{"id":136,"date":"2010-08-27T17:16:07","date_gmt":"2010-08-27T16:16:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/?p=136"},"modified":"2010-08-27T17:16:07","modified_gmt":"2010-08-27T16:16:07","slug":"avec-ambages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/?p=136","title":{"rendered":"Avec ambages."},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Je retournai  \u00e0 Szohod, chaque mois o\u00f9 presque, car c\u2019est l\u00e0 qu\u2019\u00e9tais mon amoureux. J\u2019ai le souvenir d\u2019immenses retards ferroviaires, de cong\u00e8res de comp\u00e9tition, de villes assi\u00e9g\u00e9es par la neige, travers\u00e9es \u00e0 t\u00e2tons, incolores, d\u00e9sertes, g\u00e9om\u00e9triques\u00a0: des esquisses d\u2019utopies modern style. Le souvenir n\u2019est pas distinct, comme je l\u2019\u00e9voque \u00e0 bord d\u2019un autre Thalys-tortillard, qui lambine dans la campagne art\u00e9sienne, verte, chaleureuse et pittoresque comme un Constable, dans son printemps tardif.  Du blizzard au cirrus. \" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/01.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"A Paris j\u2019avais repris les vieilles attaches. Alex Nippon \u00e9tait \u00e0 l\u2019aube de sa carri\u00e8re de poulet, qu\u2019il lui tardait de commencer pour de bon. Ivan \u00e9panouissait ses pieds dans le plat de l\u2019investigation de presse. Alex STAPS parlait plus p\u00e9remptoirement que jamais dans les assembl\u00e9es (il r\u00e9servait sa sagesse et sa dr\u00f4lerie pour les petits comit\u00e9s).\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/02.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Le Lobby Gay tint conclave \u2013 pas loin derri\u00e8re vous.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/03.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Je redevins \u00e9tudiant, comme si toute ma vie adulte n\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 qu\u2019une longue pr\u00e9p\u2019ENA. Les cours alternaient, dans un faux rythme d\u2019\u00e9reintement et d\u2019oisivet\u00e9 coupable. Il me semblait toutefois flotter un peu, glaner les bons points sans effort, capitalisant sur l\u2019avance de toutes mes pr\u00e9pa pass\u00e9es, ou peut-\u00eatre touchant \u00e0 ce but que BoxingBoy m\u2019avait reproch\u00e9 (jadis, \u00e0 Venise) d\u2019\u00e9luder : pr\u00e9parer l\u2019\u00e9preuve froidement pour y r\u00e9ussir, plut\u00f4t qu\u2019en faire un motif d\u2019\u00e9rudition ou un enjeu personnel. .\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/04.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\" Avec la pr\u00e9pa, je dus suivre l\u2019actualit\u00e9 de plus pr\u00e8s. Lire et \u00e9couter les nouvelles, chaque jour de cet automne d\u2019identit\u00e9 nationale, de cet hiver de pr\u00e9cipitation r\u00e9actionnaire, fut \u00abmon cilice et ma discipline\u00bb : brique \u00e0 brique dans la vitrine, le pouvoir cassait l\u2019Etat pour montrer son inefficacit\u00e9. Par id\u00e9ologie, il g\u00e9rait le pays comme une marque de shampoing. Chaque nouvelle \u00abr\u00e9forme\u00bb annonc\u00e9e, chaque opinion vocif\u00e9r\u00e9e par les chefs de produit du sarkozysme m\u2019\u00e9tait un coup \u00e0 l\u2019estomac, une balafre au moral. L\u2019accumulation d\u2019incomp\u00e9tence, d\u2019arrogance et de vulgarit\u00e9 devenait telle, que m\u00eame quelques hauts fonctionnaires conservateurs, nos enseignants, s\u2019en \u00e9murent..\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/05.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"\u00abCette musique est anxiog\u00e8ne. - Pour moi, elle est juste sexuelle. - Merci, tu viens de m'\u00e9pargner 10 ans de psychanalyse.