leurs chats, il ne faut pas pr\u00e9juger \u00e0 leur doux yeux clairs ou \u00e0 leurs dures moustaches sombres. - Bruine maritime. La poisse et la boue. L\u00e0 seulement, les chats disparaissent et la foule se disperse un peu. - Istamboul est comme les chats qui la hantent. Son sommeil est doux et hypnotique, son myst\u00e8re a sept vies. Mais il ne faut pas trop s'y fier quand il ronronne \u00e9ternellement ou fait du charme: il peut frapper d'un vif coup de patte, comme un \u00e9trangleur ottoman. D'ailleurs, les voitures de police aboient plus qu'elles ne crient.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/41.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Je rencontrai Alptekin, de Besiktas. Avatar parachev\u00e9 de mes envies d'amant. On devisa en prenant le th\u00e9, au milieu du bordel \u00e0 vapeur. Il releva qu'il pouvait aussi bien fumer puisque tout le lieu \u00e9tait ill\u00e9gal.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/42.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Passage des panoramas: Le Bosphore est tellement fascinant que m\u00eame les  Stambouliotes, peut-\u00eatre les citadins les plus placides de tous, aust\u00e8res comme des Barcelonais, rentr\u00e9s comme des Londoniens, pensifs comme des Polonais, m\u00e9ticuleux comme des Helv\u00e8tes; m\u00eame eux l\u00e8vent la t\u00eate de leur lecture, dans les bus et sur les vaporetti, lorsqu'il se d\u00e9couvre \u00e0 eux \u00e0 nouveau.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/43.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"A Paris, il y avait dans l'\u00e9poque une tentation carnavalesque, une fuite-mascarade avec sexe et alcool. D'une f\u00eate \u00e0 la suivante, sans plus passer par le travail, la sobri\u00e9t\u00e9, l'ennui, les hi\u00e9rarchies sociales. Berlin. Le refus des temps morts, la peur de l'ennui, les journ\u00e9es plus pleines.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/18.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Comit\u00e9 Central publia, lui, son premier roman, dont le th\u00e8me du coup paradoxal \u00e9tait: jamais rien n'arrive. A la f\u00eate de lancement dans l'automne parisien, Alex Nippon disait un de ses vers comme en \u00e9cho: \u00ab...la ti\u00e9deur du stuc\u00bb\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/44.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"La saison du classement. L'amphi-garnison arrivait, o\u00f9 l'on joue au puzzle avec la vie des gens.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/38.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"\u00ab...une argumentation riche mais peut \u00eatre trop conceptuelle\u00bb, me reprocha-t-on, comme ultime couleuvre \u00e0 avaler.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/39.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Un corbeau s'\u00e9broue comme un chien dans la fontaine du bassin du Luxembourg. Un touriste chasse hargneusement les pigeons, comme un enfant. Ceux que cela n'amuse pas, \u00e0 qui cela ne suffit pas, ignorent le bonheur. Ici, toute la laideur du monde, et m\u00eame celle de la tour Montparnasse, sont acceptables. Il y fait un froid f\u00e9roce et le soleil perce les nuages.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/45.