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	<title> &#187; Alex Nippon</title>
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		<title>Demi-vie moyenne (2013)</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Feb 2015 23:22:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[«Qu’est-ce que j’ai? se disait-il, le cœur lourd. Qui sait? c’est l’angoisse crépusculaire.» (Un Balcon en forêt)














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			<content:encoded><![CDATA[<p>«Qu’est-ce que j’ai? se disait-il, le cœur lourd. Qui sait? c’est l’<em>angoisse crépusculaire.</em>» <em>(Un Balcon en forêt)</em></p>
<p><img class=" alignnone" title="Crame disait, à raison, qu'il ne faut poser que les grandes questions." src="http://www.freedonia.fr/2013/01.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="J'avais pris mes fonctions à la direction du développement. Tout ici respirait la branchitude formidable, Paris-Paris et le bon goût – c'était comme prendre l'ascenseur dans une bulle de champagne. Les secrétaires chargées d'éditer ma carte de cantine bossaient en Zadig &amp; Voltaire." src="http://www.freedonia.fr/2013/02.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Paris cette saison-là enveloppait son mal-être et sa peur d'une langueur hopperienne. On ne semblait ne devoir jamais sortir des bistros, tant dehors il faisait froid, tant filtrait un air mauvais. Hiver éternel, ratonnades, grande dépression. Alors les sorties se faisaient en groupe et en chansons, dans des manifs qui tenaient de la méthode Coué: ça ira mieux demain, «on n'arrête pas le progrès».  Il n'y a pas que moi alors, à m'être senti seul au milieu de la foule." src="http://www.freedonia.fr/2013/03.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Je crains plus que tout les redites. Je hais les expressions toutes faites, les lieux communs (comme ce qu’on écrit au dos d’une carte de vacances). Si je couche avec autant de garçons, c’est que parfois encore je suis surpris dans la parade de séduction; que je découvre un nouveau détail, de la grâce, du saillant physique; ou m’offre une chance de m’introduire dans un nouvel appartement, d’emprunter une rue inconnue, peut-être de ressentir un désir ou une affliction inédits. Si la vie était assez longue, je visiterais tout Paris comme ça, et j’aurais vécu toutes les passions." src="http://www.freedonia.fr/2013/04.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Les mots, les mets, les nouvelles, les actes perdaient peu a peu leur capacité a me surprendre et donc a me plaire. Bientôt je ne voudrais plus vraiment manger de rien. Il faudrait que j’aille chaque fois dans un nouveau restaurant et que mon commensal commandât pour moi." src="http://www.freedonia.fr/2013/05.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Comme à Vienne, une bonne part des pédés de club de gym, des pédés «milieu», étaient de grands corps habités de cerveaux trop  petits. Immenses, forts, fertiles et monnayables comme des étalons de  remonte. Leurs dimensions, leur animalité séduisaient dans leur indifférence; ils avaient envers les autres l'ignorance,  la brutalité cruelle, la simplicité toute physique des enfants qui jouent avec un chat. Parfois pourtant, cachée sous les protéines et le lycra, il y avait une scène sans parole de surprise et de séduction tout droit sortie de Sodome et Gomorrhe." src="http://www.freedonia.fr/2013/06.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Dans sa belle province, Pascale contait avec entrain les potins du cru, les bévues du personnel de maison de nos jours, l'immensité de la tâche." src="http://www.freedonia.fr/2013/07.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="A elle le charisme! Elle confessait les aimer bien, quand même." src="http://www.freedonia.fr/2013/08.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="La peur, la timidité et le sans-prise-de-tête avaient viré au sauve-qui-peut la vie. Exil professionnel, défausse amoureuse, dépaysement amical, tous semblaient choisir l’apatridie existentielle face au défaut de sens. Se réincarnaient qui en amant errant, en VRP, en ami par Skype." src="http://www.freedonia.fr/2013/09.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Daniele disait: l’amour, ce n’est pas le même, à Paris ou à Göttingen." src="http://www.freedonia.fr/2013/10.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Et à peine voulu, Micaël battait sa retraite de Russie." src="http://www.freedonia.fr/2013/11.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="«Soigne-toi camarade!»" src="http://www.freedonia.fr/2013/12.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Cette fuite des poursuivants, cette poursuite des fuyards amoureux, me travaillait comme un bouton de fièvre, comme lui angoissée, intermittente, malpropre et excitable, brûlante comme le vice." src="http://www.freedonia.fr/2013/13.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="L'impression que ma vie intime est une ineptie ne me quittait que par moments. Comme un fantôme, j'avais recroisé David dans Soho – et les sentiments de honte, de médiocrité, d'inaptitude à aimer n'avaient pas cessé de me hanter depuis 2006." src="http://www.freedonia.fr/2013/14.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Nos vies ne trouvaient plus ni sens, ni goût, ni clarté que lorsqu'elles coïncidaient avec nos rêves. Comme dans Mulholland Drive, nous ne comprenions les images et les mots que de nos fantasmes, eux seuls n'appelaient pas d'élucidation." src="http://www.freedonia.fr/2013/15.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Les pensées sombrent proliféraient. «L’intimité suscite chez moi, en dernière analyse, la révulsion.» «A certains moments, j’ai l’impression d’être invisible. Du genre à ne pas déclencher l’ouverture de portes automatiques. Comme les anges de Wenders, la mission divine en moins.»" src="http://www.freedonia.fr/2013/16.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Mes amis m'extirpèrent de là, avec de la drôlerie et du ris de veau, tandis que BoxingBoy plongeait dans le blues icaunais." src="http://www.freedonia.fr/2013/17.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="«Il a une belle caudalie.»" src="http://www.freedonia.fr/2013/18.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="«On t'oublie pas.»" src="http://www.freedonia.fr/2013/21.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Le train du Midi traversait une fois encore pour moi le paysage côtier." src="http://www.freedonia.fr/2013/22.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Paysage parfois absurde, parfois absurde de beauté. L’oblitération de tout urbanisme, le mépris des gens et des sites, une prolifération de laideur, d’exploitation et de gâchis. Et les grands pins, les à-pic, le serpentement joueur de la voie ferrée, comme une folie qui débouche incessamment sur la Mer. Les sombres, les nobles avenues des châteaux de Bandol, de grosses fermes cachées dans des bouquets de cyprès. L’éclat de jouet des camions-citernes, des stations d’épuration, des serres maraîchères; le sérieux de Grand Canyon du massif des Maures. D’hideux ensembles de toutes les provençales couleurs du kitsch." src="http://www.freedonia.fr/2013/23.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="D’ailleurs, la Provence me paraît tourner le dos à la mer comme Paris à la Seine. Elle est cachée du haut de la Cité radieuse, du MuCEM, même dans l’époustouflant panorama urbain depuis le parvis de la gare Saint Charles." src="http://www.freedonia.fr/2013/24.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Et ailleurs: Mer en darse, mer à doses homéopathiques de village-vacances, mer à bétonner." src="http://www.freedonia.fr/2013/25.