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	<title>Freedonia &#187; SophCo</title>
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		<title>Inscription sur liste complémentaire (2012)</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Aug 2013 00:14:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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A1: Bien sûr qu&#8217;il y a des personnes et des choses, pas de petites choses, qui rendent la vie chouette.
A2: Mais j&#8217;avais eu, au tournant de 2011 et 2012, cet amour avorté, bref, impossible et tourmentant pour le type de L.A., dont j&#8217;ai parlé ailleurs. Toujours la distance géographique a créé contre moi une impossibilité. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class=" alignnone" title="Bien sûr qu'il y a des personnes et des choses, pas de petites choses, qui rendent la vie chouette." src="http://www.freedonia.fr/201201/01.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Mais j'avais eu, au tournant de 2011 et 2012, cet amour avorté, bref, impossible et tourmentant pour le type de L.A., dont j'ai parlé ailleurs. Toujours la distance géographique a créé contre moi une impossibilité. Ou est-ce l'impossibilité psychologique qui s'est complu dans les distances?" src="http://www.freedonia.fr/201201/02.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="C'était, aussi, un tournant de l'année après d'autres. Certains sentiments sont comme les collègues: après les avoir côtoyés quotidiennement tout un temps, on perd leur trace, on les oublie, ils ne se rappellent à nous qu'une fois l'an à date fixe, ou par exception lorsqu'on s'interroge subitement: tiens, il devient quoi?" src="http://www.freedonia.fr/201201/03.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="De loin en loin, ces temps-là, j'ai vu Séb H dans des bistros. Je crois que, connaissant l'Ecole et moi un peu, il s'assurait que ça allait aussi bien que possible. Il avait changé de vie, trouvé une autre vocation d'aventure, était retombé amoureux." src="http://www.freedonia.fr/201201/04.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Je repris le chemin de Stras-, me promettant d’être le censeur pamphlétaire de cette Ecole absurde, de Me Foutre Carrément De Tout, fort aussi de cette question posée par mon chef à mon départ : «tu ne veux pas quand même finir dans les grands corps?» : et c’est vrai, au-delà des ambitions moutonnières du classement, d’une inscription à un énième tableau d’honneur (mom would be so proud), le voulais-je? N’était-ce pas demander un ultime report d’incorporation dans la vie?" src="http://www.freedonia.fr/201201/05.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="«La vie semblait se dérouler plus vite que les pensées.» (La marche de Radetzky)" src="http://www.freedonia.fr/201201/06.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="A Madrid. Mes carnets, mes photos de cette époque sont pleins de citations, d'images de désuétude 1950 prises un peu partout. Elles se répètent. Sans projets de voyage, sans Roth, Modiano, Gracq, Simenon, Barbara Hepsworth, sans les enseignes abandonnées, ces autres compagnons qu'on se donne, je n'aurais pas trouvé en moi-même de sens à ma déambulation, ni la force de poursuivre." src="http://www.freedonia.fr/201201/07.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="«Cette prostitution inouïe des toisons». BoxingBoy citait Saint-Simon évoquant, déjà, les faux plans madrilènes. Il me semble que sur lui aussi, à cette époque, s'est abattue une tenace angoisse." src="http://www.freedonia.fr/201201/08.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Il pesait comme un temps d'insurrection civile, un air lourd; une grande manifestation était annoncée. La dureté des temps étouffait, il fallait marcher, camper à nouveau sur les places, ou rouvrir quelques espaces à la marge, comme Camilo. Et discuter jusqu'à pas d'heure dans des troquets perdus, manger des tapas hasta fin de existencia." src="http://www.freedonia.fr/201201/09.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Ma promenade verse spontanément au centre de Paris. C'est le réceptacle des désirs, des espoirs et des souvenirs. Il me faut faire l'effort de remonter à l'amont." src="http://www.freedonia.fr/201201/10.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Aux Folies Bergère, un meeting de campagne fut l'occasion du meilleur et du pire. Bambi avait évoqué avec une élégance merveilleuse les temps anciens, le combat pour être soi, pour être dignes et libres. Geoffroy Did:er était venu narguer l'assistance du mépris qu'ont les parvenus, les réactionnaires et les porte-flingue, mépris qui leur tient lieu de style, de métier et de ligne politique. On avait hurlé notre dégoût de de cette honteuse compradore et de cette sale période, dont nous ne savions pas encore si elle devait finir bientôt." src="http://www.freedonia.fr/201201/11.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="J’ai été stupéfait, triste, enragé aussi, d’une conversation avec un ancien camarade de ScPo, un type jusque-là d’une droite classique et présentable: un balladurien. Dans un dîner avec Matthieu DC et Fillette, il expliqua très placidement que, oui, il y avait trop d’étrangers en France, qu’après tout le droit à une vie familiale normale n’était qu’une contrainte internationale dénonçable. J'ai rompu, en mettant un terme au dîner en criant; ça m’a laissé l’amertume à la bouche." src="http://www.freedonia.fr/201201/12.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Dans la banlieue de Manchester, avec Liam. A perte de vue, ces villas de brique mitoyennes, certaines et fort enjolivées de pignons et de colonnades. Elle évoque le Blitz, un échange scolaire (au temps où le laitier livrait encore), d'innombrables colocations d'adultes d'âge mûr, le jardinage et les horaires de bus. Il s'en dégage tellement de mélancolie, de grisaille, de laborieuse résignation qu'il paraît que le crachin la baigne continûment." src="http://www.freedonia.fr/201201/13.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="D'un autre côté, la campagne anglaise par la fenêtre du train, rebondie et neuve, pittoresque, confirme le plaisir fiable de Constable et des séries policières du dimanche soir." src="http://www.freedonia.fr/201201/14.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="A peu près à cette époque-là, je rejoignis Fillette à un meeting de Mélenchon et il me proposa de tracter avec lui et les pédés du Front de gauche, à l'entrée du Palais des expositions. C'est ainsi que je repris une vie militante." src="http://www.freedonia.fr/201201/15.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="A Meudon, les rues le dimanche soir sont abandonnées, mais vivantes et pleines du chant des oiseaux, du palpitement des odeurs végétales et du murmure lointain des moteurs: voitures égarées, hélicoptères d'Issy, avions d'Orly. Les porches des maisons sont désertés, archétypiques et mine de rien effrayants, comme dans un tableau de Magritte. Les lucarnes s'allument en haut des pavillons mais on craint de ne jamais croiser âme qui vive." src="http://www.freedonia.fr/201201/16.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Mon anniversaire de cette année-là fut un nadir. Ma famille l'avait zappé, reporté à l'infini pour mener des tâches plus pressantes. Je me sentais raté et seul. François et Nicolas B2 et le «récital emphatique» de Michel Faux me changèrent les idées, et la drôlerie de Giray inopiné." src="http://www.freedonia.fr/201201/40.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="«Le mal de n'habiter nulle part»: touriste jusque chez moi, je logeais temporairement rue de la Roquette." src="http://www.freedonia.fr/201201/17.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Paris avait de nouveaux lieux, sinon une nouvelle attitude. Le Raymond Club qui offrait l'intimité d'un ancien club échangiste, le Bonne Nouvelle où l'on revivait le mardi la bruyante parade des désirs et des vanités qui s'ébrouent, le dimanche, au Rosa Bonheur." src="http://www.freedonia.fr/201201/19.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Un peu partout, Jérémie et Alex Nippon baladaient une ironie douce, des goûts de luxe et pas mal d'empathie." src="http://www.freedonia.fr/201201/21.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Le soir de l'élection nous avions comme tant d'autres déboulés place de la Bastille, et j'avais roulé des gamelles à un Québécois sympathique. Les mouvements de foule nous entraînaient de ça, de là, et menaçaient de nous engloutir." src="http://www.freedonia.fr/201201/20.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Il fallait beaucoup de pédagogie ou de contorsions, pour faire le point de ma carrière comme de ma vie affective, et ne pas passer pour un loser." src="http://www.freedonia.fr/201201/22.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Rien écrit à l'époque de mon stage à la Compagnie du métropolitain. Sans doute que l'absurdité professionnelle, la sensation honteuse du surnuméraire et la désorientation de la balle de ping-pong atteignaient leur extrême. Pourtant, ma curiosité du pouvoir comme des schémas de transport se délectait de rebondir de cénacles discrets en ateliers de réparation, de cabine de pilotage en placards au siège." src="http://www.freedonia.fr/201201/23.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Je notais: Plus qu'assez de me demander depuis 3 ans ce que je vaux, ce que je veux faire, plus ou moins qui je suis. La plupart des gens de sont pas contraints de se poser ces questions tous les matins au petit-déjeuner." src="http://www.freedonia.fr/201201/24.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Somme toute, c'était logique de passer cet été là à L.A." src="http://www.freedonia.fr/201201/25.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="C'était bien d'être venu y faire le deuil de ma belle idée de l'hiver, idée belle de la beauté du Diable." src="http://www.freedonia.fr/201201/26.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Je voulais voir tout le googie, toutes les friperies, tous les musées. Alors, comme peut-être maintenant, je me suis raccroché à ces obsessions, dont le vernis ne cachait pas toujours ma peur." src="http://www.freedonia.fr/201201/27.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="SophCo quant à elle faisait une fixette sur sa ligne, et donc sur les sushis. Nos désirs vacanciers allaient en directions opposées: visiter ou pas, bouger ou se poser, la ville ou la nature, faire un régime ou tout goûter, draguer chez les pédés ou sortir ensemble. Je retrouve de cet août de belles photos mais peu de traces de ce qui a dû être un nouveau grand moment d'irritation réciproque." src="http://www.freedonia.fr/201201/28.