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignnone\" title=\"Tout se termine par des chansons, m\u00eame 2012. En voici deux (paroles de Crame): \u00abOn veut le mariage, le veuvage et l'h\u00e9ritage! \/ On veut l'adult\u00e8re, la pension alimentaire!\u00bb; \u00abOh Taubira \/ Tout c'qu'on veut, c'est l'mariage, l'adoption, la PMA \/ L'\u00e9galit\u00e9 comme tout l'monde c'est tout c'qu'on attend de toi \/ Oh Taubira!\u00bb\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201201\/46.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" \/><\/p>\n<p>A1: Bien s\u00fbr qu&rsquo;il y a des personnes et des choses, pas de petites choses, qui rendent la vie chouette.<br \/>\nA2: Mais j&rsquo;avais eu, au tournant de 2011 et 2012, cet amour avort\u00e9, bref, impossible et tourmentant pour le type de L.A., dont j&rsquo;ai parl\u00e9 ailleurs. Toujours la distance g\u00e9ographique a cr\u00e9\u00e9 contre moi une impossibilit\u00e9. Ou est-ce l&rsquo;impossibilit\u00e9 psychologique qui s&rsquo;est complu dans les distances?<br \/>\nA3: C&rsquo;\u00e9tait, aussi, un tournant de l&rsquo;ann\u00e9e apr\u00e8s d&rsquo;autres. Certains sentiments sont comme les coll\u00e8gues: apr\u00e8s les avoir c\u00f4toy\u00e9s quotidiennement tout un temps, on perd leur trace, on les oublie, ils ne se rappellent \u00e0 nous qu&rsquo;une fois l&rsquo;an \u00e0 date fixe, ou par exception lorsqu&rsquo;on s&rsquo;interroge subitement: tiens, il devient quoi?<br \/>\nB1: De loin en loin, ces temps-l\u00e0, j&rsquo;ai vu S\u00e9b H dans des bistros. Je crois que, connaissant l&rsquo;Ecole et moi un peu, il s&rsquo;assurait que \u00e7a allait aussi bien que possible. Il avait chang\u00e9 de vie, trouv\u00e9 une autre vocation d&rsquo;aventure, \u00e9tait retomb\u00e9 amoureux.<br \/>\nB2: Je repris le chemin de Stras-, me promettant d\u2019\u00eatre le censeur pamphl\u00e9taire de cette Ecole absurde, de Me Foutre Carr\u00e9ment De Tout, fort aussi de cette question pos\u00e9e par mon chef \u00e0 mon d\u00e9part : \u00abtu ne veux pas quand m\u00eame finir dans les grands corps?\u00bb : et c\u2019est vrai, au-del\u00e0 des ambitions moutonni\u00e8res du classement, d\u2019une inscription \u00e0 un \u00e9ni\u00e8me tableau d\u2019honneur <em>(mom would be so proud),<\/em> le voulais-je? N\u2019\u00e9tait-ce pas demander un ultime report d\u2019incorporation dans la vie?<br \/>\nB3: \u00abLa vie semblait se d\u00e9rouler plus vite que les pens\u00e9es.\u00bb (La marche de Radetzky)<br \/>\nC1: A Madrid. Mes carnets, mes photos de cette \u00e9poque sont pleins de citations, d&rsquo;images de d\u00e9su\u00e9tude 1950 prises un peu partout. Elles se r\u00e9p\u00e8tent. Sans projets de voyage, sans Roth, Modiano, Gracq, Simenon, Barbara Hepsworth, sans les enseignes abandonn\u00e9es, ces autres compagnons qu&rsquo;on se donne, je n&rsquo;aurais pas trouv\u00e9 en moi-m\u00eame de sens \u00e0 ma d\u00e9ambulation, ni la force de poursuivre.<br \/>\nC2: \u00abCette prostitution inou\u00efe des toisons\u00bb. BoxingBoy citait Saint-Simon \u00e9voquant, d\u00e9j\u00e0, les faux plans madril\u00e8nes. Il me semble que sur lui aussi, \u00e0 cette \u00e9poque, s&rsquo;est abattue une tenace angoisse.<br \/>\nC3: Il pesait comme un temps d&rsquo;insurrection civile, un air lourd; une grande manifestation \u00e9tait annonc\u00e9e. La duret\u00e9 des temps \u00e9touffait, il fallait marcher, camper \u00e0 nouveau sur les places, ou rouvrir quelques espaces \u00e0 la marge, comme Camilo. Et discuter jusqu&rsquo;\u00e0 pas d&rsquo;heure dans des troquets perdus, manger des tapas hasta fin de existencia.