\u00bb\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/06.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"A Bruxelles, men\u00e9s par LzMry, nous hantions les rades rigolos du quartier des puces ou les bars \u00e0 minets du centre, sortis intacts d\u2019un souvenir sixties \u00e0 la Dutronc. Rob \u00e9tait tr\u00e8s fan de Popote.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/07.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"A la demande g\u00e9n\u00e9rale: \u00abEt alors, tu l\u2019as pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 tes parents ?\u00bb\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/08.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Ma m\u00e8re disait : \u00abCompositeur, c\u2019est original\u2026\u00bb, comprendre : \u00abil ne doit pas manger \u00e0 sa faim.\u00bb\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/09.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"En d\u00e9cembre, Rob donna un beau concert moderne dans un op\u00e9ra itou.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/10.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Avec SophCo, nous pr\u00eemes le train-couchette, celui qui desservait les vacances:  Orl\u00e9ans-Tours- Limoges- Vindrac -Toulouse entre les f\u00eates. (Ce train a disparu depuis; et avec lui la m\u00e9moire de mes \u00e9t\u00e9s d\u2018enfance, celles qui me reviennent du plus loin: le lent \u00e9branlement du train au sortir de la gare, entre les ombres urbaines myst\u00e9rieuses, les wagons en rade et les pavillons d\u2018approche. Au matin, on se d\u00e9liait les jambes, \u00e0 la longue fen\u00eatre du couloir, \u00e0 voir filer les derniers kilom\u00e8tres.)\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/11.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Ce fut, comme tous les ans, le rituel de la visite \u00e0 mes grands-parents. Mais dans une Maison, loin de leur maison, ils n'avaient plus rien de la superbe, de la ma\u00eetrise de la situation qui avaient d\u00e9j\u00e0 commencer \u00e0 filer les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Tout cela tient \u00e0 peu de chose, un v\u00eatement, une coupe de cheveux, la haute main sur la discussion. Ils faisaient bonne figure, voil\u00e0 tout. Alentour, de vieilles personnes erraient, reniflaient notre table et notre situation l'air de rien, avec concupiscence.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/12.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Matthieu DC rebondissait d\u2019une histoire amoureuse \u00e0 l\u2019autre, sinon \u00e0 la suivante. Il croisait les belles-familles, couchait avec un agent triple (ex \u00abFacho-Mignon\u00bb*), disait: \u00abje veux coucher avec\u00bb ou \u00abpourtant je ne l\u2019aime pas\u00bb ou \u00abpour ou contre l'avortement\u00bb.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/16.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"\u00abCe que je cherche, c\u2019est la folie \u00e0 deux\u00bb confessait-elle, dans la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9. \u00abOn sent bien qu\u2019elle envoie du bois\u00bb, notait-il, d\u2019une autre.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/17.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"De leur c\u00f4t\u00e9, les TBS avait essaim\u00e9 aux quatre vents, mixant ici, exposant l\u00e0, DA un jour, romancier peut-\u00eatre le lendemain. Depuis la fin des Mort aux Jeunes, s\u2019ils se conservaient  l\u2019amiti\u00e9, ils n\u2019avaient plus je crois cette intimit\u00e9 exclusive d\u2018auparavant. Les configurations de leurs, de nos liens s\u2019\u00e9taient d\u00e9multipli\u00e9es en s\u2019espa\u00e7ant: le Bureau de mode, les collaborations aux ambitions  avant-gardistes des Bibis, mille soir\u00e9es aux DJ-sets kal\u00e9idoscopiques, les vacances balkaniques.