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="A Palms Springs, un oasis Wallpaper, un mirage kitsch sauvé de l'ensablement par l'énergie de centaines de folles rétro-déco." src="http://www.freedonia.fr/201201/29.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="L.A. est la plus occidentale des villes de l'Ouest. Aucun sens, que de la surface. Gâchis du spectacle et spectacle du gâchis. Splendeur laide. Rien d'étonnant à ce qu'on y mette en scène tant d'apocalypses, filmées ou sectaires. Ca sent la fin, le paroxysme. Ca tourne en rond (ville de voitures et de pellicules)." src="http://www.freedonia.fr/201201/30.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Back in France: Mes amis unanimes proposaient de me sous-traiter à un psy." src="http://www.freedonia.fr/201201/31.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Derniers galops avant le rencard, course-poursuite après des traits que je n'aurais jamais (charisme, esprit de synthèse, voix de mec), saut d'obstacle dada pour chevaux savants. Meanwhile, Aymeric se surpassait dans la blague vacharde: [telle directrice de l’École portant breloques], «c'est l'art total. Un rêve nietzschéen.»" src="http://www.freedonia.fr/201201/32.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="«Reste avec nous. Le soir approche, et déjà le jour baisse.»" src="http://www.freedonia.fr/201201/33.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Enfin, ce fut la dernière classe, c'est-à-dire le dernier examen. Je voyageai; j'eus, à nouveau, la tentation d'Istamboul. Serdar, Webhi, Giray me baladèrent un peu partout, dans les arrières-cours envahies d'arbres, les bars en étage, les standup en sous-sol et les vernissages en banlieue. Les soucis se dissolvaient vite et d'abondance, tel le sucre dans le thé." src="http://www.freedonia.fr/201201/35.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="La ville continuait de réserver sa part de rêve et de surprise. Courses qu'on remonte en panier à la corde, chats lymphatiques des soldeurs de livres, passages oubliés où sommeillent des révolutions, noms nostalgiques des immeubles, lenteurs des quartiers lointains, rock anatolien, traversée imaginaire, cimetières de poche, tailleur pour hipsters. Les vendeurs de marrons, de jus de grenade, de moules (les baraques à moules sont aussi les lieux canaille, les restaurants tripiers); les marchands de pain au sésame qui les portent sur la tête; les porteurs de thé et de soupe, enfants ou vieillards, et les cireurs de chaussure; les crieurs de loto. Les placides pêcheurs de la passerelle. Vieilles voilées vendant des Kleenex. Enfants en uniformes anglais. Cafetiers en gilets de laine. Marchands d'ombrelles transparentes suscités par la pluie. Cent brimborions orientaux, comme au Japon. Pamuk s'est gargarisé de ça, assez facilement. Reste qu'à Istamboul, le passé se balaye plus lentement qu'ailleurs." src="http://www.freedonia.fr/201201/36.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Tekyon: en boîte avec le plenum du parti Baas et l'association des folles souffrant d'hypertrychose. Après, on embrasse de jeunes écervelés dont les divinités protectrices sont les travelotes de la rue et Kylie Minogue. Histoires sans parole ou mal traduites." src="http://www.freedonia.fr/201201/37.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Taksim avant «Taksim». Déjà l'absurdité cupide, défigurante et réactionnaire des grands projets était apparente. On parlait de mobilisation pour sauver des arbres en centre-ville." src="http://www.freedonia.fr/201201/34.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Notes sur les chats: A certains coins de ruelles, des tas de croquette; y a-t-il un service public des chats a Istamboul? - Des Stambouliotes comme de leurs chats, il ne faut pas préjuger à leur doux yeux clairs ou à leurs dures moustaches sombres. - Bruine maritime. La poisse et la boue. Là seulement, les chats disparaissent et la foule se disperse un peu. - Istamboul est comme les chats qui la hantent. Son sommeil est doux et hypnotique, son mystère a sept vies. Mais il ne faut pas trop s'y fier quand il ronronne éternellement ou fait du charme: il peut frapper d'un vif coup de patte, comme un étrangleur ottoman. D'ailleurs, les voitures de police aboient plus qu'elles ne crient." src="http://www.freedonia.fr/201201/41.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Je rencontrai Alptekin, de Besiktas. Avatar parachevé de mes envies d'amant. On devisa en prenant le thé, au milieu du bordel à vapeur. Il releva qu'il pouvait aussi bien fumer puisque tout le lieu était illégal." src="http://www.freedonia.fr/201201/42.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Passage des panoramas: Le Bosphore est tellement fascinant que même les  Stambouliotes, peut-être les citadins les plus placides de tous, austères comme des Barcelonais, rentrés comme des Londoniens, pensifs comme des Polonais, méticuleux comme des Helvètes; même eux lèvent la tête de leur lecture, dans les bus et sur les vaporetti, lorsqu'il se découvre à eux à nouveau." src="http://www.freedonia.fr/201201/43.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="A Paris, il y avait dans l'époque une tentation carnavalesque, une fuite-mascarade avec sexe et alcool. D'une fête à la suivante, sans plus passer par le travail, la sobriété, l'ennui, les hiérarchies sociales. Berlin. Le refus des temps morts, la peur de l'ennui, les journées plus pleines." src="http://www.freedonia.fr/201201/18.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Comité Central publia, lui, son premier roman, dont le thème du coup paradoxal était: jamais rien n'arrive. A la fête de lancement dans l'automne parisien, Alex Nippon disait un de ses vers comme en écho: «...la tiédeur du stuc»" src="http://www.freedonia.fr/201201/44.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="La saison du classement. L'amphi-garnison arrivait, où l'on joue au puzzle avec la vie des gens." src="http://www.freedonia.fr/201201/38.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="«...une argumentation riche mais peut être trop conceptuelle», me reprocha-t-on, comme ultime couleuvre à avaler." src="http://www.freedonia.fr/201201/39.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Un corbeau s'ébroue comme un chien dans la fontaine du bassin du Luxembourg. Un touriste chasse hargneusement les pigeons, comme un enfant. Ceux que cela n'amuse pas, à qui cela ne suffit pas, ignorent le bonheur. Ici, toute la laideur du monde, et même celle de la tour Montparnasse, sont acceptables. Il y fait un froid féroce et le soleil perce les nuages." src="http://www.freedonia.fr/201201/45.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Tout se termine par des chansons, même 2012. En voici deux (paroles de Crame): «On veut le mariage, le veuvage et l'héritage! / On veut l'adultère, la pension alimentaire!»; «Oh Taubira / Tout c'qu'on veut, c'est l'mariage, l'adoption, la PMA / L'égalité comme tout l'monde c'est tout c'qu'on attend de toi / Oh Taubira!»" src="http://www.freedonia.fr/201201/46.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
<p>A1: Bien sûr qu&#8217;il y a des personnes et des choses, pas de petites choses, qui rendent la vie chouette.<br />
A2: Mais j&#8217;avais eu, au tournant de 2011 et 2012, cet amour avorté, bref, impossible et tourmentant pour le type de L.A., dont j&#8217;ai parlé ailleurs. Toujours la distance géographique a créé contre moi une impossibilité. Ou est-ce l&#8217;impossibilité psychologique qui s&#8217;est complu dans les distances?<br />
A3: C&#8217;était, aussi, un tournant de l&#8217;année après d&#8217;autres. Certains sentiments sont comme les collègues: après les avoir côtoyés quotidiennement tout un temps, on perd leur trace, on les oublie, ils ne se rappellent à nous qu&#8217;une fois l&#8217;an à date fixe, ou par exception lorsqu&#8217;on s&#8217;interroge subitement: tiens, il devient quoi?<br />
B1: De loin en loin, ces temps-là, j&#8217;ai vu Séb H dans des bistros. Je crois que, connaissant l&#8217;Ecole et moi un peu, il s&#8217;assurait que ça allait aussi bien que possible. Il avait changé de vie, trouvé une autre vocation d&#8217;aventure, était retombé amoureux.<br />
B2: Je repris le chemin de Stras-, me promettant d’être le censeur pamphlétaire de cette Ecole absurde, de Me Foutre Carrément De Tout, fort aussi de cette question posée par mon chef à mon départ : «tu ne veux pas quand même finir dans les grands corps?» : et c’est vrai, au-delà des ambitions moutonnières du classement, d’une inscription à un énième tableau d’honneur <em>(mom would be so proud),</em> le voulais-je? N’était-ce pas demander un ultime report d’incorporation dans la vie?<br />
B3: «La vie semblait se dérouler plus vite que les pensées.» (La marche de Radetzky)<br />
C1: A Madrid. Mes carnets, mes photos de cette époque sont pleins de citations, d&#8217;images de désuétude 1950 prises un peu partout. Elles se répètent. Sans projets de voyage, sans Roth, Modiano, Gracq, Simenon, Barbara Hepsworth, sans les enseignes abandonnées, ces autres compagnons qu&#8217;on se donne, je n&#8217;aurais pas trouvé en moi-même de sens à ma déambulation, ni la force de poursuivre.<br />
C2: «Cette prostitution inouïe des toisons». BoxingBoy citait Saint-Simon évoquant, déjà, les faux plans madrilènes. Il me semble que sur lui aussi, à cette époque, s&#8217;est abattue une tenace angoisse.<br />
C3: Il pesait comme un temps d&#8217;insurrection civile, un air lourd; une grande manifestation était annoncée. La dureté des temps étouffait, il fallait marcher, camper à nouveau sur les places, ou rouvrir quelques espaces à la marge, comme Camilo. Et discuter jusqu&#8217;à pas d&#8217;heure dans des troquets perdus, manger des tapas hasta fin de existencia.<br />
D1: Ma promenade verse spontanément au centre de Paris. C&#8217;est le réceptacle des désirs, des espoirs et des souvenirs. Il me faut faire l&#8217;effort de remonter à l&#8217;amont.<br />
D2: Aux Folies Bergère, un meeting de campagne fut l&#8217;occasion du meilleur et du pire. Bambi avait évoqué avec une élégance merveilleuse les temps anciens, le combat pour être soi, pour être dignes et libres. Geoffroy Did:er était venu narguer l&#8217;assistance du mépris qu&#8217;ont les parvenus, les réactionnaires et les porte-flingue, mépris qui leur tient lieu de style, de métier et de ligne politique. On avait hurlé notre dégoût de de cette honteuse compradore et de cette sale période, dont nous ne savions pas encore si elle devait finir bientôt.<br />
