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	<title> &#187; ENA</title>
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		<title>Dead end.</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jan 2012 21:26:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Adam]]></category>
		<category><![CDATA[ENA]]></category>
		<category><![CDATA[Kevin]]></category>

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		<description><![CDATA[Peut-être que cela me fera du bien de purger mes sentiments sombres ici. Ce blog a le mérite de n&#8217;être lu par personne, ou des amis dont l&#8217;amitié s&#8217;est faite suffisamment discrète et intermittente pour me foutre complétement la paix.
Vers la fin de l&#8217;année, j&#8217;ai ressenti un désarroi complet. La scolarité m&#8217;a semblé d&#8217;une absurdité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-être que cela me fera du bien de purger mes sentiments sombres ici. Ce blog a le mérite de n&#8217;être lu par personne, ou des amis dont l&#8217;amitié s&#8217;est faite suffisamment discrète et intermittente pour me foutre complétement la paix.</p>
<p>Vers la fin de l&#8217;année, j&#8217;ai ressenti un désarroi complet. La scolarité m&#8217;a semblé d&#8217;une absurdité écrasante, une sorte d&#8217;immense contrainte d&#8217;école primaire destinée à broyer notre originalité et notre volonté. La perspective de retourner à Strasbourg pour me soumettre à la mascarade de cours vides et d&#8217;examens surveillés de six heures m&#8217;est devenue réellement insupportable. J&#8217;exècre cette ville tellement froide et ennuyeuse qu&#8217;elle glace le cœur, je vomis la mentalité de petits flics de l&#8217;ENA qui en fait l&#8217;authentique parangon de l&#8217;enseignement français, je m&#8217;éteins de devoir patienter encore un an loin de la vie, même dans cette forme étouffée et languide de la vie qu&#8217;on appelle Paris. J&#8217;ai plus que jamais l&#8217;impression d&#8217;avoir passé tout l&#8217;âge adulte à retarder le vif du sujet, que je n&#8217;en suis encore qu&#8217;à la <em>couturière </em>de mon existence. Jamais de responsabilités, ce qui semble le lot commun de ma génération et tout particulièrement de ses <em>braves garçons</em> ; et toujours un agenda plein d&#8217;obligations de famille ou d&#8217;amitié, vaguement entrecoupées par les hoquets animaux de mon désir, de mon besoin d&#8217;être désiré. Une sorte de gigantesque exil loin de l&#8217;action, du réel, du neuf. L&#8217;impression que l&#8217;excellence dont chacun me barde (parents, amis, administration etc.) est une lamentable fiction de papier, une accumulation de diplômes inutiles et castrateurs, l&#8217;exponentielle du mensonge qu&#8217;on fait aux &#8220;jeunes de banlieue&#8221; en leur disant: «avec de belles études&#8230;» L&#8217;impression de n&#8217;avoir rien fait, ni pour les autres ni pour moi, rien de marquant, d&#8217;original, de grand. La certitude d&#8217;être petit.</p>
<p>Mes besoins sexuels se sont, sinon évanouis, du moins éteints. La plupart des types me semblent laids, ou pour le moins leur beauté occasionnelle me paraît une réalité indifférente, impropre à la consommation. Par habitude et besoin de chaleur, et par erreur il faut le dire, je suis allé au bordel (Lille en a de très bien, dans le genre). J&#8217;y ai croisé un garçon qui avait un beau visage et devait être aussi largué que moi. Il n&#8217;a pas dû comprendre ce que j&#8217;attendais de lui et je n&#8217;ai pas, moi, bien saisi ce qu&#8217;il disait. On se demandait sans cesse: «ça va?», et c&#8217;était loin de faire l&#8217;évidence. Il avait besoin de mon creux d&#8217;épaule, et réciproquement. Il a peut-être pensé que j&#8217;abusais de cette forme de fragilité et de tendresse qui sourdait de lui, pour arriver à mes fins, mais cela n&#8217;a pas été le cas parce que je n&#8217;en avais pas. Il s&#8217;appelait Kevin et venait de Wambrechies (et ceux qui pensent que c&#8217;est ridicule, sont des salauds ou des imbéciles).</p>
<p>Je me suis révolté contre ce Destin médiocre et laid, ce dieu mauvais, ce dieu sourd, toute cette solitude et cette absurdité. Un peu avant le Jour de l&#8217;an, j&#8217;ai discuté sur internet avec un type américain qui était, alors, à Paris. Je crois que j&#8217;ai été époustouflé par lui, par son assurance de jetsetter, par son sourire et sa jeunesse, par son succès, par la beauté qu&#8217;il a et qui est mon genre. Je me suis lancé là-dedans, en fracassant bien volontiers en pensée les cadres de mon existence actuelle &#8211; son enchaînement à Paris, à l&#8217;administration, à l&#8217;inertie qui m&#8217;empoisonne doucement. Rêver une vie à New York ou Los Angeles, former des hypothèses inédites et grisantes, accomplir les gestes de séduction les plus inouïs et les plus insensés, comme faire porter des fleurs à un inconnu; tout cela m&#8217;a plu, m&#8217;a aidé à passer l&#8217;année, m&#8217;a ouvert à titre temporaire quelques pistes. Ce type s&#8217;est payé de mots, à mes frais, lançant la machine de mes songes avec tout l&#8217;égoïsme que suppose et qu&#8217;implique la réussite, et l&#8217;arrêtant comme on met à jour son statut Twitter, ce qui est aussi une fin; sinon j&#8217;en serais toujours à bâtir un scénario de couple éternel outre-Atlantique.</p>
<p>Je suis assez las; en quoi, comme la boue à la chaussure, je colle à mon époque et à mon pays, qui sont bien sevrés d&#8217;espoir et d&#8217;élan.</p>
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