<br \/>\nD1: Ma promenade verse spontan\u00e9ment au centre de Paris. C&rsquo;est le r\u00e9ceptacle des d\u00e9sirs, des espoirs et des souvenirs. Il me faut faire l&rsquo;effort de remonter \u00e0 l&rsquo;amont.<br \/>\nD2: Aux Folies Berg\u00e8re, un meeting de campagne fut l&rsquo;occasion du meilleur et du pire. Bambi avait \u00e9voqu\u00e9 avec une \u00e9l\u00e9gance merveilleuse les temps anciens, le combat pour \u00eatre soi, pour \u00eatre dignes et libres. Geoffroy Did:er \u00e9tait venu narguer l&rsquo;assistance du m\u00e9pris qu&rsquo;ont les parvenus, les r\u00e9actionnaires et les porte-flingue, m\u00e9pris qui leur tient lieu de style, de m\u00e9tier et de ligne politique. On avait hurl\u00e9 notre d\u00e9go\u00fbt de de cette honteuse compradore et de cette sale p\u00e9riode, dont nous ne savions pas encore si elle devait finir bient\u00f4t.<br \/>\nD3: J\u2019ai \u00e9t\u00e9 stup\u00e9fait, triste, enrag\u00e9 aussi, d\u2019une conversation avec un ancien camarade de ScPo, un type jusque-l\u00e0 d\u2019une droite classique et pr\u00e9sentable: un balladurien. Dans un d\u00eener avec Matthieu DC et Fillette, il expliqua tr\u00e8s placidement que, oui, il y avait trop d\u2019\u00e9trangers en France, qu\u2019apr\u00e8s tout le droit \u00e0 une vie familiale normale n\u2019\u00e9tait qu\u2019une contrainte internationale d\u00e9non\u00e7able. J&rsquo;ai rompu, en mettant un terme au d\u00eener en criant; \u00e7a m\u2019a laiss\u00e9 l\u2019amertume \u00e0 la bouche.<br \/>\nE1: Dans la banlieue de Manchester, avec Liam. A perte de vue, ces villas de brique mitoyennes, certaines et fort enjoliv\u00e9es de pignons et de colonnades. Elle \u00e9voque le Blitz, un \u00e9change scolaire (au temps o\u00f9 le laitier livrait encore), d&rsquo;innombrables colocations d&rsquo;adultes d&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr, le jardinage et les horaires de bus. Il s&rsquo;en d\u00e9gage tellement de m\u00e9lancolie, de grisaille, de laborieuse r\u00e9signation qu&rsquo;il para\u00eet que le crachin la baigne contin\u00fbment.<br \/>\nE2: D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, la campagne anglaise par la fen\u00eatre du train, rebondie et neuve, pittoresque, confirme le plaisir fiable de Constable et des s\u00e9ries polici\u00e8res du dimanche soir.<br \/>\nE3: A peu pr\u00e8s \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, je rejoignis Fillette \u00e0 un meeting de M\u00e9lenchon et il me proposa de tracter avec lui et les p\u00e9d\u00e9s du Front de gauche, \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e du Palais des expositions. C&rsquo;est ainsi que je repris une vie militante.<br \/>\nF1: A Meudon, les rues le dimanche soir sont abandonn\u00e9es, mais vivantes et pleines du chant des oiseaux, du palpitement des odeurs v\u00e9g\u00e9tales et du murmure lointain des moteurs: voitures \u00e9gar\u00e9es, h\u00e9licopt\u00e8res d&rsquo;Issy, avions d&rsquo;Orly. Les porches des maisons sont d\u00e9sert\u00e9s, arch\u00e9typiques et mine de rien effrayants, comme dans un tableau de Magritte. Les lucarnes s&rsquo;allument en haut des pavillons mais on craint de ne jamais croiser \u00e2me qui vive.