D3: J’ai été stupéfait, triste, enragé aussi, d’une conversation avec un ancien camarade de ScPo, un type jusque-là d’une droite classique et présentable: un balladurien. Dans un dîner avec Matthieu DC et Fillette, il expliqua très placidement que, oui, il y avait trop d’étrangers en France, qu’après tout le droit à une vie familiale normale n’était qu’une contrainte internationale dénonçable. J&#8217;ai rompu, en mettant un terme au dîner en criant; ça m’a laissé l’amertume à la bouche.<br />
E1: Dans la banlieue de Manchester, avec Liam. A perte de vue, ces villas de brique mitoyennes, certaines et fort enjolivées de pignons et de colonnades. Elle évoque le Blitz, un échange scolaire (au temps où le laitier livrait encore), d&#8217;innombrables colocations d&#8217;adultes d&#8217;âge mûr, le jardinage et les horaires de bus. Il s&#8217;en dégage tellement de mélancolie, de grisaille, de laborieuse résignation qu&#8217;il paraît que le crachin la baigne continûment.<br />
E2: D&#8217;un autre côté, la campagne anglaise par la fenêtre du train, rebondie et neuve, pittoresque, confirme le plaisir fiable de Constable et des séries policières du dimanche soir.<br />
E3: A peu près à cette époque-là, je rejoignis Fillette à un meeting de Mélenchon et il me proposa de tracter avec lui et les pédés du Front de gauche, à l&#8217;entrée du Palais des expositions. C&#8217;est ainsi que je repris une vie militante.<br />
F1: A Meudon, les rues le dimanche soir sont abandonnées, mais vivantes et pleines du chant des oiseaux, du palpitement des odeurs végétales et du murmure lointain des moteurs: voitures égarées, hélicoptères d&#8217;Issy, avions d&#8217;Orly. Les porches des maisons sont désertés, archétypiques et mine de rien effrayants, comme dans un tableau de Magritte. Les lucarnes s&#8217;allument en haut des pavillons mais on craint de ne jamais croiser âme qui vive.<br />
F2: Mon anniversaire de cette année-là fut un nadir. Ma famille l&#8217;avait zappé, reporté à l&#8217;infini pour mener des tâches plus pressantes. Je me sentais raté et seul. François et Nicolas B2 et le «récital emphatique» de Michel Fau me changèrent les idées, et la drôlerie de Giray inopiné.<br />
F3: «Le mal de n&#8217;habiter nulle part»: touriste jusque chez moi, je logeais temporairement rue de la Roquette.<br />
G1: Paris avait de nouveaux lieux, sinon une nouvelle attitude. Le Raymond Club qui offrait l&#8217;intimité d&#8217;un ancien club échangiste, le Bonne Nouvelle où l&#8217;on revivait le mardi la bruyante parade des désirs et des vanités qui s&#8217;ébrouent, le dimanche, au Rosa Bonheur.<br />
G2: Un peu partout, Jérémie et Alex Nippon baladaient une ironie douce, des goûts de luxe et pas mal d&#8217;empathie.<br />
G3: Le soir de l&#8217;élection nous avions comme tant d&#8217;autres déboulé place de la Bastille, et j&#8217;avais roulé des gamelles à un Québécois sympathique. Les mouvements de foule nous entraînaient de ça, de là, et menaçaient de nous engloutir.<br />
H1: Il fallait beaucoup de pédagogie ou de contorsions, pour faire le point de ma carrière comme de ma vie affective, et ne pas passer pour un loser.<br />
H2: Rien écrit à l&#8217;époque de mon stage à la Compagnie du métropolitain. Sans doute que l&#8217;absurdité professionnelle, la sensation honteuse du surnuméraire et la désorientation de la balle de ping-pong atteignaient leur extrême. Pourtant, ma curiosité du pouvoir comme des schémas de transport se délectait de rebondir de cénacles discrets en ateliers de réparation, de cabine de pilotage en placards au siège.<br />
H3: Je notais: Plus qu&#8217;assez de me demander depuis 3 ans ce que je vaux, ce que je veux faire, plus ou moins qui je suis. La plupart des gens de sont pas contraints de se poser ces questions tous les matins au petit-déjeuner.<br />
I1: Somme toute, c&#8217;était logique de passer cet été là à L.A.<br />
I2: C&#8217;était bien d&#8217;être venu y faire le deuil de ma belle idée de l&#8217;hiver, idée belle de la beauté du Diable.<br />
I3: Je voulais voir tout le googie, toutes les friperies, tous les musées. Alors, comme peut-être maintenant, je me suis raccroché à ces obsessions, dont le vernis ne cachait pas toujours ma peur.<br />
J1: SophCo quant à elle faisait une fixette sur sa ligne, et donc sur les sushis. Nos désirs vacanciers allaient en directions opposées: visiter ou pas, bouger ou se poser, la ville ou la nature, faire un régime ou tout goûter, draguer chez les pédés ou sortir ensemble. Je retrouve de cet août de belles photos mais peu de traces de ce qui a dû être un nouveau grand moment d&#8217;irritation réciproque.<br />
J2: A Palms Springs, un oasis Wallpaper, un mirage kitsch sauvé de l&#8217;ensablement par l&#8217;énergie de centaines de folles rétro-déco.<br />
J3: L.A. est la plus occidentale des villes de l&#8217;Ouest. Aucun sens, que de la surface. Gâchis du spectacle et spectacle du gâchis. Splendeur laide. Rien d&#8217;étonnant à ce qu&#8217;on y mette en scène tant d&#8217;apocalypses, filmées ou sectaires. Ca sent la fin, le paroxysme. Ca tourne en rond (ville de voitures et de pellicules).<br />
K1: <em>Back in France:</em> Mes amis unanimes proposaient de me sous-traiter à un psy.<br />
K2: Derniers galops avant le rencard, course-poursuite après des traits que je n&#8217;aurais jamais (charisme, esprit de synthèse, voix de mec), saut d&#8217;obstacle dada pour chevaux savants. <em>Meanwhile</em>, Aymeric se surpassait dans la blague vacharde: [telle directrice de l’École portant breloques], «c&#8217;est l&#8217;art total. Un rêve nietzschéen.»<br />
K3: «Reste avec nous. Le soir approche, et déjà le jour baisse.»<br />
L1: Enfin, ce fut la dernière classe, c&#8217;est-à-dire le dernier examen. Je voyageai; j&#8217;eus, à nouveau, la tentation d&#8217;Istamboul. Serdar, Webhi, Giray me baladèrent un peu partout, dans les arrières-cours envahies d&#8217;arbres, les bars en étage, les standup en sous-sol et les vernissages en banlieue. Les soucis se dissolvaient vite et d&#8217;abondance, tel le sucre dans le thé.<br />
L2: La ville continuait de réserver sa part de rêve et de surprise. Courses qu&#8217;on remonte en panier à la corde, chats lymphatiques des soldeurs de livres, passages oubliés où sommeillent des révolutions, noms nostalgiques des immeubles, lenteurs des quartiers lointains, rock anatolien, traversée imaginaire, cimetières de poche, tailleur pour hipsters. Les vendeurs de marrons, de jus de grenade, de moules (les baraques à moules sont aussi les lieux canaille, les restaurants tripiers); les marchands de pain au sésame qui les portent sur la tête; les porteurs de thé et de soupe, enfants ou vieillards, et les cireurs de chaussure; les crieurs de loto. Les placides pêcheurs de la passerelle. Vieilles voilées vendant des Kleenex. Enfants en uniformes anglais. Cafetiers en gilets de laine. Marchands d&#8217;ombrelles transparentes suscités par la pluie. Cent brimborions orientaux, comme au Japon. Pamuk s&#8217;est gargarisé de ça, assez facilement. Reste qu&#8217;à Istamboul, le passé se balaye plus lentement qu&#8217;ailleurs.<br />
L3: Tekyon: en boîte avec le plenum du parti Baas et l&#8217;association des folles souffrant d&#8217;hypertrychose. Après, on embrasse de jeunes écervelés dont les divinités protectrices sont les travelotes de la rue et Kylie Minogue. Histoires sans parole ou mal traduites.<br />
M1: Taksim avant «Taksim». Déjà l&#8217;absurdité cupide, défigurante et réactionnaire des grands projets était apparente. On parlait de mobilisation pour sauver des arbres en centre-ville.<br />
M2: Notes sur les chats: A certains coins de ruelles, des tas de croquette; y a-t-il un service public des chats a Istamboul? &#8211; Des Stambouliotes comme de leurs chats, il ne faut pas préjuger à leur doux yeux clairs ou à leurs dures moustaches sombres. &#8211; Bruine maritime. La poisse et la boue. Là seulement, les chats disparaissent et la foule se disperse un peu. &#8211; Istamboul est comme les chats qui la hantent. Son sommeil est doux et hypnotique, son mystère a sept vies. Mais il ne faut pas trop s&#8217;y fier quand il ronronne éternellement ou fait du charme: il peut frapper d&#8217;un vif coup de patte, comme un étrangleur ottoman. D&#8217;ailleurs, les voitures de police aboient plus qu&#8217;elles ne crient.<br />
M3: Je rencontrai Alptekin, de Besiktas. Avatar parachevé de mes envies d&#8217;amant. On devisa en prenant le thé, au milieu du bordel à vapeur. Il releva qu&#8217;il pouvait aussi bien fumer puisque tout le lieu était illégal.<br />
N1: Passage des panoramas: Le Bosphore est tellement fascinant que même les  Stambouliotes, peut-être les citadins les plus placides de tous, austères comme des Barcelonais, rentrés comme des Londoniens, pensifs comme des Polonais, méticuleux comme des Helvètes; même eux lèvent la tête de leur lecture, dans les bus et sur les vaporetti, lorsqu&#8217;il se découvre à eux à nouveau.<br />
N2: A Paris, il y avait dans l&#8217;époque une tentation carnavalesque, une fuite-mascarade avec sexe et alcool. D&#8217;une fête à la suivante, sans plus passer par le travail, la sobriété, l&#8217;ennui, les hiérarchies sociales. Berlin. Le refus des temps morts, la peur de l&#8217;ennui, les journées plus pleines.<br />
N3: Comité Central publia, lui, son premier roman, dont le thème du coup paradoxal était: jamais rien n&#8217;arrive. A la fête de lancement dans l&#8217;automne parisien, Alex Nippon disait un de ses vers comme en écho: «&#8230;la tiédeur du stuc»<br />
O1: La saison du classement. L&#8217;amphi-garnison arrivait, où l&#8217;on joue au puzzle avec la vie des gens.<br />
O2: «&#8230;une argumentation riche mais peut être trop conceptuelle», me reprocha-t-on, comme ultime couleuvre à avaler.<br />
O3: Un corbeau s&#8217;ébroue comme un chien dans la fontaine du bassin du Luxembourg. Un touriste chasse hargneusement les pigeons, comme un enfant. Ceux que cela n&#8217;amuse pas, à qui cela ne suffit pas, ignorent le bonheur. Ici, toute la laideur du monde, et même celle de la tour Montparnasse, sont acceptables. Il y fait un froid féroce et le soleil perce les nuages.<br />
P1: Tout se termine par des chansons, même 2012. En voici deux (paroles de Crame): «On veut le mariage, le veuvage et l&#8217;héritage! / On veut l&#8217;adultère, la pension alimentaire!»; «Oh Taubira / Tout c&#8217;qu&#8217;on veut, c&#8217;est l&#8217;mariage, l&#8217;adoption, la PMA / L&#8217;égalité comme tout l&#8217;monde c&#8217;est tout c&#8217;qu&#8217;on attend de toi / Oh Taubira!»</p>
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		<title>Nous sommes tous des New York Post.</title>
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		<pubDate>Fri, 20 May 2011 16:16:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;en veux à Strauss-Kahn de son comportement, parce qu&#8217;à cause de lui on ne parle plus des vrais sujets importants, comme le congrès du parti radical ou les municipali en Italie.