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Bonnard sur la Méditerranée: «Il faut hausser le ton»." src="http://www.freedonia.fr/2013/26.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="L’europride à Marseille, ou «le bazar du genre.»" src="http://www.freedonia.fr/2013/27.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="J’aime le moment de vide juste avant ou après une manif. La rue est offerte aux marcheurs. Il n’y a plus de bruit de moteurs. On respire. A Marseille, on entend alors la rivalité des cigales en pleine ville." src="http://www.freedonia.fr/2013/28.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="L’arrière-pays des concours de pétanque assise." src="http://www.freedonia.fr/2013/29.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Dans l’arrière-pays niçois, seules les citadelles ont conservé leur beauté a pic, leur escarpement étant inconstructible." src="http://www.freedonia.fr/2013/30.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Les vallées, la cote, le moindre faux-plat orographique ont été uniformément salopés par les promoteurs. Chaque époque d’après-guerre a eu sa laideur propre, concentrée ou dispersée tour a tour,  sa démesure (Marina), ses tropes hideux (les murs orange)." src="http://www.freedonia.fr/2013/31.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="J’aime seulement les villas fin-de-siècle au mystère patricien, et les résidence fifties pour leurs noms inscrits sur verre ou sur marbre, et qui parlent de retraite pensionnée et de rêve américain et m’évoquent Istamboul, qui a les mêmes: l’Atlantique, Lorraine, le Vincennes, l’Eros, Palais Ascot, le Maryland, le Milord, Trianon, la Vigie, Palais Cimiez-Park, le Régent." src="http://www.freedonia.fr/2013/32.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Venise : je ne me perdis pas. La place Saint-Marc n'a pas la proportion que j'avais gardée en tête. Elle est plus courte, et dans l'ensemble plus petite. C'est-à-dire que je ne voyais plus Venise avec mes yeux d'enfant. J'y avais vécu assez de choses diverses pour la voir comme elle est. Je notais alors: pour l'instant, de la joie, pas de plaisir mystique. C'était assez calme aussi, un lundi de l'arrière-saison. Il faisait très beau mais la masse des touristes n'était plus assez grande pour s'exciter d'elle-même. Pourtant, je ne revoyais point Venise comme l'adulte qui reviendrait au lieu de son enfance. Nulle nostalgie. Encore qu'au palais Grassi, on fût bluffé par le tapissage persan, freudien de l'intérieur, le divan-palais, l'internement d'office, le capitonnage que l'époque nous prescrit." src="http://www.freedonia.fr/2013/35.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="A Venise, une chose dont je ne suis pas blasé est l'apéro, même seul. Un accordéon joue lentement, les chats restent invisibles. Quelques taxiscaphes circulent, le visage anxieux. On mange vite, on ne reste pas. C'est un beau moment face à l'église, à la façade sertie de saints anciens. Un beau moment qui ne dure pas, mais auquel on revient sans s'annoncer, tant qu'il y a des stocks de cicchetti." src="http://www.freedonia.fr/2013/36.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Quand j'y repense, il y a dans tout l'enseignement de la littérature une veine de passion, de désir inassouvi, de refus du conformisme matrimonial et de rêverie amoureuse, sillonnée par les jeunes filles romantiques et les vieilles filles romantiques qui font les bataillons de profs de français. Littérature dangereuse à mettre sous les yeux des adolescents." src="http://www.freedonia.fr/2013/33.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Ce qui fait de saint Sébastien le saint pédé par excellence, ce n'est pas tant la nudité fréquente, ni l'instrument de son martyre, ni le bondage, mais ses genoux cagneux. Il est comme une petite fille punie, quoique culturiste." src="http://www.freedonia.fr/2013/37.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Surabondance des plaques écrites, à Venise comme à Paris, dédicatoires, réglementaires, commémoratives, plaques d'église et de sociétés, littéraires, de la police des marchés ou du syndic des copropriétaires. Villes ensevelies sous les mots, morts dictant leurs volontés aux vivants. Cimetières hébraïques qui sont de gigantesques testaments de pierre, inscrits jusques en marge." src="http://www.freedonia.fr/2013/38.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="C. Sainte-Marguerite, intervalles de lumières et de paroles. J'adore quand les garçons italiens se concentrent sur leur telefonino, ce qui est souvent. Soudain ces jeunes arrogants, les militaires rustres, les boutiquiers madrés, les étudiants gourmés s'arrondissent, s'absorbent, s'adoucissent, comme de petits garçons le dimanche à la prière, redeviennent sages." src="http://www.freedonia.fr/2013/34.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Le thème du Palais encyclopédique saisissait, une fois de plus, l'air du temps. Une vaste récapitulation in memoriam, la taxinomie de la faillite de l'Occident. Buckminster Fuller en majesté. Du meilleur – annuaires de grands hommes ou critique mordante de la photo ethnographique – au pire, mégalo et absurde. Avec le retour du métaphysique, là aussi, entre l'honnêteté de l'art brut et l'escroquerie grandiose ou vile." src="http://www.freedonia.fr/2013/39.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Meanwhile, le Sud n'en avait rigoureusement rien à foutre. En 2009 ou 2011, il partageait encore l'introspection, le retour sur soi du capitalisme en capilotade; là, le Tiers Monde se marrait." src="http://www.freedonia.fr/2013/40.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Alex Nippon notait, à juste titre, que le jeu de séduction est pour moi comme pour lui la roulette. Obsédant, quitte ou double, présent total, œuvre sérieuse, abolition de la mort. Il faudrait me faire interdire de drague comme d'autres de casino." src="http://www.freedonia.fr/2013/41.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Et pour l'anniversaire de Thérèse, nous avions parcouru la Normandie (comprendre, le département de la Manche) à quatre; un séjour projeté de longtemps, à l'andouillerie du pont de La Baleine et autres «petits pays» grandis aux proportions mythiques de leurs toponyme. «Nom de pays, le nom» défilait sur le GPS: Caumont-l'Eventé, Saint-Martin-des-Besaces, Marcey-les-Grèves, Crévecoeur-en-Auge." src="http://www.freedonia.fr/2013/42.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Parce que «c'est trop dur», ma grand-mère faisait comme si mon grand-père avait toujours été vivant, le reconnaissant dans un autre locataire de la maison de retraite, disant qu'il allait bien «à part le mental». Dialectique, il ne venait jamais à notre table, ce qui la préoccupait puis la fâchait carrémement. «Ca fait trop mal» disait-elle quand on la ramenait au fait, c'est-à-dire à la mort." src="http://www.freedonia.fr/2013/43.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Et en Sologne, dans la maison de Fillette, «forêt, forêt de haute futaie». Chaleur abrasive de l'amitié." src="http://www.freedonia.fr/2013/44.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
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		<title>Go East</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Apr 2011 16:04:54 +0000</pubDate>
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A1: Juste après, j&#8217;ai eu le concours, finalement. Mais loin d&#8217;exulter, j&#8217;ai juste ressenti de l&#8217;incrédulité, tant j&#8217;étais persuadé de l&#8217;avoir à nouveau raté. Je n&#8217;ai, alors et maintenant, pas éprouvé de joie, mais un lâche soulagement.