<br \/>\nF2: Mon anniversaire de cette ann\u00e9e-l\u00e0 fut un nadir. Ma famille l&rsquo;avait zapp\u00e9, report\u00e9 \u00e0 l&rsquo;infini pour mener des t\u00e2ches plus pressantes. Je me sentais rat\u00e9 et seul. Fran\u00e7ois et Nicolas B2 et le \u00abr\u00e9cital emphatique\u00bb de Michel Fau me chang\u00e8rent les id\u00e9es, et la dr\u00f4lerie de Giray inopin\u00e9.<br \/>\nF3: \u00abLe mal de n&rsquo;habiter nulle part\u00bb: touriste jusque chez moi, je logeais temporairement rue de la Roquette.<br \/>\nG1: Paris avait de nouveaux lieux, sinon une nouvelle attitude. Le Raymond Club qui offrait l&rsquo;intimit\u00e9 d&rsquo;un ancien club \u00e9changiste, le Bonne Nouvelle o\u00f9 l&rsquo;on revivait le mardi la bruyante parade des d\u00e9sirs et des vanit\u00e9s qui s&rsquo;\u00e9brouent, le dimanche, au Rosa Bonheur.<br \/>\nG2: Un peu partout, J\u00e9r\u00e9mie et Alex Nippon baladaient une ironie douce, des go\u00fbts de luxe et pas mal d&#8217;empathie.<br \/>\nG3: Le soir de l&rsquo;\u00e9lection nous avions comme tant d&rsquo;autres d\u00e9boul\u00e9 place de la Bastille, et j&rsquo;avais roul\u00e9 des gamelles \u00e0 un Qu\u00e9b\u00e9cois sympathique. Les mouvements de foule nous entra\u00eenaient de \u00e7a, de l\u00e0, et mena\u00e7aient de nous engloutir.<br \/>\nH1: Il fallait beaucoup de p\u00e9dagogie ou de contorsions, pour faire le point de ma carri\u00e8re comme de ma vie affective, et ne pas passer pour un loser.<br \/>\nH2: Rien \u00e9crit \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de mon stage \u00e0 la Compagnie du m\u00e9tropolitain. Sans doute que l&rsquo;absurdit\u00e9 professionnelle, la sensation honteuse du surnum\u00e9raire et la d\u00e9sorientation de la balle de ping-pong atteignaient leur extr\u00eame. Pourtant, ma curiosit\u00e9 du pouvoir comme des sch\u00e9mas de transport se d\u00e9lectait de rebondir de c\u00e9nacles discrets en ateliers de r\u00e9paration, de cabine de pilotage en placards au si\u00e8ge.<br \/>\nH3: Je notais: Plus qu&rsquo;assez de me demander depuis 3 ans ce que je vaux, ce que je veux faire, plus ou moins qui je suis. La plupart des gens de sont pas contraints de se poser ces questions tous les matins au petit-d\u00e9jeuner.<br \/>\nI1: Somme toute, c&rsquo;\u00e9tait logique de passer cet \u00e9t\u00e9 l\u00e0 \u00e0 L.A.<br \/>\nI2: C&rsquo;\u00e9tait bien d&rsquo;\u00eatre venu y faire le deuil de ma belle id\u00e9e de l&rsquo;hiver, id\u00e9e belle de la beaut\u00e9 du Diable.<br \/>\nI3: Je voulais voir tout le googie, toutes les friperies, tous les mus\u00e9es. Alors, comme peut-\u00eatre maintenant, je me suis raccroch\u00e9 \u00e0 ces obsessions, dont le vernis ne cachait pas toujours ma peur.<br \/>\nJ1: SophCo quant \u00e0 elle faisait une fixette sur sa ligne, et donc sur les sushis. Nos d\u00e9sirs vacanciers allaient en directions oppos\u00e9es: visiter ou pas, bouger ou se poser, la ville ou la nature, faire un r\u00e9gime ou tout go\u00fbter, draguer chez les p\u00e9d\u00e9s ou sortir ensemble. Je retrouve de cet ao\u00fbt de belles photos mais peu de traces de ce qui a d\u00fb \u00eatre un nouveau grand moment d&rsquo;irritation r\u00e9ciproque.<br \/>\nJ2: A Palms Springs, un oasis Wallpaper, un mirage kitsch sauv\u00e9 de l&rsquo;ensablement par l&rsquo;\u00e9nergie de centaines de folles r\u00e9tro-d\u00e9co.