Cette histoire de Sofitel m&#8217;écœure plus que je ne saurais dire. Dans le nom déjà, il y a comme une invitation aux absurdes théories du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;en veux à Strauss-Kahn de son comportement, parce qu&#8217;à cause de lui on ne parle plus des vrais sujets importants, comme le congrès du parti radical ou les municipali en Italie.</p>
<p>Cette histoire de Sofitel m&#8217;écœure plus que je ne saurais dire. Dans le nom déjà, il y a comme une invitation aux absurdes théories du complot dont SophCo est friande. SophCo est effectivement persuadé que tout cela est un piège de la Russie / de Sarkozy / de François Hollande / des trois, c&#8217;est comme pour Kennedy et <em>le Crime de l&#8217;Orient-Express </em>tout le monde est coupable.</p>
<p>Le plus grave, c&#8217;est cette fascination collective et morbide, et la mienne aussi, pour ce fait divers glauque. Twitter et la vidéo en ligne créent un monde d&#8217;immédiateté obscène, duquel les faits divers sortent vainqueurs, ou dans lequel tout devient fait divers (la chose la plus sensée que j&#8217;aie entendu dans cet ordre d&#8217;idées, c&#8217;est <a href="http://www.lemonde.fr/dsk/infographe/2011/05/17/les-images-de-dsk-marquent-une-terrible-fin-d-epoque_1523439_1522571.html">ça</a>). Tout fait «Law &#038; Order», d&#8217;ailleurs notre audience de l&#8217;audience de Strauss-Kahn est du même ordre qu&#8217;un exceptionnel audimat pour «Special Victim Unit», avec des cliffhangers incroyables mais vrais. </p>
<p>D&#8217;évidence, la victime présumée est et sera la principale victime, tout court, de cette soif dégueulasse et insatiable de scabreux, de ce storytelling permanent, de cette dramatisation du trivial (et inversement). On se moque bien d&#8217;elle, la défense de DSK la broiera (c&#8217;est la loi du genre), et puis on la renverra sans regret à son obscurité pour passer au scoop suivant. Pheel a fait un <a href="http://culturcide.blogspot.com/2011/05/coup-de-sang-bis-elle-sappelait-emilie.html">post</a> très intelligent et sensible sur ce que devient la partie faible de ce type de procès, à propos de la jeune femme par qui l&#8217;«affaire Alègre» est arrivée. Cela m&#8217;a rappelé l&#8217;épisode de «South Park» sur le voyeurisme aux dépends de Britney Spears, épisode qui finit par le sacrifice de celle-ci pour obtenir de bonnes récoltes. </p>
<p>Au final, on épilogue <em>ad nauseam </em>sur une ou des histoires ignobles, dans un glissement insensible de la nouvelle importante à l&#8217;information secondaire au ramassage de la dernière des poubelles: le FMI tolère-t-il les agressions sexuelles? «Ophelia» (comme dans la télé-«réalité», les gens sont un prénom désormais, et même pas le leur) est-elle séropo? le salaud, il a aussi essayé de violer Tristane Banon! qu&#8217;est-ce qu&#8217;il lui a fait, au juste, et par quel orifice? (ah bon, <em>sodomy </em>c&#8217;est pas pareil qu&#8217;en français?)</p>
<p>Ces ténèbres sont enfin vertigineuses et terrifiantes pour moi, parce qu&#8217;elles me renvoient aussi aux limites que je sens de mes propres pratiques sur l&#8217;amour libre, le couple ouvert et la baise par ci par là. Évidemment, et heureusement, être un gringalet homosexuel lambda qui drague sans fin des steaks machistes ne présente pas les mêmes risques ni la même turpitude morale que l&#8217;érotomanie d&#8217;un homme de pouvoir arrivé. Mais <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/18/une-mysterieuse-autodestruction_1523840_3232.html">ce que dit Hefez</a> (au final, une difficile synthèse de l&#8217;analyse pulsionnelle à la Freud et du libertarisme) me frappe et m&#8217;effraye, parce que cela me touche de près. Comme le pouvoir chez Montesquieu, le désir va toujours à sa propre limite, la repousse sans cesse. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle jouer à se faire peur. Première sodomie, premier plan à trois, première choppe en plein air, premier accident de capote, premier mec avec un prince-Albert. Ou, aussi, le rocher de Sisyphe qu&#8217;est tout «palmarès»: il n&#8217;y a que le dernier pas qui compte. En compétition avec soi-même, ses propres complexes ou ses propres peurs (peur d&#8217;être laid, peur d&#8217;être seul, peur de mourir <em>of course</em>), on est perdant à chaque succès. La rectitude des gens chastes et fidèles me débecte et m&#8217;ennuie autant que je l&#8217;envie. </p>
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		<title>Go East</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Apr 2011 16:04:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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A1: Juste après, j&#8217;ai eu le concours, finalement. Mais loin d&#8217;exulter, j&#8217;ai juste ressenti de l&#8217;incrédulité, tant j&#8217;étais persuadé de l&#8217;avoir à nouveau raté. Je n&#8217;ai, alors et maintenant, pas éprouvé de joie, mais un lâche soulagement.
A2: Dans le succès comme jadis dans l&#8217;échec, mes amis m&#8217;accompagnèrent.
A3: Le souvenir de notre conversation, déjà, s&#8217;estompe. On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone" title="Juste après, j'ai eu le concours, finalement. Mais loin d'exulter, j'ai juste ressenti de l'incrédulité, tant j'étais persuadé de l'avoir à nouveau raté. Je n'ai, alors et maintenant, pas éprouvé de joie, mais un lâche soulagement. " src="http://www.freedonia.fr/201103/01.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Dans le succès comme jadis dans l'échec, mes amis m'accompagnèrent. " src="http://www.freedonia.fr/201103/02.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Le souvenir de notre conversation, déjà, s'estompe. On faisait un résumé des épisodes précédents («en votre absence...»), NippleLoki expliquait la précarité des enseignants." src="../../201103/03.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="Bien sûr, on vous rappelle tout de suite, quoique entre les lignes, que la réussite au concours n'est qu'une illusion d'optique. Derrière l'exaltation républicaine et l'éphémère coup de fouet pour la confiance en soi, on sent très vite que le plus dur ne fait que commencer." src="../../201103/07.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Emmanuel de Ngroung, guide assermenté du Vieux-Paris, m'avait baladé depuis les bétons encore frais de la ZAC Rive Gauche, via les restos louches du Chinatown et les splendeurs seventies du 13e, jusqu'aux recoins charmants et Art Déco de Montsouris. Il connaissait chaque rue,  pas encore chaque immeuble." src="http://www.freedonia.fr/201103/08.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Il y aurait donc, à l'est, du nouveau. Du nouveau tous les trois mois. Il me fallut prendre mon souffle, avant deux ans de pingpong géographique." src="http://www.freedonia.fr/201103/09.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="Au Nouvel An, on avait pris du champ dans la gentilhommière de BoxingBoy. Elle était vaste et à moitié à l'abandon, luxueuse ici et décatie là, un peu hantée, comme un revers de fortune." src="../../201103/10.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Pendant que Maaxxx surveillait la situation sur le front de la e-drague ycaunaise, on cuisinait un cassoulet. C'était doux et rassurant comme de lancer un feu dans l'âtre." src="../../201103/11.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Les Nippon étaient débarqués tard avec le vin et l'air de Paris." src="../../201103/12.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="En 2011, dans un dîner d'adieux à Paris, on criait plus fort que la table d'à côté, on mangeait des cochonnailles." src="../../201103/13.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="SophCo prédisait sans cesse la retraite en bon ordre de son amourette, et sans cesse il semblait qu'elle dût se prolonger encore." src="../../201103/14.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Matthieu DC jouait les consultants en look pour François B2. «Tu laisses mon mec et ses nœuds de cravate tranquilles!»" src="../../201103/15.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
<p><img title="Comme Budapest, Vienne flotte dans un costume trop grand pour elle. Avec l'hiver (Budapest aussi, je l'avais visitée par grand froid), elle est par districts entiers comme désertée. Différence, dans mon souvenir Budapest est uniformément de la couleur dont se patinent les pierres et ne frappe que par la démesure des étages et des boulevards, alors que Vienne parvient avec la même bouffissure à charmer l'œil, peinte en cent nuances pastel improbables." src="../../201103/34.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Vienne, nid d'espion où les avenues sont surtout solitaires, comme un décor de film noir à la remise.  On se croirait dans Le Troisième Homme: la nuit tombée, le glas des églises angoisse comme un pressentiment, et qui dans le noir rompt de son pas le silence, effraie. On se hâte sur les pavés gluants de neige fondue. Du haut d'appartements gigantesques et lointains, on a soulevé le coin d'un rideau pour observer." src="../../201103/35.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Et vraiment, Vienne engloutit d'abord comme un Tanger continental, connecte en interzone louche, fait un repère pour les proscrits, les aigrefins et les taupes. Comme dans un roman de Pierre-Jean Rémy, les rues de Vienne cachent de curieuses vieilles boutiques de livres anciens, qui sont peut-être aussi une façade pour d'autres trafics. Ces antiquariats poussiéreux, encombrés, leurs couloirs plein à ras bord de grimoires, semblent perpétuellement fermés. Ils affichent les horaires d'ouverture bornés et tout théoriques d'une église romaine." src="../../201103/30.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="Elle me semblait loin, l'utopie sociale-démocrate évoquée par Farkas, même quand je longeais en rentrant chez moi le square éponyme et les innombrables HLM municipales." src="../../201103/36.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Toute une sociabilité de café se révélait, mitteleuropéenne par excellence. Les cafés se faisaient tantôt salons de thé pour dames de patronage gourmandes, tantôt foyers de la lassitude lounge, pour la jeunesse des dimanches affalée sur les banquettes, se remontant à coup de mélanges. Vienne hésitait sans cesse entre petit Berlin et gros Wiesbaden." src="../../201103/29.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Car il y a, derrière la meringue immuable à la Sissi Impératrice, une autre ville, une capitale, certes  provinciale, mais jeune, sympathique, vivante et décontractée." src="../../201103/28.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="La ville, prisonnière de son passé, ou simplement plus chanceuse que Paris, a conservé l'art de l'enseigne." src="../../201103/31.