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A3: Le souvenir de notre conversation, déjà, s&#8217;estompe. On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone" title="Juste après, j'ai eu le concours, finalement. Mais loin d'exulter, j'ai juste ressenti de l'incrédulité, tant j'étais persuadé de l'avoir à nouveau raté. Je n'ai, alors et maintenant, pas éprouvé de joie, mais un lâche soulagement. " src="http://www.freedonia.fr/201103/01.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Dans le succès comme jadis dans l'échec, mes amis m'accompagnèrent. " src="http://www.freedonia.fr/201103/02.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Le souvenir de notre conversation, déjà, s'estompe. On faisait un résumé des épisodes précédents («en votre absence...»), NippleLoki expliquait la précarité des enseignants." src="../../201103/03.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="Bien sûr, on vous rappelle tout de suite, quoique entre les lignes, que la réussite au concours n'est qu'une illusion d'optique. Derrière l'exaltation républicaine et l'éphémère coup de fouet pour la confiance en soi, on sent très vite que le plus dur ne fait que commencer." src="../../201103/07.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Emmanuel de Ngroung, guide assermenté du Vieux-Paris, m'avait baladé depuis les bétons encore frais de la ZAC Rive Gauche, via les restos louches du Chinatown et les splendeurs seventies du 13e, jusqu'aux recoins charmants et Art Déco de Montsouris. Il connaissait chaque rue,  pas encore chaque immeuble." src="http://www.freedonia.fr/201103/08.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Il y aurait donc, à l'est, du nouveau. Du nouveau tous les trois mois. Il me fallut prendre mon souffle, avant deux ans de pingpong géographique." src="http://www.freedonia.fr/201103/09.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="Au Nouvel An, on avait pris du champ dans la gentilhommière de BoxingBoy. Elle était vaste et à moitié à l'abandon, luxueuse ici et décatie là, un peu hantée, comme un revers de fortune." src="../../201103/10.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Pendant que Maaxxx surveillait la situation sur le front de la e-drague ycaunaise, on cuisinait un cassoulet. C'était doux et rassurant comme de lancer un feu dans l'âtre." src="../../201103/11.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Les Nippon étaient débarqués tard avec le vin et l'air de Paris." src="../../201103/12.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="En 2011, dans un dîner d'adieux à Paris, on criait plus fort que la table d'à côté, on mangeait des cochonnailles." src="../../201103/13.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="SophCo prédisait sans cesse la retraite en bon ordre de son amourette, et sans cesse il semblait qu'elle dût se prolonger encore." src="../../201103/14.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Matthieu DC jouait les consultants en look pour François B2. «Tu laisses mon mec et ses nœuds de cravate tranquilles!»" src="../../201103/15.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
<p><img title="Comme Budapest, Vienne flotte dans un costume trop grand pour elle. Avec l'hiver (Budapest aussi, je l'avais visitée par grand froid), elle est par districts entiers comme désertée. Différence, dans mon souvenir Budapest est uniformément de la couleur dont se patinent les pierres et ne frappe que par la démesure des étages et des boulevards, alors que Vienne parvient avec la même bouffissure à charmer l'œil, peinte en cent nuances pastel improbables." src="../../201103/34.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Vienne, nid d'espion où les avenues sont surtout solitaires, comme un décor de film noir à la remise.  On se croirait dans Le Troisième Homme: la nuit tombée, le glas des églises angoisse comme un pressentiment, et qui dans le noir rompt de son pas le silence, effraie. On se hâte sur les pavés gluants de neige fondue. Du haut d'appartements gigantesques et lointains, on a soulevé le coin d'un rideau pour observer." src="../../201103/35.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Et vraiment, Vienne engloutit d'abord comme un Tanger continental, connecte en interzone louche, fait un repère pour les proscrits, les aigrefins et les taupes. Comme dans un roman de Pierre-Jean Rémy, les rues de Vienne cachent de curieuses vieilles boutiques de livres anciens, qui sont peut-être aussi une façade pour d'autres trafics. Ces antiquariats poussiéreux, encombrés, leurs couloirs plein à ras bord de grimoires, semblent perpétuellement fermés. Ils affichent les horaires d'ouverture bornés et tout théoriques d'une église romaine." src="../../201103/30.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="Elle me semblait loin, l'utopie sociale-démocrate évoquée par Farkas, même quand je longeais en rentrant chez moi le square éponyme et les innombrables HLM municipales." src="../../201103/36.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Toute une sociabilité de café se révélait, mitteleuropéenne par excellence. Les cafés se faisaient tantôt salons de thé pour dames de patronage gourmandes, tantôt foyers de la lassitude lounge, pour la jeunesse des dimanches affalée sur les banquettes, se remontant à coup de mélanges. Vienne hésitait sans cesse entre petit Berlin et gros Wiesbaden." src="../../201103/29.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Car il y a, derrière la meringue immuable à la Sissi Impératrice, une autre ville, une capitale, certes  provinciale, mais jeune, sympathique, vivante et décontractée." src="../../201103/28.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="La ville, prisonnière de son passé, ou simplement plus chanceuse que Paris, a conservé l'art de l'enseigne." src="../../201103/31.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Il faudra d'ailleurs, mais une autre fois, détailler par le menu les cafés viennois." src="../../201103/32.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Ce n'est pas la ville de Freud pour rien. Il y a de la folie chez ces gens. Parfois, je me suis dit qu'ils sont frappés de crétinisme consanguin, alpin, et parfois j'y vois une neurasthénie fin-de-siècle qui les épuise de culture et de refoulement, un terrain fertile pour tous les fétichismes." src="../../201103/33.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="«Les voyages ont ceci de merveilleux qu'ils vous font rencontrer des lieux inconnus qu'aussitôt vous fuyez plein d'effroi». (Elfriede Jelinek, Lust)" src="../../201103/04.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Les mecs viennois. Puissants, racés, fiers mais bêtes, prêts à la saillie et au petit trot, ils semblent des chevaux de course au rencard, destinés à la réforme: toute cette belle énergie, ces beaux muscles tendus vers rien. On dirait des atlantes au chômage, qui pourraient tout faire : habitué SS du One-Two-Two, diabolique entrepreneur jeune premier chez «Derrick», champion de ski carnassier, patriarche à Wolfsegg. Ils sont les rois du monde." src="../../201103/05.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Alternativement, de gentilles gens de province, des HSH quadragénaires, hétéros dans la vie, un peu ploucs, solidement bâtis, têtes de chou, francs comme le pain et bons comme la messe du dimanche, comme une grasse matinée ; beaucoup d'ironie à leurs propres dépens, qui les rend un peu excentriques. Red Bull versus Bœufs roux." src="../../201103/06.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