<br \/>\nJ3: L.A. est la plus occidentale des villes de l&rsquo;Ouest. Aucun sens, que de la surface. G\u00e2chis du spectacle et spectacle du g\u00e2chis. Splendeur laide. Rien d&rsquo;\u00e9tonnant \u00e0 ce qu&rsquo;on y mette en sc\u00e8ne tant d&rsquo;apocalypses, film\u00e9es ou sectaires. Ca sent la fin, le paroxysme. Ca tourne en rond (ville de voitures et de pellicules).<br \/>\nK1: <em>Back in France:<\/em> Mes amis unanimes proposaient de me sous-traiter \u00e0 un psy.<br \/>\nK2: Derniers galops avant le rencard, course-poursuite apr\u00e8s des traits que je n&rsquo;aurais jamais (charisme, esprit de synth\u00e8se, voix de mec), saut d&rsquo;obstacle dada pour chevaux savants. <em>Meanwhile<\/em>, Aymeric se surpassait dans la blague vacharde: [telle directrice de l\u2019\u00c9cole portant breloques], \u00abc&rsquo;est l&rsquo;art total. Un r\u00eave nietzsch\u00e9en.\u00bb<br \/>\nK3: \u00abReste avec nous. Le soir approche, et d\u00e9j\u00e0 le jour baisse.\u00bb<br \/>\nL1: Enfin, ce fut la derni\u00e8re classe, c&rsquo;est-\u00e0-dire le dernier examen. Je voyageai; j&rsquo;eus, \u00e0 nouveau, la tentation d&rsquo;Istamboul. Serdar, Webhi, Giray me balad\u00e8rent un peu partout, dans les arri\u00e8res-cours envahies d&rsquo;arbres, les bars en \u00e9tage, les standup en sous-sol et les vernissages en banlieue. Les soucis se dissolvaient vite et d&rsquo;abondance, tel le sucre dans le th\u00e9.<br \/>\nL2: La ville continuait de r\u00e9server sa part de r\u00eave et de surprise. Courses qu&rsquo;on remonte en panier \u00e0 la corde, chats lymphatiques des soldeurs de livres, passages oubli\u00e9s o\u00f9 sommeillent des r\u00e9volutions, noms nostalgiques des immeubles, lenteurs des quartiers lointains, rock anatolien, travers\u00e9e imaginaire, cimeti\u00e8res de poche, tailleur pour hipsters. Les vendeurs de marrons, de jus de grenade, de moules (les baraques \u00e0 moules sont aussi les lieux canaille, les restaurants tripiers); les marchands de pain au s\u00e9same qui les portent sur la t\u00eate; les porteurs de th\u00e9 et de soupe, enfants ou vieillards, et les cireurs de chaussure; les crieurs de loto. Les placides p\u00eacheurs de la passerelle. Vieilles voil\u00e9es vendant des Kleenex. Enfants en uniformes anglais. Cafetiers en gilets de laine. Marchands d&rsquo;ombrelles transparentes suscit\u00e9s par la pluie. Cent brimborions orientaux, comme au Japon. Pamuk s&rsquo;est gargaris\u00e9 de \u00e7a, assez facilement. Reste qu&rsquo;\u00e0 Istamboul, le pass\u00e9 se balaye plus lentement qu&rsquo;ailleurs.<br \/>\nL3: Tekyon: en bo\u00eete avec le plenum du parti Baas et l&rsquo;association des folles souffrant d&rsquo;hypertrychose. Apr\u00e8s, on embrasse de jeunes \u00e9cervel\u00e9s dont les divinit\u00e9s protectrices sont les travelotes de la rue et Kylie Minogue. Histoires sans parole ou mal traduites.<br \/>\nM1: Taksim avant \u00abTaksim\u00bb. D\u00e9j\u00e0 l&rsquo;absurdit\u00e9 cupide, d\u00e9figurante et r\u00e9actionnaire des grands projets \u00e9tait apparente. On parlait de mobilisation pour sauver des arbres en centre-ville.