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Il faudra d'ailleurs, mais une autre fois, détailler par le menu les cafés viennois." src="../../201103/32.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Ce n'est pas la ville de Freud pour rien. Il y a de la folie chez ces gens. Parfois, je me suis dit qu'ils sont frappés de crétinisme consanguin, alpin, et parfois j'y vois une neurasthénie fin-de-siècle qui les épuise de culture et de refoulement, un terrain fertile pour tous les fétichismes." src="../../201103/33.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="«Les voyages ont ceci de merveilleux qu'ils vous font rencontrer des lieux inconnus qu'aussitôt vous fuyez plein d'effroi». (Elfriede Jelinek, Lust)" src="../../201103/04.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Les mecs viennois. Puissants, racés, fiers mais bêtes, prêts à la saillie et au petit trot, ils semblent des chevaux de course au rencard, destinés à la réforme: toute cette belle énergie, ces beaux muscles tendus vers rien. On dirait des atlantes au chômage, qui pourraient tout faire : habitué SS du One-Two-Two, diabolique entrepreneur jeune premier chez «Derrick», champion de ski carnassier, patriarche à Wolfsegg. Ils sont les rois du monde." src="../../201103/05.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Alternativement, de gentilles gens de province, des HSH quadragénaires, hétéros dans la vie, un peu ploucs, solidement bâtis, têtes de chou, francs comme le pain et bons comme la messe du dimanche, comme une grasse matinée ; beaucoup d'ironie à leurs propres dépens, qui les rend un peu excentriques. Red Bull versus Bœufs roux." src="../../201103/06.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
<p><img title="Le Machin hébergé par «Le Bidule»..." src="../../201103/16.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="...pour voir d'un peu plus près la Carrière à laquelle je m'étais, une fois ou une autre, destiné." src="../../201103/17.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Parfois il me semblait que, dans le concert d'oriflammes hivernal sur la piazza, le drapeau de Saint-Christophe-et-Niévès battait au vent plus fort que les autres." src="../../201103/18.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img title="Le doute affleurait." src="../../201103/19.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Doute sur mon avenir professionnel, sur l'absence de choix qu'avait été une vie toute de devoir, doute presque métaphysique. «''J'étais capable par moments, sans avoir à faire le moindre effort, de voir au travers de la création qui n'était d'ailleurs elle-même qu'un formidable épuisement. 'Par moments', dis-je'.'» (Thomas Bernard, Perturbation)" src="../../201103/20.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img title="Et à Bruxelles aussi, dans le décor de plastique et d'amiante pour moi si beau des bureaucraties FrItaLux, je ne savais plus bien de quoi demain serait fait, ou devrait l'être." src="../../201103/21.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
<p>A1: Juste après, j&#8217;ai eu le concours, finalement. Mais loin d&#8217;exulter, j&#8217;ai juste ressenti de l&#8217;incrédulité, tant j&#8217;étais persuadé de l&#8217;avoir à nouveau raté. Je n&#8217;ai, alors et maintenant, pas éprouvé de joie, mais un lâche soulagement.<br />
A2: Dans le succès comme jadis dans l&#8217;échec, mes amis m&#8217;accompagnèrent.<br />
A3: Le souvenir de notre conversation, déjà, s&#8217;estompe. On faisait un résumé des épisodes précédents («en votre absence&#8230;»), NippleLoki expliquait la précarité des enseignants.<br />
B1: Bien sûr, on vous rappelle tout de suite, quoique entre les lignes, que la réussite au concours n&#8217;est qu&#8217;une illusion d&#8217;optique. Derrière l&#8217;exaltation républicaine et l&#8217;éphémère coup de fouet pour la confiance en soi, on sent très vite que le plus dur ne fait que commencer.<br />
B2: Emmanuel de Ngroung, guide assermenté du Vieux-Paris, m&#8217;avait baladé depuis les bétons encore frais de la ZAC Rive Gauche, via les restos louches du Chinatown et les splendeurs seventies du 13e, jusqu&#8217;aux recoins charmants et Art Déco de Montsouris. Il connaissait chaque rue,  pas encore chaque immeuble.<br />
B3: Il y aurait donc, à l&#8217;est, du nouveau. Du nouveau tous les trois mois. Il me fallut prendre mon souffle, avant deux ans de pingpong géographique.<br />
C1: Au Nouvel An, on avait pris du champ dans la gentilhommière de BoxingBoy. Elle était vaste et à moitié à l&#8217;abandon, luxueuse ici et décatie là, un peu hantée, comme un revers de fortune.<br />
C2: Pendant que Maaxxx surveillait la situation sur le front de la e-drague ycaunaise, on cuisinait un cassoulet. C&#8217;était doux et rassurant comme de lancer un feu dans l&#8217;âtre.<br />
C3: Les Nippon étaient débarqués tard avec le vin et l&#8217;air de Paris.<br />
D1: En 2011, dans un dîner d&#8217;adieux à Paris, on criait plus fort que la table d&#8217;à côté, on mangeait des cochonnailles.<br />
D2: SophCo prédisait sans cesse la retraite en bon ordre de son amourette, et sans cesse il semblait qu&#8217;elle dût se prolonger encore.<br />
D3: Matthieu DC jouait les consultants en look pour François B2. «Tu laisses mon mec et ses nœuds de cravate tranquilles!»<br />
E1: Comme Budapest, Vienne flotte dans un costume trop grand pour elle. Avec l&#8217;hiver (Budapest aussi, je l&#8217;avais visitée par grand froid), elle est par districts entiers comme désertée. Différence, dans mon souvenir Budapest est uniformément de la couleur dont se patinent les pierres et ne frappe que par la démesure des étages et des boulevards, alors que Vienne parvient avec la même bouffissure à charmer l&#8217;œil, peinte en cent nuances pastel improbables. </p>
<p>E2: Vienne, nid d&#8217;espion où les avenues sont surtout solitaires, comme un décor de film noir à la remise.  On se croirait dans <em>Le Troisième Homme</em>: la nuit tombée, le glas des églises angoisse comme un pressentiment, et qui dans le noir rompt de son pas le silence, effraie. On se hâte sur les pavés gluants de neige fondue. Du haut d&#8217;appartements gigantesques et lointains, on a soulevé le coin d&#8217;un rideau pour observer.<br />
E3 : Et vraiment, Vienne engloutit d&#8217;abord comme un Tanger continental, connecte en interzone louche, fait un repère pour les proscrits, les aigrefins et les taupes. Comme dans un roman de Pierre-Jean Rémy, les rues de Vienne cachent de curieuses vieilles boutiques de livres anciens, qui sont peut-être aussi une façade pour d&#8217;autres trafics. Ces antiquariats poussiéreux, encombrés, leurs couloirs plein à ras bord de grimoires, semblent perpétuellement fermés. Ils affichent les horaires d&#8217;ouverture bornés et tout théoriques d&#8217;une église romaine.<br />
F1: Elle me semblait loin, l&#8217;utopie sociale-démocrate évoquée par Farkas, même quand je longeais en rentrant chez moi le square éponyme et les innombrables HLM municipales.<br />
F2: Toute une sociabilité de café se révélait, mitteleuropéenne par excellence. Les cafés se faisaient tantôt salons de thé pour dames de patronage gourmandes, tantôt foyers de la lassitude lounge, pour la jeunesse des dimanches affalée sur les banquettes, se remontant à coup de mélanges. Vienne hésitait sans cesse entre petit Berlin et gros Wiesbaden.<br />
F3: Car il y a, derrière la meringue immuable à la Sissi Impératrice, une autre ville, une capitale, certes  provinciale, mais jeune, sympathique, vivante et décontractée.<br />
G1: La ville, prisonnière de son passé, ou simplement plus chanceuse que Paris, a conservé l&#8217;art de l&#8217;enseigne.<br />
G2: Il faudra d&#8217;ailleurs, mais une autre fois, détailler par le menu les cafés viennois.<br />
G3: Ce n&#8217;est pas la ville de Freud pour rien. Il y a de la folie chez ces gens. Parfois, je me suis dit qu&#8217;ils sont frappés de crétinisme consanguin, alpin, et parfois j&#8217;y vois une neurasthénie fin-de-siècle qui les épuise de culture et de refoulement, un terrain fertile pour tous les fétichismes.<br />
H1: «Les voyages ont ceci de merveilleux qu&#8217;ils vous font rencontrer des lieux inconnus qu&#8217;aussitôt vous fuyez plein d&#8217;effroi». (Elfriede Jelinek, <em>Lust</em>)<br />
H2: Les mecs viennois. Puissants, racés, fiers mais bêtes, prêts à la saillie et au petit trot, ils semblent des chevaux de course au rencard, destinés à la réforme: toute cette belle énergie, ces beaux muscles tendus vers rien. On dirait des atlantes au chômage, qui pourraient tout faire : habitué SS du One-Two-Two, diabolique entrepreneur jeune premier chez «Derrick», champion de ski carnassier, patriarche à Wolfsegg. Ils sont les rois du monde.<br />
H3: Alternativement, de gentilles gens de province, des HSH quadragénaires, hétéros dans la vie, un peu ploucs, solidement bâtis, têtes de chou, francs comme le pain et bons comme la messe du dimanche, comme une grasse matinée ; beaucoup d&#8217;ironie à leurs propres dépens, qui les rend un peu excentriques. Red Bull versus Bœufs roux. </p>
<p>I1: Le Machin hébergé par «Le Bidule»&#8230;<br />
I2: &#8230; pour voir d&#8217;un peu plus près la Carrière à laquelle je m&#8217;étais, une fois ou une autre, destiné.<br />
I3: Parfois il me semblait que, dans le concert d&#8217;oriflammes hivernal sur la piazza, le drapeau de Saint-Christophe-et-Niévès battait au vent plus fort que les autres.<br />
J1: Le doute affleurait.<br />
J2: Doute sur mon avenir professionnel, sur l&#8217;absence de choix qu&#8217;avait été une vie toute de devoir, doute presque métaphysique. «&#8221;J&#8217;étais capable par moments, sans avoir à faire le moindre effort, de voir au travers de la création qui n&#8217;était d&#8217;ailleurs elle-même qu&#8217;un formidable épuisement. &#8216;Par moments&#8217;, dis-je&#8217;.'» (Thomas Bernard, <em>Perturbation</em>)<br />
J3: Et à Bruxelles aussi, dans le décor de plastique et d&#8217;amiante pour moi si beau des bureaucraties FrItaLux, je ne savais plus bien de quoi demain serait fait, ou devrait l&#8217;être.</p>
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		<title>Les boums et les bangs</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Dec 2010 09:17:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les douze travaux avaient tout de même pris fin. J&#8217;avais retrouvé la vie civile, aussi vite que le métro regagnait la ville. Institut du sport, Morgue, Austerlitz, Museum: là où le bien public prend doucement la poussière, où le soleil filtre parmi les verrières décaties. Puis Hammam, pour évaporer mon stress. 