<p><img title="Le Machin hébergé par «Le Bidule»..." src="../../201103/16.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="...pour voir d'un peu plus près la Carrière à laquelle je m'étais, une fois ou une autre, destiné." src="../../201103/17.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Parfois il me semblait que, dans le concert d'oriflammes hivernal sur la piazza, le drapeau de Saint-Christophe-et-Niévès battait au vent plus fort que les autres." src="../../201103/18.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="Le doute affleurait." src="../../201103/19.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Doute sur mon avenir professionnel, sur l'absence de choix qu'avait été une vie toute de devoir, doute presque métaphysique. «''J'étais capable par moments, sans avoir à faire le moindre effort, de voir au travers de la création qui n'était d'ailleurs elle-même qu'un formidable épuisement. 'Par moments', dis-je'.'» (Thomas Bernard, Perturbation)" src="../../201103/20.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Et à Bruxelles aussi, dans le décor de plastique et d'amiante pour moi si beau des bureaucraties FrItaLux, je ne savais plus bien de quoi demain serait fait, ou devrait l'être." src="../../201103/21.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
<p>A1: Juste après, j&#8217;ai eu le concours, finalement. Mais loin d&#8217;exulter, j&#8217;ai juste ressenti de l&#8217;incrédulité, tant j&#8217;étais persuadé de l&#8217;avoir à nouveau raté. Je n&#8217;ai, alors et maintenant, pas éprouvé de joie, mais un lâche soulagement.<br />
A2: Dans le succès comme jadis dans l&#8217;échec, mes amis m&#8217;accompagnèrent.<br />
A3: Le souvenir de notre conversation, déjà, s&#8217;estompe. On faisait un résumé des épisodes précédents («en votre absence&#8230;»), NippleLoki expliquait la précarité des enseignants.<br />
B1: Bien sûr, on vous rappelle tout de suite, quoique entre les lignes, que la réussite au concours n&#8217;est qu&#8217;une illusion d&#8217;optique. Derrière l&#8217;exaltation républicaine et l&#8217;éphémère coup de fouet pour la confiance en soi, on sent très vite que le plus dur ne fait que commencer.<br />
B2: Emmanuel de Ngroung, guide assermenté du Vieux-Paris, m&#8217;avait baladé depuis les bétons encore frais de la ZAC Rive Gauche, via les restos louches du Chinatown et les splendeurs seventies du 13e, jusqu&#8217;aux recoins charmants et Art Déco de Montsouris. Il connaissait chaque rue,  pas encore chaque immeuble.<br />
B3: Il y aurait donc, à l&#8217;est, du nouveau. Du nouveau tous les trois mois. Il me fallut prendre mon souffle, avant deux ans de pingpong géographique.<br />
C1: Au Nouvel An, on avait pris du champ dans la gentilhommière de BoxingBoy. Elle était vaste et à moitié à l&#8217;abandon, luxueuse ici et décatie là, un peu hantée, comme un revers de fortune.<br />
C2: Pendant que Maaxxx surveillait la situation sur le front de la e-drague ycaunaise, on cuisinait un cassoulet. C&#8217;était doux et rassurant comme de lancer un feu dans l&#8217;âtre.<br />
C3: Les Nippon étaient débarqués tard avec le vin et l&#8217;air de Paris.<br />
D1: En 2011, dans un dîner d&#8217;adieux à Paris, on criait plus fort que la table d&#8217;à côté, on mangeait des cochonnailles.<br />
D2: SophCo prédisait sans cesse la retraite en bon ordre de son amourette, et sans cesse il semblait qu&#8217;elle dût se prolonger encore.<br />
D3: Matthieu DC jouait les consultants en look pour François B2. «Tu laisses mon mec et ses nœuds de cravate tranquilles!»<br />
E1: Comme Budapest, Vienne flotte dans un costume trop grand pour elle. Avec l&#8217;hiver (Budapest aussi, je l&#8217;avais visitée par grand froid), elle est par districts entiers comme désertée. Différence, dans mon souvenir Budapest est uniformément de la couleur dont se patinent les pierres et ne frappe que par la démesure des étages et des boulevards, alors que Vienne parvient avec la même bouffissure à charmer l&#8217;œil, peinte en cent nuances pastel improbables.</p>
<p>E2: Vienne, nid d&#8217;espion où les avenues sont surtout solitaires, comme un décor de film noir à la remise.  On se croirait dans <em>Le Troisième Homme</em>: la nuit tombée, le glas des églises angoisse comme un pressentiment, et qui dans le noir rompt de son pas le silence, effraie. On se hâte sur les pavés gluants de neige fondue. Du haut d&#8217;appartements gigantesques et lointains, on a soulevé le coin d&#8217;un rideau pour observer.<br />
E3 : Et vraiment, Vienne engloutit d&#8217;abord comme un Tanger continental, connecte en interzone louche, fait un repère pour les proscrits, les aigrefins et les taupes. Comme dans un roman de Pierre-Jean Rémy, les rues de Vienne cachent de curieuses vieilles boutiques de livres anciens, qui sont peut-être aussi une façade pour d&#8217;autres trafics. Ces antiquariats poussiéreux, encombrés, leurs couloirs plein à ras bord de grimoires, semblent perpétuellement fermés. Ils affichent les horaires d&#8217;ouverture bornés et tout théoriques d&#8217;une église romaine.<br />
F1: Elle me semblait loin, l&#8217;utopie sociale-démocrate évoquée par Farkas, même quand je longeais en rentrant chez moi le square éponyme et les innombrables HLM municipales.<br />
F2: Toute une sociabilité de café se révélait, mitteleuropéenne par excellence. Les cafés se faisaient tantôt salons de thé pour dames de patronage gourmandes, tantôt foyers de la lassitude lounge, pour la jeunesse des dimanches affalée sur les banquettes, se remontant à coup de mélanges. Vienne hésitait sans cesse entre petit Berlin et gros Wiesbaden.<br />
F3: Car il y a, derrière la meringue immuable à la Sissi Impératrice, une autre ville, une capitale, certes  provinciale, mais jeune, sympathique, vivante et décontractée.<br />
G1: La ville, prisonnière de son passé, ou simplement plus chanceuse que Paris, a conservé l&#8217;art de l&#8217;enseigne.<br />