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/18.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"C'est le paradoxe du \u00abcouple libre\u00bb, de l'\u00e9mancipation que j'ai voulue de mon d\u00e9sir et de ma fid\u00e9lit\u00e9. Pour qu'un seul gar\u00e7on ne puisse me faire jamais beaucoup souffrir, j'ai accept\u00e9 que tous les gar\u00e7ons me blessent un peu tous les jours.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/19.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Il flottait sur l'Etat comme une impression de fin des haricots.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/20.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Je proposai mon appartement en chambre d'h\u00f4te, pour joindre les deux bouts. Pour des raisons obscures, il fut surtout lou\u00e9 par des gens improbables, genre famille en habitat collectif Lettons\/Ouzbeks, gastronome isra\u00e9lien postadolescent, humanitaire iranien du Tchad.\" src=\"http:\/\/www.freedonia.fr\/201005\/21.jpg\" class=\"alignnone\" width=\"250\" height=\"250\" \/><\/p>\n<p>A1: Je retournai  \u00e0 Szohod, chaque mois o\u00f9 presque, car c\u2019est l\u00e0 qu\u2019\u00e9tais mon amoureux. J\u2019ai le souvenir d\u2019immenses retards ferroviaires, de cong\u00e8res de comp\u00e9tition, de villes assi\u00e9g\u00e9es par la neige, travers\u00e9es \u00e0 t\u00e2tons, incolores, d\u00e9sertes, g\u00e9om\u00e9triques\u00a0: des esquisses d\u2019utopies modern style. Le souvenir n\u2019est pas distinct, comme je l\u2019\u00e9voque \u00e0 bord d\u2019un autre Thalys-tortillard, qui lambine dans la campagne art\u00e9sienne, verte, chaleureuse et pittoresque comme un Constable, dans son printemps tardif.  Du blizzard au cirrus.<br \/>\nA2: A Paris j\u2019avais repris les vieilles attaches. Alex Nippon \u00e9tait \u00e0 l\u2019aube de sa carri\u00e8re de poulet, qu\u2019il lui tardait de commencer pour de bon. Ivan \u00e9panouissait ses pieds dans le plat de l\u2019investigation de presse. Alex STAPS parlait plus p\u00e9remptoirement que jamais dans les assembl\u00e9es (il r\u00e9servait sa sagesse et sa dr\u00f4lerie pour les petits comit\u00e9s).<br \/>\nA3: Le Lobby Gay tint conclave \u2013 pas loin derri\u00e8re vous.<br \/>\nB1: Je redevins \u00e9tudiant, comme si toute ma vie adulte n\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 qu\u2019une longue pr\u00e9p\u2019ENA. Les cours alternaient, dans un faux rythme d\u2019\u00e9reintement et d\u2019oisivet\u00e9 coupable. Il me semblait toutefois flotter un peu, glaner les bons points sans effort, capitalisant sur l\u2019avance de toutes mes pr\u00e9pa pass\u00e9es, ou peut-\u00eatre touchant \u00e0 ce but que BoxingBoy m\u2019avait reproch\u00e9 (jadis, \u00e0 Venise) d\u2019\u00e9luder\u00a0: pr\u00e9parer l\u2019\u00e9preuve froidement pour y r\u00e9ussir, plut\u00f4t qu\u2019en faire un motif d\u2019\u00e9rudition ou un enjeu personnel.<br \/>\nB2: Avec la pr\u00e9pa, je dus suivre l\u2019actualit\u00e9 de plus pr\u00e8s. Lire et \u00e9couter les nouvelles, chaque jour de cet automne d\u2019identit\u00e9 nationale, de cet hiver de pr\u00e9cipitation r\u00e9actionnaire, fut \u00abmon cilice et ma discipline\u00bb\u00a0: brique \u00e0 brique dans la vitrine, le pouvoir cassait l\u2019Etat pour montrer son inefficacit\u00e9. Par id\u00e9ologie, il g\u00e9rait le pays comme une marque de shampoing. Chaque nouvelle \u00abr\u00e9forme\u00bb annonc\u00e9e, chaque opinion vocif\u00e9r\u00e9e par les chefs de produit du sarkozysme m\u2019\u00e9tait un coup \u00e0 l\u2019estomac, une balafre au moral. L\u2019accumulation d\u2019incomp\u00e9tence, d\u2019arrogance et de vulgarit\u00e9 devenait telle, que m\u00eame quelques hauts fonctionnaires conservateurs, nos enseignants, s\u2019en \u00e9murent.