A1: Après l&#8217;épreuve de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les douze travaux avaient tout de même pris fin. J&#8217;avais retrouvé la vie civile, aussi vite que le métro regagnait la ville. Institut du sport, Morgue, Austerlitz, Museum: là où le bien public prend doucement la poussière, où le soleil filtre parmi les verrières décaties. Puis Hammam, pour évaporer mon stress. </p>
<p><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/01.jpg" title="Après l'épreuve de sport, j'avais pu arrêter la sobriété et reprendre une vie sociale." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/02.jpg" title="Maaxxx fêtait une promotion à coups de champagne et de petits fours du Bon Marché, son épicerie de proximité." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/03.jpg" title="«Est-ce qu'il se rend compte qu'il a un truc hyper-séduisant?»" class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/04.jpg" title="Au début, l'inquiétude était telle que j'en perdis le sommeil. Chaque nuit, je repassais le grand oral, soupesant la faiblesse de mes réponses, supputant la sévérité des sphinges du jury." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/05.jpg" title="Département SARL tardait à me trouver un nouveau job d'attente ou de rechange. Dans Paris, je promenais mon entre-deux administratif." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/06.jpg" title="Fin novembre, je me remis à dormir. Dans un cauchemar d'anticipation, j'ouvrais un .pdf d'échec sur le site de l'École." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/07.jpg" title="Les bureaux d'Alex Nippon rutilaient de linoleum et d'amiante." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/08.jpg" title="Popeck, Lully, Basquiat, Larry Clark, Kertész, Miroslav Tichy, collection De Mol van Otterloo. «On se retrouve aux Souffleurs?»" class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/09.jpg" title="A Drouot, un lot de chapeaux avait été emporté, à notre nez et notre barbe, par un SAPEur superbement accoutré comme un potentat équatorial." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/10.jpg" title="«Une perquisition mexicaine? Non..., y'a pas de ça chez nous.» Les condés continuaient de naviguer, d'un instant à l'autre, entre professionnalisme et gros doigts." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/11.jpg" title="A La Hague, vivante et calme, je revis enfin Rob." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/12.jpg" title="Tandis que l'affection culminait, la distance redoublée du manque d'argent créaient un grand écart." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/14.jpg" title="Et après trois martini-dry, on s'exclamait: «C'est qui? on l'a jamais vu!? il est hyper mignon!» Pendant ce temps là, Morgie essayait les bonnets phrygiens oversize." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/13.jpg" title="Dans les Puces, devant Demy, devant un demi, Matthieu DC récriminait contre les rigueurs aveugles de l'amour et râlait sur son nouveau gagne-pain. Pendant ce temps-là, ShiningRubis ripolinait le showroom de ses rêves." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/15.jpg" title="Avec la déprime, Kyle jouait les popes et guignait les faveurs de vieilles dévotes orthodoxes." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/16.jpg" title="Avec Fillette aux présences écliptiques, Pheel généreux en guimauves, et NippleLoki ressuscité d'entre les Yankees, on suivit le parcours en gidouille de la manif contre le sida. Die-in dans la neige." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/17.jpg" title="A Bruxelles, en famille, «Gays et envoisiez et chantans». LzMry avait lâché le Coca Light et, peut-être, les migraines, mais non point le grain de folie." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/18.jpg" title="Chez Département SARL, j'étais passé en 7 ans du bureau 420 au bureau 421, chiffre aléatoire qui résumait bien la situation. Plus que quelques heures et tout, ou presque, serait joué. J'avais fait ce que j'avais compté faire, pas de regrets à concevoir; rien ne va plus." class="alignnone" width="250" height="250" /></p>
<p>A1: Après l&#8217;épreuve de sport, j&#8217;avais pu arrêter la sobriété et reprendre une vie sociale.<br />
A2: Maaxxx fêtait une promotion à coups de champagne et de petits fours du Bon Marché, son épicerie de proximité.<br />
A3: «Est-ce qu&#8217;il se rend compte qu&#8217;il a un truc hyper-séduisant?»<br />
B1: Au début, l&#8217;inquiétude était telle que j&#8217;en perdis le sommeil. Chaque nuit, je repassais le grand oral, soupesant la faiblesse de mes réponses, supputant la sévérité des sphinges du jury.<br />
B2: Département SARL tardait à me trouver un nouveau job d&#8217;attente ou de rechange. Dans Paris, je promenais mon entre-deux administratif.<br />
B3: Fin novembre, je me remis à dormir. Dans un cauchemar d&#8217;anticipation, j&#8217;ouvrais un .pdf d&#8217;échec sur le site de l&#8217;École.<br />
C1: Les bureaux d&#8217;Alex Nippon rutilaient de linoleum et d&#8217;amiante.<br />
C2: Popeck, Lully, Basquiat, Larry Clark, Kertész, Miroslav Tichy, collection De Mol van Otterloo. «On se retrouve aux Souffleurs?»<br />
C3: A Drouot, un lot de chapeaux avait été emporté, à notre nez et notre barbe, par un SAPEur superbement accoutré comme un potentat équatorial.<br />
D1: «Une perquisition mexicaine? Non&#8230;, y&#8217;a pas de ça chez nous.» Les condés continuaient de naviguer, d&#8217;un instant à l&#8217;autre, entre professionnalisme et gros doigts.<br />
D2: A La Hague, vivante et calme, je revis enfin Rob.<br />
D3: Tandis que l&#8217;affection culminait, la distance redoublée du manque d&#8217;argent créaient un grand écart.<br />
E1: Après trois martini-dry, on s&#8217;exclamait: «C&#8217;est qui? on l&#8217;a jamais vu!? il est hyper mignon!» Pendant ce temps là, Morgie essayait les bonnets phrygiens oversize.<br />
E2: Dans les Puces, devant Demy, devant un demi, Matthieu DC récriminait contre les rigueurs aveugles de l&#8217;amour et râlait sur son nouveau gagne-pain. Pendant ce temps-là, ShiningRubis ripolinait le showroom de ses rêves.<br />
E3: Avec la déprime, Kyle jouait les popes et guignait les faveurs de vieilles dévotes orthodoxes.<br />
F1: Avec Fillette aux présences écliptiques, Pheel généreux en guimauves, et NippleLoki ressuscité d&#8217;entre les Yankees, on suivit le parcours en gidouille de la manif contre le sida. Die-in dans la neige.<br />
F2: A Bruxelles, en famille, «Gays et envoisiez et chantans». LzMry avait lâché le Coca Light et, peut-être, les migraines, mais non point le grain de folie.<br />
F3: Chez Département SARL, j&#8217;étais passé en 7 ans du bureau 420 au bureau 421, chiffre aléatoire qui résumait bien la situation. Plus que quelques heures et tout, ou presque, serait joué. J&#8217;avais fait ce que j&#8217;avais compté faire, pas de regrets à concevoir; rien ne va plus.</p>
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		<title>«Garde-nous simples et gais.»</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Nov 2010 19:06:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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A1: L&#8217;été venu, Mme Gujarat décida d&#8217;arrêter son restaurant, après 10 ans de trime.  Elle souriait: elle allait pouvoir enfin voir son fils le soir, et profiter de la vie.
A2: Pour un jour seulement, avec Giray, on pouvait se rouler dans les augustes fossés, au bout de la Brie. Averse en soirée, ne pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/01.jpg" title="L'été venu, Mme Gujarat décida d'arrêter son restaurant, après 10 ans de trime. Elle souriait: elle allait pouvoir enfin voir son fils le soir, et profiter de la vie." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/02.jpg" title="Pour un jour seulement, avec Giray, on pouvait se rouler dans les augustes fossés, au bout de la Brie. Averse en soirée, ne pas compter sur les breaks normands pour prendre en stop deux gendres idéaux, mais turcs." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/03.jpg" title="Avec SophCo et Rob, j'avais pris des vacances tarnaises, comme un intermède. C'est le vieux pays de collines et de canicule, de virages et de pâtures, de villégiatures anglaises et de festivals, de crise laitière et de bons hommes." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/04.jpg" title="Puis je me claquemurai dans la banlieue." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/05.jpg" title="Au Monoprix, je croisais les fantômes de camarades de collège. Comme naguère, je fendais la banlieue à vélo; cette fois casqué comme un champignon de Paris." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/06.jpg" title="La nuit, la maison craquait de bruits étranges, je cauchemardais l'intrusion de voleurs. De jour, une voiture empruntait parfois l'avenue." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/07.jpg" title="Arrosage, lessives, piscine, journal! Routines et fuites de mes révisions." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/08.jpg" title="Le lundi, droit, rouge. Le mardi, économie, jaune. Le mercredi..." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/09.jpg" title="L'occasion était belle aussi de sillonner les ruelles de Sèvres et Saint-Cloud. Les maisons de rapport étaient devenues des pavillons bourgeois fermés pour l'été, l'usine: un Club Med Gym, le train de banlieue: un tram automatique aux gares à l'abandon. Seul persévérait, tutélaire, lisse, mais louche, le siège social de Dassault." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/10.jpg" title="Le mariage de Piwaï avait était le temporaire dénouement, heureux et classe, d'une longue telenovella." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/11.jpg" title="A la gay pride comme à Breteuil, Pif récriminait contre son travail, la vie, les gens, mais n'en continuait pas moins de pédaler." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/12.jpg" title="Et à Toulouse, summerkisses." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/13.jpg" title="En 2010, on réunit pour les trier les «mandarins de la société bourgeoise» dans un sous-sol de la Défense. Comme un grand parking à élites de la Nation." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/14.jpg" title="Sous la surveillance impitoyable d'un ancien adjudant / imitateur de Chaban-Delmas, ils composent 25 heures." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/15.jpg" title="Avec ou sans eux, «L'Etat peut-il disparaître?»" class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/16.jpg" title="«Et vous tous! à la file ou confondus en bande / Ou seuls, vision si nette des jours passés, / Passions du présent, futur qui croît et bande / Chéris sans nombre qui n'êtes jamais assez!»" class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/17.jpg" title="Assez vite, les révisions avaient repris. Foin de solitude banlieusarde, il s'agissait de garder la tête froide et toute une en plein Paris, à proximité immédiate de l'internet." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/18.jpg" title="Emmanuel de Ngroung me menait à pied et nuitamment jusqu'à Sartrouville, et retour. Nippon laissait sa carte, en cas de garde à vue." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/19.jpg" title="Ç'avait été un beau septembre et un plus bel octobre manifestants. Mes parents ne rataient pas une marche; ComitéCentral venait looké; on croisait de la famille, des amis. On se demandait: est-on moins cette fois-ci?; on se rassurait: tu as vu comme on est serrés; on communiait à ce plaisir sans parallèle, une foule qui se reconnaît comme le peuple. " class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/20.jpg" title="Je fis un petit plaisir à Braouezec en le reconnaissant et succombai au people-spotting au carré VIP du PS. (il a pris du cul Benoît Hamon, non?)" class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201010/21.jpg" title="«Embauchez des jeunes et libérez les vieux!»" class="alignnone" width="250" height="250" /></p>