G2: Il faudra d&#8217;ailleurs, mais une autre fois, détailler par le menu les cafés viennois.<br />
G3: Ce n&#8217;est pas la ville de Freud pour rien. Il y a de la folie chez ces gens. Parfois, je me suis dit qu&#8217;ils sont frappés de crétinisme consanguin, alpin, et parfois j&#8217;y vois une neurasthénie fin-de-siècle qui les épuise de culture et de refoulement, un terrain fertile pour tous les fétichismes.<br />
H1: «Les voyages ont ceci de merveilleux qu&#8217;ils vous font rencontrer des lieux inconnus qu&#8217;aussitôt vous fuyez plein d&#8217;effroi». (Elfriede Jelinek, <em>Lust</em>)<br />
H2: Les mecs viennois. Puissants, racés, fiers mais bêtes, prêts à la saillie et au petit trot, ils semblent des chevaux de course au rencard, destinés à la réforme: toute cette belle énergie, ces beaux muscles tendus vers rien. On dirait des atlantes au chômage, qui pourraient tout faire : habitué SS du One-Two-Two, diabolique entrepreneur jeune premier chez «Derrick», champion de ski carnassier, patriarche à Wolfsegg. Ils sont les rois du monde.<br />
H3: Alternativement, de gentilles gens de province, des HSH quadragénaires, hétéros dans la vie, un peu ploucs, solidement bâtis, têtes de chou, francs comme le pain et bons comme la messe du dimanche, comme une grasse matinée ; beaucoup d&#8217;ironie à leurs propres dépens, qui les rend un peu excentriques. Red Bull versus Bœufs roux.</p>
<p>I1: Le Machin hébergé par «Le Bidule»&#8230;<br />
I2: &#8230; pour voir d&#8217;un peu plus près la Carrière à laquelle je m&#8217;étais, une fois ou une autre, destiné.<br />
I3: Parfois il me semblait que, dans le concert d&#8217;oriflammes hivernal sur la piazza, le drapeau de Saint-Christophe-et-Niévès battait au vent plus fort que les autres.<br />
J1: Le doute affleurait.<br />
J2: Doute sur mon avenir professionnel, sur l&#8217;absence de choix qu&#8217;avait été une vie toute de devoir, doute presque métaphysique. «&#8221;J&#8217;étais capable par moments, sans avoir à faire le moindre effort, de voir au travers de la création qui n&#8217;était d&#8217;ailleurs elle-même qu&#8217;un formidable épuisement. &#8216;Par moments&#8217;, dis-je&#8217;.'» (Thomas Bernard, <em>Perturbation</em>)<br />
J3: Et à Bruxelles aussi, dans le décor de plastique et d&#8217;amiante pour moi si beau des bureaucraties FrItaLux, je ne savais plus bien de quoi demain serait fait, ou devrait l&#8217;être.</p>
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		<title>Les boums et les bangs</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Dec 2010 09:17:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les douze travaux avaient tout de même pris fin. J&#8217;avais retrouvé la vie civile, aussi vite que le métro regagnait la ville. Institut du sport, Morgue, Austerlitz, Museum: là où le bien public prend doucement la poussière, où le soleil filtre parmi les verrières décaties. Puis Hammam, pour évaporer mon stress.






A1: Après l&#8217;épreuve de sport, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les douze travaux avaient tout de même pris fin. J&#8217;avais retrouvé la vie civile, aussi vite que le métro regagnait la ville. Institut du sport, Morgue, Austerlitz, Museum: là où le bien public prend doucement la poussière, où le soleil filtre parmi les verrières décaties. Puis Hammam, pour évaporer mon stress.</p>
<p><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/01.jpg" title="Après l'épreuve de sport, j'avais pu arrêter la sobriété et reprendre une vie sociale." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/02.jpg" title="Maaxxx fêtait une promotion à coups de champagne et de petits fours du Bon Marché, son épicerie de proximité." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/03.jpg" title="«Est-ce qu'il se rend compte qu'il a un truc hyper-séduisant?»" class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/04.jpg" title="Au début, l'inquiétude était telle que j'en perdis le sommeil. Chaque nuit, je repassais le grand oral, soupesant la faiblesse de mes réponses, supputant la sévérité des sphinges du jury." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/05.jpg" title="Département SARL tardait à me trouver un nouveau job d'attente ou de rechange. Dans Paris, je promenais mon entre-deux administratif." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/06.jpg" title="Fin novembre, je me remis à dormir. Dans un cauchemar d'anticipation, j'ouvrais un .pdf d'échec sur le site de l'École." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/07.jpg" title="Les bureaux d'Alex Nippon rutilaient de linoleum et d'amiante." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/08.jpg" title="Popeck, Lully, Basquiat, Larry Clark, Kertész, Miroslav Tichy, collection De Mol van Otterloo. «On se retrouve aux Souffleurs?»" class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/09.jpg" title="A Drouot, un lot de chapeaux avait été emporté, à notre nez et notre barbe, par un SAPEur superbement accoutré comme un potentat équatorial." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/10.jpg" title="«Une perquisition mexicaine? Non..., y'a pas de ça chez nous.» Les condés continuaient de naviguer, d'un instant à l'autre, entre professionnalisme et gros doigts." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/11.jpg" title="A La Hague, vivante et calme, je revis enfin Rob." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/12.jpg" title="Tandis que l'affection culminait, la distance redoublée du manque d'argent créaient un grand écart." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/14.jpg" title="Et après trois martini-dry, on s'exclamait: «C'est qui? on l'a jamais vu!? il est hyper mignon!» Pendant ce temps là, Morgie essayait les bonnets phrygiens oversize." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/13.jpg" title="Dans les Puces, devant Demy, devant un demi, Matthieu DC récriminait contre les rigueurs aveugles de l'amour et râlait sur son nouveau gagne-pain. Pendant ce temps-là, ShiningRubis ripolinait le showroom de ses rêves." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/15.jpg" title="Avec la déprime, Kyle jouait les popes et guignait les faveurs de vieilles dévotes orthodoxes." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/16.jpg" title="Avec Fillette aux présences écliptiques, Pheel généreux en guimauves, et NippleLoki ressuscité d'entre les Yankees, on suivit le parcours en gidouille de la manif contre le sida. Die-in dans la neige." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/17.jpg" title="A Bruxelles, en famille, «Gays et envoisiez et chantans». LzMry avait lâché le Coca Light et, peut-être, les migraines, mais non point le grain de folie." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/18.jpg" title="Chez Département SARL, j'étais passé en 7 ans du bureau 420 au bureau 421, chiffre aléatoire qui résumait bien la situation. Plus que quelques heures et tout, ou presque, serait joué. J'avais fait ce que j'avais compté faire, pas de regrets à concevoir; rien ne va plus." class="alignnone" width="250" height="250" /></p>