<br \/>\nM2: Notes sur les chats: A certains coins de ruelles, des tas de croquette; y a-t-il un service public des chats a Istamboul? &#8211; Des Stambouliotes comme de leurs chats, il ne faut pas pr\u00e9juger \u00e0 leur doux yeux clairs ou \u00e0 leurs dures moustaches sombres. &#8211; Bruine maritime. La poisse et la boue. L\u00e0 seulement, les chats disparaissent et la foule se disperse un peu. &#8211; Istamboul est comme les chats qui la hantent. Son sommeil est doux et hypnotique, son myst\u00e8re a sept vies. Mais il ne faut pas trop s&rsquo;y fier quand il ronronne \u00e9ternellement ou fait du charme: il peut frapper d&rsquo;un vif coup de patte, comme un \u00e9trangleur ottoman. D&rsquo;ailleurs, les voitures de police aboient plus qu&rsquo;elles ne crient.<br \/>\nM3: Je rencontrai Alptekin, de Besiktas. Avatar parachev\u00e9 de mes envies d&rsquo;amant. On devisa en prenant le th\u00e9, au milieu du bordel \u00e0 vapeur. Il releva qu&rsquo;il pouvait aussi bien fumer puisque tout le lieu \u00e9tait ill\u00e9gal.<br \/>\nN1: Passage des panoramas: Le Bosphore est tellement fascinant que m\u00eame les  Stambouliotes, peut-\u00eatre les citadins les plus placides de tous, aust\u00e8res comme des Barcelonais, rentr\u00e9s comme des Londoniens, pensifs comme des Polonais, m\u00e9ticuleux comme des Helv\u00e8tes; m\u00eame eux l\u00e8vent la t\u00eate de leur lecture, dans les bus et sur les vaporetti, lorsqu&rsquo;il se d\u00e9couvre \u00e0 eux \u00e0 nouveau.<br \/>\nN2: A Paris, il y avait dans l&rsquo;\u00e9poque une tentation carnavalesque, une fuite-mascarade avec sexe et alcool. D&rsquo;une f\u00eate \u00e0 la suivante, sans plus passer par le travail, la sobri\u00e9t\u00e9, l&rsquo;ennui, les hi\u00e9rarchies sociales. Berlin. Le refus des temps morts, la peur de l&rsquo;ennui, les journ\u00e9es plus pleines.<br \/>\nN3: Comit\u00e9 Central publia, lui, son premier roman, dont le th\u00e8me du coup paradoxal \u00e9tait: jamais rien n&rsquo;arrive. A la f\u00eate de lancement dans l&rsquo;automne parisien, Alex Nippon disait un de ses vers comme en \u00e9cho: \u00ab&#8230;la ti\u00e9deur du stuc\u00bb<br \/>\nO1: La saison du classement. L&rsquo;amphi-garnison arrivait, o\u00f9 l&rsquo;on joue au puzzle avec la vie des gens.<br \/>\nO2: \u00ab&#8230;une argumentation riche mais peut \u00eatre trop conceptuelle\u00bb, me reprocha-t-on, comme ultime couleuvre \u00e0 avaler.<br \/>\nO3: Un corbeau s&rsquo;\u00e9broue comme un chien dans la fontaine du bassin du Luxembourg. Un touriste chasse hargneusement les pigeons, comme un enfant. Ceux que cela n&rsquo;amuse pas, \u00e0 qui cela ne suffit pas, ignorent le bonheur. Ici, toute la laideur du monde, et m\u00eame celle de la tour Montparnasse, sont acceptables. Il y fait un froid f\u00e9roce et le soleil perce les nuages.<br \/>\nP1: Tout se termine par des chansons, m\u00eame 2012. En voici deux (paroles de Crame): \u00abOn veut le mariage, le veuvage et l&rsquo;h\u00e9ritage! \/ On veut l&rsquo;adult\u00e8re, la pension alimentaire!\u00bb; \u00abOh Taubira \/ Tout c&rsquo;qu&rsquo;on veut, c&rsquo;est l&rsquo;mariage, l&rsquo;adoption, la PMA \/ L&rsquo;\u00e9galit\u00e9 comme tout l&rsquo;monde c&rsquo;est tout c&rsquo;qu&rsquo;on attend de toi \/ Oh Taubira!\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A1: Bien s\u00fbr qu&rsquo;il y a des personnes et des choses, pas de petites choses, qui rendent la vie chouette. A2: Mais j&rsquo;avais eu, au tournant de 2011 et 2012, cet amour avort\u00e9, bref, impossible et tourmentant pour le type de L.A., dont j&rsquo;ai parl\u00e9 ailleurs. 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