<p>A1: L&#8217;été venu, Mme Gujarat décida d&#8217;arrêter son restaurant, après 10 ans de trime.  Elle souriait: elle allait pouvoir enfin voir son fils le soir, et profiter de la vie.<br />
A2: Pour un jour seulement, avec Giray, on pouvait se rouler dans les augustes fossés, au bout de la Brie. Averse en soirée, ne pas compter sur les breaks normands pour prendre en stop deux gendres idéaux, mais turcs.<br />
A3: Avec SophCo et Rob, j&#8217;avais pris des vacances tarnaises, comme un intermède. C&#8217;est le vieux pays de collines et de canicule, de virages et de pâtures, de villégiatures anglaises et de festivals, de crise laitière et de bons hommes.<br />
B1: Puis je me claquemurai dans la banlieue.<br />
B2: Au Monoprix, je croisais les fantômes de camarades de collège. Comme naguère, je fendais la banlieue à vélo; cette fois casqué comme un champignon de Paris.<br />
B3: La nuit, la maison craquait de bruits étranges, je cauchemardais l&#8217;intrusion de voleurs. De jour, une voiture empruntait parfois l&#8217;avenue.<br />
C1: Arrosage, lessives, piscine, journal! Routines et fuites de mes révisions.<br />
C2: Le lundi, droit, rouge. Le mardi, économie, jaune. Le mercredi&#8230;<br />
C3: L&#8217;occasion était belle aussi de sillonner les ruelles de Sèvres et Saint-Cloud. Les maisons de rapport étaient devenues des pavillons bourgeois fermés pour l&#8217;été, l&#8217;usine: un Club Med Gym, le train de banlieue: un tram automatique aux gares à l&#8217;abandon. Seul persévérait, tutélaire, lisse, mais louche, le siège social de Dassault.<br />
D1: Le mariage de Piwaï avait était le temporaire dénouement, heureux et classe, d&#8217;une longue telenovella.<br />
D2: A la gay pride comme à Breteuil, Pif récriminait contre son travail, la vie, les gens, mais n&#8217;en continuait pas moins de pédaler.<br />
D3: Et à Toulouse, summerkisses.<br />
E1: En 2010, on réunit pour les trier les «mandarins de la société bourgeoise» dans un sous-sol de la Défense. Comme un grand parking à élites de la Nation.<br />
E2: Sous la surveillance impitoyable d&#8217;un ancien adjudant / imitateur de Chaban-Delmas, ils composent 25 heures.<br />
E3: Avec ou sans eux, «L&#8217;Etat peut-il disparaître?»<br />
F1: «Et vous tous! à la file ou confondus en bande / Ou seuls, vision si nette des jours passés, / Passions du présent, futur qui croît et bande / Chéris sans nombre qui n&#8217;êtes jamais assez!»<br />
F2: Assez vite, les révisions avaient repris. Foin de solitude banlieusarde, il s&#8217;agissait de garder la tête froide et toute une en plein Paris, à proximité immédiate de l&#8217;internet.<br />
F3: Emmanuel de Ngroung me menait à pied et nuitamment jusqu&#8217;à Sartrouville, et retour. Nippon laissait sa carte, en cas de garde à vue.<br />
G1: Ç&#8217;avait été un beau septembre et un plus bel octobre manifestants. Mes parents ne rataient pas une marche; ComitéCentral venait looké; on croisait de la famille, des amis. On se demandait: est-on moins cette fois-ci?; on se rassurait: tu as vu comme on est serrés; on communiait à ce plaisir sans parallèle, une foule qui se reconnaît comme le peuple.<br />
G2: Je fis un petit plaisir à Braouezec en le reconnaissant et succombai au people-spotting au carré VIP du PS. (il a pris du cul Benoît Hamon, non?)<br />
G3: «Embauchez des jeunes et libérez les vieux!»</p>
<p>***</p>
<p>Je suis onomamnésique, peut-être une forme atténuée de prosopagnosie. Mon père est vers le stade 2 (de 5) de la syllogomanie. Ma mère est une mère juive, sauf qu&#8217;elle est goy. Ma sœur serait la plus équilibrée d&#8217;entre nous, n&#8217;était sa paranoïa critique. </p>
<p>***</p>
<p>Avec l&#8217;internet, nous nous enlisons dans des conversations de comptoir auxquelles on n&#8217;aurait prêté qu&#8217;une oreille dans un troquet <em>réel,</em> avant de se replonger dans nos propres pensées; dans l&#8217;ignoble du «j&#8217;n'en dis pas plus, on se comprend» des haines ressassées et tous-pourristes; dans une sorte de lie de la pensée politique approximative, pleine de raccourcis et de surnoms (Ségolène, Le Facteur, Sarko), grumelée d&#8217;équivalences douteuses et de points Godwin; dans une boue de pensée, héritière du courrier des lecteurs du <em>Figaro</em>: ce sont les <em>comments </em>sur les sites de presse et, en tendance, sur Facebook (dès lors qu&#8217;on «échange» avec des amis d&#8217;amis inconnus). </p>
<p>Plus obscène encore, internet nous livre les pensées des inconnus (et appelés à le rester) sur nous, il nous soumet aux désirs sadiques quoiqu&#8217;indécis des petits tortionnaires de harem virtuel. Libérés des bornes de la civilité ou de la simple prudence qu&#8217;impliquent le face-à-face, quiconque peut sur internet mentir, confier ses troubles fantasmes, faire miroiter, injurier, tout ramener à soi, mépriser, haïr copieusement, consommer autrui sans autrui: ce sont les tchattes de drague, quelque part entre l&#8217;hystérie et Torquemada. </p>
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		<title>Avec ambages.</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Aug 2010 16:16:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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A1: Je retournai  à Szohod, chaque mois où presque, car c’est là qu’étais mon amoureux. J’ai le souvenir d’immenses retards ferroviaires, de congères de compétition, de villes assiégées par la neige, traversées à tâtons, incolores, désertes, géométriques : des esquisses d’utopies modern style. Le souvenir n’est pas distinct, comme je l’évoque à bord d’un autre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img title="Je retournai  à Szohod, chaque mois où presque, car c’est là qu’étais mon amoureux. J’ai le souvenir d’immenses retards ferroviaires, de congères de compétition, de villes assiégées par la neige, traversées à tâtons, incolores, désertes, géométriques : des esquisses d’utopies modern style. Le souvenir n’est pas distinct, comme je l’évoque à bord d’un autre Thalys-tortillard, qui lambine dans la campagne artésienne, verte, chaleureuse et pittoresque comme un Constable, dans son printemps tardif.  Du blizzard au cirrus. " src="http://www.freedonia.fr/201005/01.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><img title="A Paris j’avais repris les vieilles attaches. Alex Nippon était à l’aube de sa carrière de poulet, qu’il lui tardait de commencer pour de bon. Ivan épanouissait ses pieds dans le plat de l’investigation de presse. Alex STAPS parlait plus péremptoirement que jamais dans les assemblées (il réservait sa sagesse et sa drôlerie pour les petits comités)." src="http://www.freedonia.fr/201005/02.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><img title="Le Lobby Gay tint conclave – pas loin derrière vous." src="http://www.freedonia.fr/201005/03.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img title="Je redevins étudiant, comme si toute ma vie adulte n’eût été qu’une longue prép’ENA. Les cours alternaient, dans un faux rythme d’éreintement et d’oisiveté coupable. Il me semblait toutefois flotter un peu, glaner les bons points sans effort, capitalisant sur l’avance de toutes mes prépa passées, ou peut-être touchant à ce but que BoxingBoy m’avait reproché (jadis, à Venise) d’éluder : préparer l’épreuve froidement pour y réussir, plutôt qu’en faire un motif d’érudition ou un enjeu personnel. ." src="http://www.freedonia.fr/201005/04.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><img title=" Avec la prépa, je dus suivre l’actualité de plus près. Lire et écouter les nouvelles, chaque jour de cet automne d’identité nationale, de cet hiver de précipitation réactionnaire, fut «mon cilice et ma discipline» : brique à brique dans la vitrine, le pouvoir cassait l’Etat pour montrer son inefficacité. Par idéologie, il gérait le pays comme une marque de shampoing. Chaque nouvelle «réforme» annoncée, chaque opinion vociférée par les chefs de produit du sarkozysme m’était un coup à l’estomac, une balafre au moral. L’accumulation d’incompétence, d’arrogance et de vulgarité devenait telle, que même quelques hauts fonctionnaires conservateurs, nos enseignants, s’en émurent.." src="http://www.freedonia.fr/201005/05.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><img title="«Cette musique est anxiogène. - Pour moi, elle est juste sexuelle. - Merci, tu viens de m'épargner 10 ans de psychanalyse.»" src="http://www.freedonia.fr/201005/06.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img title="A Bruxelles, menés par LzMry, nous hantions les rades rigolos du quartier des puces ou les bars à minets du centre, sortis intacts d’un souvenir sixties à la Dutronc. Rob était très fan de Popote." src="http://www.freedonia.fr/201005/07.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><img title="A la demande générale: «Et alors, tu l’as présenté à tes parents ?»" src="http://www.freedonia.fr/201005/08.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><img title="Ma mère disait : «Compositeur, c’est original…», comprendre : «il ne doit pas manger à sa faim.»" src="http://www.freedonia.fr/201005/09.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img title="En décembre, Rob donna un beau concert moderne dans un opéra itou." src="http://www.freedonia.fr/201005/10.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><img title="Avec SophCo, nous prîmes le train-couchette, celui qui desservait les vacances:  Orléans-Tours- Limoges- Vindrac -Toulouse entre les fêtes. (Ce train a disparu depuis; et avec lui la mémoire de mes étés d‘enfance, celles qui me reviennent du plus loin: le lent ébranlement du train au sortir de la gare, entre les ombres urbaines mystérieuses, les wagons en rade et les pavillons d‘approche. Au matin, on se déliait les jambes, à la longue fenêtre du couloir, à voir filer les derniers kilomètres.)" src="http://www.freedonia.fr/201005/11.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><img title="Ce fut, comme tous les ans, le rituel de la visite à mes grands-parents. Mais dans une Maison, loin de leur maison, ils n'avaient plus rien de la superbe, de la maîtrise de la situation qui avaient déjà commencer à filer les années précédentes. Tout cela tient à peu de chose, un vêtement, une coupe de cheveux, la haute main sur la discussion. Ils faisaient bonne figure, voilà tout. Alentour, de vieilles personnes erraient, reniflaient notre table et notre situation l'air de rien, avec concupiscence." src="http://www.freedonia.fr/201005/12.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img title="Matthieu DC rebondissait d’une histoire amoureuse à l’autre, sinon à la suivante. Il croisait les belles-familles, couchait avec un agent triple (ex «Facho-Mignon»*), disait: «je veux coucher avec» ou «pourtant je ne l’aime pas» ou «pour ou contre l'avortement»." src="http://www.freedonia.fr/201005/16.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><img title="«Ce que je cherche, c’est la folie à deux» confessait-elle, dans la généralité. «On sent bien qu’elle envoie du bois», notait-il, d’une autre." src="http://www.freedonia.fr/201005/17.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><img title="De leur côté, les TBS avait essaimé aux quatre vents, mixant ici, exposant là, DA un jour, romancier peut-être le lendemain. Depuis la fin des Mort aux Jeunes, s’ils se conservaient  l’amitié, ils n’avaient plus je crois cette intimité exclusive d‘auparavant. Les configurations de leurs, de nos liens s’étaient démultipliées en s’espaçant: le Bureau de mode, les collaborations aux ambitions  avant-gardistes des Bibis, mille soirées aux DJ-sets kaléidoscopiques, les vacances balkaniques." src="http://www.freedonia.fr/201005/18.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img title="C'est le paradoxe du «couple libre», de l'émancipation que j'ai voulue de mon désir et de ma fidélité. Pour qu'un seul garçon ne puisse me faire jamais beaucoup souffrir, j'ai accepté que tous les garçons me blessent un peu tous les jours." src="http://www.freedonia.fr/201005/19.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><img title="Il flottait sur l'Etat comme une impression de fin des haricots." src="http://www.freedonia.fr/201005/20.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /><img title="Je proposai mon appartement en chambre d'hôte, pour joindre les deux bouts. Pour des raisons obscures, il fut surtout loué par des gens improbables, genre famille en habitat collectif Lettons/Ouzbeks, gastronome israélien postadolescent, humanitaire iranien du Tchad." src="http://www.freedonia.fr/201005/21.jpg" class="alignnone" width="250" height="250" /></p>