<p>A1: Après l&#8217;épreuve de sport, j&#8217;avais pu arrêter la sobriété et reprendre une vie sociale.<br />
A2: Maaxxx fêtait une promotion à coups de champagne et de petits fours du Bon Marché, son épicerie de proximité.<br />
A3: «Est-ce qu&#8217;il se rend compte qu&#8217;il a un truc hyper-séduisant?»<br />
B1: Au début, l&#8217;inquiétude était telle que j&#8217;en perdis le sommeil. Chaque nuit, je repassais le grand oral, soupesant la faiblesse de mes réponses, supputant la sévérité des sphinges du jury.<br />
B2: Département SARL tardait à me trouver un nouveau job d&#8217;attente ou de rechange. Dans Paris, je promenais mon entre-deux administratif.<br />
B3: Fin novembre, je me remis à dormir. Dans un cauchemar d&#8217;anticipation, j&#8217;ouvrais un .pdf d&#8217;échec sur le site de l&#8217;École.<br />
C1: Les bureaux d&#8217;Alex Nippon rutilaient de linoleum et d&#8217;amiante.<br />
C2: Popeck, Lully, Basquiat, Larry Clark, Kertész, Miroslav Tichy, collection De Mol van Otterloo. «On se retrouve aux Souffleurs?»<br />
C3: A Drouot, un lot de chapeaux avait été emporté, à notre nez et notre barbe, par un SAPEur superbement accoutré comme un potentat équatorial.<br />
D1: «Une perquisition mexicaine? Non&#8230;, y&#8217;a pas de ça chez nous.» Les condés continuaient de naviguer, d&#8217;un instant à l&#8217;autre, entre professionnalisme et gros doigts.<br />
D2: A La Hague, vivante et calme, je revis enfin Rob.<br />
D3: Tandis que l&#8217;affection culminait, la distance redoublée du manque d&#8217;argent créaient un grand écart.<br />
E1: Après trois martini-dry, on s&#8217;exclamait: «C&#8217;est qui? on l&#8217;a jamais vu!? il est hyper mignon!» Pendant ce temps là, Morgie essayait les bonnets phrygiens oversize.<br />
E2: Dans les Puces, devant Demy, devant un demi, Matthieu DC récriminait contre les rigueurs aveugles de l&#8217;amour et râlait sur son nouveau gagne-pain. Pendant ce temps-là, ShiningRubis ripolinait le showroom de ses rêves.<br />
E3: Avec la déprime, Kyle jouait les popes et guignait les faveurs de vieilles dévotes orthodoxes.<br />
F1: Avec Fillette aux présences écliptiques, Pheel généreux en guimauves, et NippleLoki ressuscité d&#8217;entre les Yankees, on suivit le parcours en gidouille de la manif contre le sida. Die-in dans la neige.<br />
F2: A Bruxelles, en famille, «Gays et envoisiez et chantans». LzMry avait lâché le Coca Light et, peut-être, les migraines, mais non point le grain de folie.<br />
F3: Chez Département SARL, j&#8217;étais passé en 7 ans du bureau 420 au bureau 421, chiffre aléatoire qui résumait bien la situation. Plus que quelques heures et tout, ou presque, serait joué. J&#8217;avais fait ce que j&#8217;avais compté faire, pas de regrets à concevoir; rien ne va plus.</p>
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		<title>«Garde-nous simples et gais.»</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Nov 2010 19:06:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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A1: L&#8217;été venu, Mme Gujarat décida d&#8217;arrêter son restaurant, après 10 ans de trime.  Elle souriait: elle allait pouvoir enfin voir son fils le soir, et profiter de la vie.
A2: Pour un jour seulement, avec Giray, on pouvait se rouler dans les augustes fossés, au bout de la Brie. Averse en soirée, ne pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/01.jpg" title="L'été venu, Mme Gujarat décida d'arrêter son restaurant, après 10 ans de trime. Elle souriait: elle allait pouvoir enfin voir son fils le soir, et profiter de la vie." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/02.jpg" title="Pour un jour seulement, avec Giray, on pouvait se rouler dans les augustes fossés, au bout de la Brie. Averse en soirée, ne pas compter sur les breaks normands pour prendre en stop deux gendres idéaux, mais turcs." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/03.jpg" title="Avec SophCo et Rob, j'avais pris des vacances tarnaises, comme un intermède. C'est le vieux pays de collines et de canicule, de virages et de pâtures, de villégiatures anglaises et de festivals, de crise laitière et de bons hommes." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/04.jpg" title="Puis je me claquemurai dans la banlieue." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/05.jpg" title="Au Monoprix, je croisais les fantômes de camarades de collège. Comme naguère, je fendais la banlieue à vélo; cette fois casqué comme un champignon de Paris." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/06.jpg" title="La nuit, la maison craquait de bruits étranges, je cauchemardais l'intrusion de voleurs. De jour, une voiture empruntait parfois l'avenue." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/07.jpg" title="Arrosage, lessives, piscine, journal! Routines et fuites de mes révisions." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/08.jpg" title="Le lundi, droit, rouge. Le mardi, économie, jaune. Le mercredi..." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/09.jpg" title="L'occasion était belle aussi de sillonner les ruelles de Sèvres et Saint-Cloud. Les maisons de rapport étaient devenues des pavillons bourgeois fermés pour l'été, l'usine: un Club Med Gym, le train de banlieue: un tram automatique aux gares à l'abandon. Seul persévérait, tutélaire, lisse, mais louche, le siège social de Dassault." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/10.jpg" title="Le mariage de Piwaï avait était le temporaire dénouement, heureux et classe, d'une longue telenovella." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/11.jpg" title="A la gay pride comme à Breteuil, Pif récriminait contre son travail, la vie, les gens, mais n'en continuait pas moins de pédaler." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/12.jpg" title="Et à Toulouse, summerkisses." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/13.jpg" title="En 2010, on réunit pour les trier les «mandarins de la société bourgeoise» dans un sous-sol de la Défense. Comme un grand parking à élites de la Nation." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/14.jpg" title="Sous la surveillance impitoyable d'un ancien adjudant / imitateur de Chaban-Delmas, ils composent 25 heures." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/15.jpg" title="Avec ou sans eux, «L'Etat peut-il disparaître?»" class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/16.jpg" title="«Et vous tous! à la file ou confondus en bande / Ou seuls, vision si nette des jours passés, / Passions du présent, futur qui croît et bande / Chéris sans nombre qui n'êtes jamais assez!»" class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/17.jpg" title="Assez vite, les révisions avaient repris. Foin de solitude banlieusarde, il s'agissait de garder la tête froide et toute une en plein Paris, à proximité immédiate de l'internet." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/18.jpg" title="Emmanuel de Ngroung me menait à pied et nuitamment jusqu'à Sartrouville, et retour. Nippon laissait sa carte, en cas de garde à vue." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/19.jpg" title="Ç'avait été un beau septembre et un plus bel octobre manifestants. Mes parents ne rataient pas une marche; ComitéCentral venait looké; on croisait de la famille, des amis. On se demandait: est-on moins cette fois-ci?; on se rassurait: tu as vu comme on est serrés; on communiait à ce plaisir sans parallèle, une foule qui se reconnaît comme le peuple. " class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/20.jpg" title="Je fis un petit plaisir à Braouezec en le reconnaissant et succombai au people-spotting au carré VIP du PS. (il a pris du cul Benoît Hamon, non?)" class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/21.jpg" title="«Embauchez des jeunes et libérez les vieux!»" class="alignnone" width="250" height="250" /></p>
<p>A1: L&#8217;été venu, Mme Gujarat décida d&#8217;arrêter son restaurant, après 10 ans de trime.  Elle souriait: elle allait pouvoir enfin voir son fils le soir, et profiter de la vie.<br />
A2: Pour un jour seulement, avec Giray, on pouvait se rouler dans les augustes fossés, au bout de la Brie. Averse en soirée, ne pas compter sur les breaks normands pour prendre en stop deux gendres idéaux, mais turcs.<br />
A3: Avec SophCo et Rob, j&#8217;avais pris des vacances tarnaises, comme un intermède. C&#8217;est le vieux pays de collines et de canicule, de virages et de pâtures, de villégiatures anglaises et de festivals, de crise laitière et de bons hommes.<br />
B1: Puis je me claquemurai dans la banlieue.<br />
B2: Au Monoprix, je croisais les fantômes de camarades de collège. Comme naguère, je fendais la banlieue à vélo; cette fois casqué comme un champignon de Paris.<br />
B3: La nuit, la maison craquait de bruits étranges, je cauchemardais l&#8217;intrusion de voleurs. De jour, une voiture empruntait parfois l&#8217;avenue.<br />
C1: Arrosage, lessives, piscine, journal! Routines et fuites de mes révisions.<br />
C2: Le lundi, droit, rouge. Le mardi, économie, jaune. Le mercredi&#8230;<br />
C3: L&#8217;occasion était belle aussi de sillonner les ruelles de Sèvres et Saint-Cloud. Les maisons de rapport étaient devenues des pavillons bourgeois fermés pour l&#8217;été, l&#8217;usine: un Club Med Gym, le train de banlieue: un tram automatique aux gares à l&#8217;abandon. Seul persévérait, tutélaire, lisse, mais louche, le siège social de Dassault.<br />
D1: Le mariage de Piwaï avait était le temporaire dénouement, heureux et classe, d&#8217;une longue telenovella.<br />
D2: A la gay pride comme à Breteuil, Pif récriminait contre son travail, la vie, les gens, mais n&#8217;en continuait pas moins de pédaler.<br />
D3: Et à Toulouse, summerkisses.<br />
E1: En 2010, on réunit pour les trier les «mandarins de la société bourgeoise» dans un sous-sol de la Défense. Comme un grand parking à élites de la Nation.<br />
E2: Sous la surveillance impitoyable d&#8217;un ancien adjudant / imitateur de Chaban-Delmas, ils composent 25 heures.<br />
E3: Avec ou sans eux, «L&#8217;Etat peut-il disparaître?»<br />
F1: «Et vous tous! à la file ou confondus en bande / Ou seuls, vision si nette des jours passés, / Passions du présent, futur qui croît et bande / Chéris sans nombre qui n&#8217;êtes jamais assez!»<br />
F2: Assez vite, les révisions avaient repris. Foin de solitude banlieusarde, il s&#8217;agissait de garder la tête froide et toute une en plein Paris, à proximité immédiate de l&#8217;internet.<br />
F3: Emmanuel de Ngroung me menait à pied et nuitamment jusqu&#8217;à Sartrouville, et retour. Nippon laissait sa carte, en cas de garde à vue.<br />
G1: Ç&#8217;avait été un beau septembre et un plus bel octobre manifestants. Mes parents ne rataient pas une marche; ComitéCentral venait looké; on croisait de la famille, des amis. On se demandait: est-on moins cette fois-ci?; on se rassurait: tu as vu comme on est serrés; on communiait à ce plaisir sans parallèle, une foule qui se reconnaît comme le peuple.<br />
G2: Je fis un petit plaisir à Braouezec en le reconnaissant et succombai au people-spotting au carré VIP du PS. (il a pris du cul Benoît Hamon, non?)<br />
G3: «Embauchez des jeunes et libérez les vieux!»</p>
<p>***</p>
<p>Je suis onomamnésique, peut-être une forme atténuée de prosopagnosie. Mon père est vers le stade 2 (de 5) de la syllogomanie. Ma mère est une mère juive, sauf qu&#8217;elle est goy. Ma sœur serait la plus équilibrée d&#8217;entre nous, n&#8217;était sa paranoïa critique.</p>
<p>***</p>
<p>Avec l&#8217;internet, nous nous enlisons dans des conversations de comptoir auxquelles on n&#8217;aurait prêté qu&#8217;une oreille dans un troquet <em>réel,</em> avant de se replonger dans nos propres pensées; dans l&#8217;ignoble du «j&#8217;n'en dis pas plus, on se comprend» des haines ressassées et tous-pourristes; dans une sorte de lie de la pensée politique approximative, pleine de raccourcis et de surnoms (Ségolène, Le Facteur, Sarko), grumelée d&#8217;équivalences douteuses et de points Godwin; dans une boue de pensée, héritière du courrier des lecteurs du <em>Figaro</em>: ce sont les <em>comments </em>sur les sites de presse et, en tendance, sur Facebook (dès lors qu&#8217;on «échange» avec des amis d&#8217;amis inconnus).</p>
<p>Plus obscène encore, internet nous livre les pensées des inconnus (et appelés à le rester) sur nous, il nous soumet aux désirs sadiques quoiqu&#8217;indécis des petits tortionnaires de harem virtuel. Libérés des bornes de la civilité ou de la simple prudence qu&#8217;impliquent le face-à-face, quiconque peut sur internet mentir, confier ses troubles fantasmes, faire miroiter, injurier, tout ramener à soi, mépriser, haïr copieusement, consommer autrui sans autrui: ce sont les tchattes de drague, quelque part entre l&#8217;hystérie et Torquemada.</p>