<br \/>\nB3\u00a0: \u00abCette musique est anxiog\u00e8ne. &#8211; Pour moi, elle est juste sexuelle. &#8211; Merci, tu viens de m&rsquo;\u00e9pargner 10 ans de psychanalyse.\u00bb<br \/>\nC1: A Bruxelles, men\u00e9s par LzMry, nous hantions les rades rigolos du quartier des puces ou les bars \u00e0 minets du centre, sortis intacts d\u2019un souvenir sixties \u00e0 la Dutronc. Rob \u00e9tait tr\u00e8s fan de Popote.<br \/>\nC2: A la demande g\u00e9n\u00e9rale:\u00abEt alors, tu l\u2019as pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 tes parents\u00a0?\u00bb<br \/>\nC3: Ma m\u00e8re disait\u00a0: \u00abCompositeur, c\u2019est original\u2026\u00bb, comprendre\u00a0: \u00abil ne doit pas manger \u00e0 sa faim.\u00bb<br \/>\nD1: En d\u00e9cembre, Rob donna un beau concert moderne dans un op\u00e9ra itou.<br \/>\nD2: Avec SophCo, nous pr\u00eemes le train-couchette, celui qui desservait les vacances:  Orl\u00e9ans-Tours- Limoges- Vindrac -Toulouse entre les f\u00eates. (Ce train a disparu depuis; et avec lui la m\u00e9moire de mes \u00e9t\u00e9s d\u2018enfance, celles qui me reviennent du plus loin: le lent \u00e9branlement du train au sortir de la gare, entre les ombres urbaines myst\u00e9rieuses, les wagons en rade et les pavillons d\u2018approche. Au matin, on se d\u00e9liait les jambes, \u00e0 la longue fen\u00eatre du couloir, \u00e0 voir filer les derniers kilom\u00e8tres.)<br \/>\nD3: Ce fut, comme tous les ans, le rituel de la visite \u00e0 mes grands-parents. Mais dans une Maison, loin de leur maison, ils n&rsquo;avaient plus rien de la superbe, de la ma\u00eetrise de la situation qui avaient d\u00e9j\u00e0 commencer \u00e0 filer les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Tout cela tient \u00e0 peu de chose, un v\u00eatement, une coupe de cheveux, la haute main sur la discussion. Ils faisaient bonne figure, voil\u00e0 tout. Alentour, de vieilles personnes erraient, reniflaient notre table et notre situation l&rsquo;air de rien, avec concupiscence.<br \/>\nE1: Matthieu DC rebondissait d\u2019une histoire amoureuse \u00e0 l\u2019autre, sinon \u00e0 la suivante. Il croisait les belles-familles, couchait avec un agent triple (ex \u00abFacho-Mignon\u00bb*), disait: \u00abje veux coucher avec\u00bb ou \u00abpourtant je ne l\u2019aime pas\u00bb ou \u00abpour ou contre l&rsquo;avortement\u00bb.<br \/>\nE2: \u00abCe que je cherche, c\u2019est la folie \u00e0 deux\u00bb confessait-elle, dans la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9. \u00abOn sent bien qu\u2019elle envoie du bois\u00bb, notait-il, d\u2019une autre.<br \/>\nE3: De leur c\u00f4t\u00e9, les TBS avait essaim\u00e9 aux quatre vents, mixant ici, exposant l\u00e0, DA un jour, romancier peut-\u00eatre le lendemain. Depuis la fin des Mort aux Jeunes, s\u2019ils se conservaient  l\u2019amiti\u00e9, ils n\u2019avaient plus je crois cette intimit\u00e9 exclusive d\u2018auparavant. Les configurations de leurs, de nos liens s\u2019\u00e9taient d\u00e9multipli\u00e9es en s\u2019espa\u00e7ant: le Bureau de mode, les collaborations aux ambitions  avant-gardistes des Bibis, mille soir\u00e9es aux DJ-sets kal\u00e9idoscopiques, les vacances balkaniques.<br \/>\nF1: C&rsquo;est le paradoxe du \u00abcouple libre\u00bb, de l&rsquo;\u00e9mancipation que j&rsquo;ai voulue de mon d\u00e9sir et de ma fid\u00e9lit\u00e9. Pour qu&rsquo;un seul gar\u00e7on ne puisse me faire jamais beaucoup souffrir, j&rsquo;ai accept\u00e9 que tous les gar\u00e7ons me blessent un peu tous les jours.