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		<title>La belle époque.</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Jan 2009 11:20:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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D&#8217;autres choses, des romances sans image, méritent d&#8217;être dites aussi. Le 30 décembre par exemple, je me suis promené avec Stéphane «Sac à mains» dans Paris, parlant de son nouvel amoureux («c&#8217;est du lourd!») et de mes échecs récents. Ce fut une journée de hauts et de bas, à traîner à la Galcante et chez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.freedonia.fr/200812/07.jpg" title="Dans un décembre laborieux, froid, solitaire, heureusement qu'il y avait Benjamin VDH. Il m'avait cuit des tostis et sorti dans R-dam." /><img src="http://www.freedonia.fr/200812/08.jpg" title="A Paris, comme tous les Noëls, on avait dîné de sushis chics avec mes parents. On reparlait de Kerviel, on rigolait bien de la politique." /><img src="http://www.freedonia.fr/200812/09.jpg" title="A un moment, j'ai eu le blues, l'ai partagé, et ai dit à ma sœur: «on a trente ans et pas de gamins, moi j'ai peur de finir seul»; Mon père répliquait par deux vannes: «pour la vieillesse, il n'y a que deux solutions: être très entouré ou être très riche» et «pourtant pour moi vous êtes plutôt un souci dans ma vieillesse.»" /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200812/10.jpg" title="Je squattais chez Mamy. Tout, de la tranquillité, des usages, du déroulement conforme et sans heurt du déjeuner, renvoyait à l'enfance." /><img src="http://www.freedonia.fr/200812/11.jpg" title="Même le retard habituel de SophCo était devenu sans gravité, vidé de son drame passé." /><img src="http://www.freedonia.fr/200812/12.jpg" title="Ce Noël amorti avait été interrompu par la coutume désarticulée du séjour à Toulouse." /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200812/13.jpg" title="Pourquoi, de cette douceur, ai-je noté sur le moment «Noël mou, familier, au confort trompeur et écœurant, presque vénéneux (à la manière des vieilles bonnes choses suries), comme un lit affaissé»?" /><img src="http://www.freedonia.fr/200812/14.jpg" title="A Toulouse donc, chaque pas était devenu difficile et compté: tâton dans la neige, parésie de l'âge, impasses du raisonnement." /><img src="http://www.freedonia.fr/200812/15.jpg" title="Dans le cul-de-sac de la vieillesse, les passions, le fond du caractère demeurent seuls, et à vif: plaisanterie du langage, intransigeance, peur d'être abandonné, tyrannie tranquille de paterfamilias." /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200812/16.jpg" title="De retour à Paris, nous avions partagé beaucoup de sake au fin fond du XVe, et puis squatté le loft germanopratin de la famille Boxing." /><img src="http://www.freedonia.fr/200812/17.jpg" title="Nippon narrait ses anecdotes poulaga, et BoxingBoy ses espoirs adolescents." /><img src="http://www.freedonia.fr/200812/18.jpg" title="Alex STAPS racontait pour l'Xième fois la vieille histoire du mouton dégueu à la moutarde." /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200812/19.jpg" title="Le réveillon chez les B2 avait été calme et volupté. BoxingBoy avait mis à contribution son expertise des petites pintades." /><img src="http://www.freedonia.fr/200812/20.jpg" title="Finkielkraut et un ami (l'inversion de la pensée unique)" /><img src="http://www.freedonia.fr/200812/21.jpg" title="On était rentré tôt chez soi, un à un, sauf moi qui avait écouté François et Nicolas m'expliquer dans la nuit comment ils s'étaient séduits. François roublard, Nicolas bille-en-tête, marrants tous les deux." /></p>
<p>D&#8217;autres choses, des romances sans image, méritent d&#8217;être dites aussi. Le 30 décembre par exemple, je me suis promené avec Stéphane «Sac à mains» dans Paris, parlant de son nouvel amoureux («c&#8217;est du lourd!») et de mes échecs récents. Ce fut une journée de hauts et de bas, à traîner à la Galcante et chez Delamain, à croiser par hasard Fred «le Lillois» (encore dans un sauna, dans le hasard il y a un message), mais aussi à essuyer un râteau imbécile à GymLouvre, lieu de déréliction et de laideur. Ou le 1er janvier, quand avec Thérèse nous avons gentiment parcouru bras dessus, bras dessous, Colombes poignardée, banlieusarde et vide comme une assedic un jour férié, avant d&#8217;aller voir «Il Divo» avec Emmanuel de Ngroung, puis les TBS en plein régime de Mendeleïev.</p>
<p>___</p>
<p>A1: Dans un décembre laborieux, froid, solitaire, heureusement qu&#8217;il y avait Benjamin VDH. Il m&#8217;avait cuit des tostis et sorti dans R-dam.<br />
A2: A Paris, comme tous les Noëls, on avait dîné de sushis chics avec mes parents. On reparlait de Kerviel, on rigolait bien de la politique.<br />
A3: A un moment, j&#8217;ai eu le blues, l&#8217;ai partagé, et ai dit à ma sœur: «on a trente ans et pas de gamins, moi j&#8217;ai peur de finir seul»; Mon père répliquait par deux vannes: «pour la vieillesse, il n&#8217;y a que deux solutions: être très entouré ou être très riche» et «pourtant pour moi vous êtes plutôt un souci dans ma vieillesse.»<br />
B1: Je squattais chez Mamy. Tout, de la tranquillité, des usages, du déroulement conforme et sans heurt du déjeuner, renvoyait à l&#8217;enfance.<br />
B2: Même le retard habituel de SophCo était devenu sans gravité, vidé de son drame passé.<br />
B3: Ce Noël amorti avait été interrompu par la coutume désarticulée du séjour à Toulouse.<br />
C1: Pourquoi, de cette douceur, ai-je noté sur le moment «Noël mou, familier, au confort trompeur et écœurant, presque vénéneux (à la manière des vieilles bonnes choses suries), comme un lit affaissé»?<br />
C2: A Toulouse donc, chaque pas était devenu difficile et compté: tâton dans la neige, parésie de l&#8217;âge, impasses du raisonnement.<br />
C3: Dans le cul-de-sac de la vieillesse, les passions, le fond du caractère demeurent seuls, et à vif: plaisanterie du langage, intransigeance, peur d&#8217;être abandonné, tyrannie tranquille de paterfamilias.<br />
D1: De retour à Paris, nous avions partagé beaucoup de sake au fin fond du XVe, et puis squatté le loft germanopratin de la famille Boxing.<br />
D2: Nippon narrait ses anecdotes poulaga, et BoxingBoy ses espoirs adolescents.<br />
D3: Alex STAPS racontait pour l&#8217;Xième fois la vieille histoire du mouton dégueu à la moutarde.<br />
E1: Le réveillon chez les B2 avait été calme et volupté. BoxingBoy avait mis à contribution son expertise des petites pintades.<br />
E2: Finkielkraut et un ami (l&#8217;inversion de la pensée unique)<br />
E3: On était rentré tôt chez soi, un à un, sauf moi qui avait écouté François et Nicolas m&#8217;expliquer dans la nuit comment ils s&#8217;étaient séduits. François roublard, Nicolas bille-en-tête, marrants tous les deux.</p>
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