<br \/>\nF2: Il flottait sur l&rsquo;Etat comme une impression de fin des haricots.<br \/>\nF3: Je proposai mon appartement en chambre d&rsquo;h\u00f4te, pour joindre les deux bouts. Pour des raisons obscures, il fut surtout lou\u00e9 par des gens improbables, genre famille en habitat collectif Lettons\/Ouzbeks, gastronome isra\u00e9lien postadolescent, humanitaire iranien du Tchad.<\/p>\n<p><em>(histoire sans image)<\/em><\/p>\n<p>\u00abI\u2019ll shoot you\u00bb, avait dit Artemis. Je crains les augures. Dans le pass\u00e9 j\u2019ai crois\u00e9 un Gabriel \u00e0 mine d\u2019ange, mais qui n\u2019annon\u00e7ait que la r\u00e9surrection de soucis amoureux (pas avec lui, d\u2019ailleurs. Il fut furtif, comme son message). Accrocher Artemis d\u2019un coup d\u2019\u0153il, d\u2019un trait : la s\u00e9duction est toujours trop belle pour \u00eatre vraie; elle est trompe l\u2019\u0153il, ironie du destin, fl\u00e8che du Parthe; du d\u00e9sir, nous sommes les cocus, nous portons ses cornes tels Act\u00e9on. D\u2019ailleurs, Artemis s\u2019\u00e9tait couch\u00e9 avec un empressement chypriote (ou si l\u2019on veut une camaraderie mancunienne); mais il se leva et disparut de ma vie avec une froideur britannique.<\/p>\n<p>L\u2019horrible fut mon sang-froid, dans l\u2019\u00e9v\u00e8nement et dans les contre-mesures. Pas d&rsquo;urgence aux urgences, ni col\u00e8re, ni v\u00e9ritable angoisse. On se r\u00e9signe si facilement aux protocoles, puisqu\u2019ils nous sont connus d\u2019avance. Fatalisme ex post.<\/p>\n<p>Comme si, d&rsquo;un malheur \u00e0 l&rsquo;autre (tel deuil, tel flip v\u00e9n\u00e9rien) la peur s\u2019anesth\u00e9siait; comme si elle seule avait pu jusque l\u00e0 gendarmer mon comportement, et mena\u00e7ait de faire d\u00e9faut. L\u2019ab\u00eeme serait devant moi, b\u00e9ant: dans ce refus que le recul, que la retenue  s\u2019insinuent dans le jeu de <em>mil e tre<\/em>; c\u2019est-\u00e0-dire, en consentant implicitement, par inertie, que l\u2019ench\u00e8re s\u2019augmente d\u2019elle-m\u00eame. Donjuanisme ex ante.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A1: Je retournai \u00e0 Szohod, chaque mois o\u00f9 presque, car c\u2019est l\u00e0 qu\u2019\u00e9tais mon amoureux. J\u2019ai le souvenir d\u2019immenses retards ferroviaires, de cong\u00e8res de comp\u00e9tition, de villes assi\u00e9g\u00e9es par la neige, travers\u00e9es \u00e0 t\u00e2tons, incolores, d\u00e9sertes, g\u00e9om\u00e9triques\u00a0: des esquisses d\u2019utopies modern style. Le souvenir n\u2019est pas distinct, comme je l\u2019\u00e9voque \u00e0 bord d\u2019un autre Thalys-tortillard, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[17,22,33,57,60,87,93,125,149,159,169,233,247,258,277],"class_list":["post-136","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-general","tag-alex-staps","tag-artemis","tag-boxingboy","tag-comitecentral","tag-crame","tag-facho-mignon","tag-festival-du-cinema-de-la-depression","tag-ivan-cul-rond","tag-lefaune","tag-lzmry","tag-matthieu-dc","tag-rob","tag-seb-h","tag-sophco","tag-toulouse"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/136","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=136"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/136\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=136"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=136"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.freedonia.fr\/blogWP\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=136"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}