<p>A1: Je retournai  à Szohod, chaque mois où presque, car c’est là qu’étais mon amoureux. J’ai le souvenir d’immenses retards ferroviaires, de congères de compétition, de villes assiégées par la neige, traversées à tâtons, incolores, désertes, géométriques : des esquisses d’utopies modern style. Le souvenir n’est pas distinct, comme je l’évoque à bord d’un autre Thalys-tortillard, qui lambine dans la campagne artésienne, verte, chaleureuse et pittoresque comme un Constable, dans son printemps tardif.  Du blizzard au cirrus.<br />
A2: A Paris j’avais repris les vieilles attaches. Alex Nippon était à l’aube de sa carrière de poulet, qu’il lui tardait de commencer pour de bon. Ivan épanouissait ses pieds dans le plat de l’investigation de presse. Alex STAPS parlait plus péremptoirement que jamais dans les assemblées (il réservait sa sagesse et sa drôlerie pour les petits comités).<br />
A3: Le Lobby Gay tint conclave – pas loin derrière vous.<br />
B1: Je redevins étudiant, comme si toute ma vie adulte n’eût été qu’une longue prép’ENA. Les cours alternaient, dans un faux rythme d’éreintement et d’oisiveté coupable. Il me semblait toutefois flotter un peu, glaner les bons points sans effort, capitalisant sur l’avance de toutes mes prépa passées, ou peut-être touchant à ce but que BoxingBoy m’avait reproché (jadis, à Venise) d’éluder : préparer l’épreuve froidement pour y réussir, plutôt qu’en faire un motif d’érudition ou un enjeu personnel.<br />
B2: Avec la prépa, je dus suivre l’actualité de plus près. Lire et écouter les nouvelles, chaque jour de cet automne d’identité nationale, de cet hiver de précipitation réactionnaire, fut «mon cilice et ma discipline» : brique à brique dans la vitrine, le pouvoir cassait l’Etat pour montrer son inefficacité. Par idéologie, il gérait le pays comme une marque de shampoing. Chaque nouvelle «réforme» annoncée, chaque opinion vociférée par les chefs de produit du sarkozysme m’était un coup à l’estomac, une balafre au moral. L’accumulation d’incompétence, d’arrogance et de vulgarité devenait telle, que même quelques hauts fonctionnaires conservateurs, nos enseignants, s’en émurent.<br />
B3 : «Cette musique est anxiogène. &#8211; Pour moi, elle est juste sexuelle. &#8211; Merci, tu viens de m&#8217;épargner 10 ans de psychanalyse.»<br />
C1: A Bruxelles, menés par LzMry, nous hantions les rades rigolos du quartier des puces ou les bars à minets du centre, sortis intacts d’un souvenir sixties à la Dutronc. Rob était très fan de Popote.<br />
C2: A la demande générale:«Et alors, tu l’as présenté à tes parents ?»<br />
C3: Ma mère disait : «Compositeur, c’est original…», comprendre : «il ne doit pas manger à sa faim.»<br />
D1: En décembre, Rob donna un beau concert moderne dans un opéra itou.<br />
D2: Avec SophCo, nous prîmes le train-couchette, celui qui desservait les vacances:  Orléans-Tours- Limoges- Vindrac -Toulouse entre les fêtes. (Ce train a disparu depuis; et avec lui la mémoire de mes étés d‘enfance, celles qui me reviennent du plus loin: le lent ébranlement du train au sortir de la gare, entre les ombres urbaines mystérieuses, les wagons en rade et les pavillons d‘approche. Au matin, on se déliait les jambes, à la longue fenêtre du couloir, à voir filer les derniers kilomètres.)<br />
D3: Ce fut, comme tous les ans, le rituel de la visite à mes grands-parents. Mais dans une Maison, loin de leur maison, ils n&#8217;avaient plus rien de la superbe, de la maîtrise de la situation qui avaient déjà commencer à filer les années précédentes. Tout cela tient à peu de chose, un vêtement, une coupe de cheveux, la haute main sur la discussion. Ils faisaient bonne figure, voilà tout. Alentour, de vieilles personnes erraient, reniflaient notre table et notre situation l&#8217;air de rien, avec concupiscence.<br />
E1: Matthieu DC rebondissait d’une histoire amoureuse à l’autre, sinon à la suivante. Il croisait les belles-familles, couchait avec un agent triple (ex «Facho-Mignon»*), disait: «je veux coucher avec» ou «pourtant je ne l’aime pas» ou «pour ou contre l&#8217;avortement».<br />
E2: «Ce que je cherche, c’est la folie à deux» confessait-elle, dans la généralité. «On sent bien qu’elle envoie du bois», notait-il, d’une autre.<br />
E3: De leur côté, les TBS avait essaimé aux quatre vents, mixant ici, exposant là, DA un jour, romancier peut-être le lendemain. Depuis la fin des Mort aux Jeunes, s’ils se conservaient  l’amitié, ils n’avaient plus je crois cette intimité exclusive d‘auparavant. Les configurations de leurs, de nos liens s’étaient démultipliées en s’espaçant: le Bureau de mode, les collaborations aux ambitions  avant-gardistes des Bibis, mille soirées aux DJ-sets kaléidoscopiques, les vacances balkaniques.<br />
F1: C&#8217;est le paradoxe du «couple libre», de l&#8217;émancipation que j&#8217;ai voulue de mon désir et de ma fidélité. Pour qu&#8217;un seul garçon ne puisse me faire jamais beaucoup souffrir, j&#8217;ai accepté que tous les garçons me blessent un peu tous les jours.<br />
F2: Il flottait sur l&#8217;Etat comme une impression de fin des haricots.<br />
F3: Je proposai mon appartement en chambre d&#8217;hôte, pour joindre les deux bouts. Pour des raisons obscures, il fut surtout loué par des gens improbables, genre famille en habitat collectif Lettons/Ouzbeks, gastronome israélien postadolescent, humanitaire iranien du Tchad.</p>
<p><em>(histoire sans image)</em></p>
<p>«I’ll shoot you», avait dit Artemis. Je crains les augures. Dans le passé j’ai croisé un Gabriel à mine d’ange, mais qui n’annonçait que la résurrection de soucis amoureux (pas avec lui, d’ailleurs. Il fut furtif, comme son message). Accrocher Artemis d’un coup d’œil, d’un trait : la séduction est toujours trop belle pour être vraie; elle est trompe l’œil, ironie du destin, flèche du Parthe; du désir, nous sommes les cocus, nous portons ses cornes tels Actéon. D’ailleurs, Artemis s’était couché avec un empressement chypriote (ou si l’on veut une camaraderie mancunienne); mais il se leva et disparut de ma vie avec une froideur britannique. </p>
<p>L’horrible fut mon sang-froid, dans l’évènement et dans les contre-mesures. Pas d&#8217;urgence aux urgences, ni colère, ni véritable angoisse. On se résigne si facilement aux protocoles, puisqu’ils nous sont connus d’avance. Fatalisme ex post.</p>
<p>Comme si, d&#8217;un malheur à l&#8217;autre (tel deuil, tel flip vénérien) la peur s’anesthésiait; comme si elle seule avait pu jusque là gendarmer mon comportement, et menaçait de faire défaut. L’abîme serait devant moi, béant: dans ce refus que le recul, que la retenue  s’insinuent dans le jeu de <em>mil e tre</em>; c’est-à-dire, en consentant implicitement, par inertie, que l’enchère s’augmente d’elle-même. Donjuanisme ex ante. </p>
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		<title>«So we beat on,&#8230;»</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 22:33:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Freedonia, l&#8217;intermittente du spectacle, a traîné à reprendre ses émissions. Ma mémoire a longtemps tourné autour d&#8217;une blague vraiment très drôle, ou était-ce outrée, de François B2 ;  sans la retrouver. Et puis l&#8217;eau à coulé sous les ponts, et j&#8217;ai eu la tête sous l&#8217;eau, et autre métaphores valides tant que j&#8217;ai été [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Freedonia, <em>l&#8217;intermittente du spectacle, </em>a traîné à reprendre ses émissions. Ma mémoire a longtemps tourné autour d&#8217;une blague vraiment très drôle, ou était-ce outrée, de François B2 ;  sans la retrouver. Et puis l&#8217;eau à coulé sous les ponts, et j&#8217;ai eu la tête sous l&#8217;eau, et autre métaphores valides tant que j&#8217;ai été en Ruritanie.</p>
<p><img src="http://www.freedonia.fr/200908/07.jpg" title="En août, nous avions visité la patrie de Rob, la Nouvelle-Angleterre rurale, gothique et immuable comme une carte postale. Ou dissimulatrice en pleine lumière, comme «la Lettre volée». Les gares émergent de posters civiques de Norman Rockwell, on fend en SUV les champs de bataille de la Guerre d'indépendance, et les grenouilles perchées dans des arbres gigantesques coassent gigantesquement, invisibles, dans la nuit moite, maudite et effrayante. On est à la fin du monde ou dans «Magnolia». Comme dans une photo de Gregory Crewdson, ou simplement «Desperate Housewives», toutes les turpitudes peuvent se cacher derrière les jardinets de ces maisons trop grandes. On fait des barbecues entre voisins." width="250" height="250" /><img src="http://www.freedonia.fr/200908/08.jpg" title="A Yale, j'avais recroisé Gerald Murphy, je lisais «Great Gatsby» et Graham Greene." width="250" height="250" /><img src="http://www.freedonia.fr/200908/09.jpg" title="Des amis de Rob nous avaient accueilli, des gens érudits, doux et drôles, avec des animaux déjantés. On s'était promenés dans la ville universitaire et sur le campus, idyllique et impossible, une thébaïde de jeunes mangeant bio, «ce côté du paradis»." width="250" height="250" /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200908/10.jpg" title="a New York, Rob voulut voir mille et une choses, ses amis, toute son ancienne vie d'outre-Atlantique, et les nouveautés encore." width="250" height="250" /><img src="http://www.freedonia.fr/200908/11.jpg" title="SophCo, elle, ne se départit pas de sa placidité, allant de Bacon à B&amp;H, de K-Town au Village à Billieburg, mais point trop vite." width="250" height="250" /><img src="http://www.freedonia.fr/200908/12.jpg" title="(Ici, remarque scandaleuse de François B2 sur les minorités asiatiques, rendue hilarante par l'abus de sake.)" width="250" height="250" /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200908/13.jpg" title="Et c'était toujours un plaisir d'arpenter l'West Side, de dénicher des boutiques à attrapes-poussières, d'engouffrer sushis et eggcream." width="250" height="250" /><img src="http://www.freedonia.fr/200908/14.jpg" title="J'avais pris des chambres dans des bed-and-breakfasts improvisés. Du haut de l'hôtel de SophCo, on embrassait les toits, le panorama unique dominé l'Empire State Building, le haut rêve new-yorkais. Du bas de mes chambres, on saisissait ce rêve affrontant pied-à-pied la réalité : le manège au plafond du loft du coiffeur branché, en partance pour Reykjavik ou Berlin, qui accueillait aussi un studio de photo coquines; la tanière intello et compacte, un peu vétuste, du jeune apprenti-acteur ashkénaze de l'East Village." width="250" height="250" /><img src="http://www.freedonia.fr/200908/15.jpg" title="A Philadelphie, on avait pris des cheesteaks chez Pat's, pas chez Geno's, l'ami des flics et l'ennemi des autres dont les étrangers et Mumia. Flics qui, d'ailleurs, avaient mis une contredanse à Rob, car son New Jersey minéralogique est un peu le 78 de l'Amérique. Le centre-ville restait, par endroits, frappé de prescription, usé, poussiéreux, sinistré, avec la vérité pourtant et la grâce de la résilience, du passé qui tarde à disparaître tout à fait. Un peu plus loin, des baraques militaires jadis squattées étaient devenues des maisons de ville pour bobos." width="250" height="250" /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200908/16.jpg" title="Rien ne sert de visiter une ville pour la découvrir; il faut pour cela la retrouver. Car on fait alors l'économie des passages obligés, du «tour», des lieux communs; on la voit dans son particulier." width="250" height="250" /><img src="http://www.freedonia.fr/200908/17.jpg" title="Lenny était seul, toujours un dandy, un prince à Forrest Hill. Il se défaisait en hâte de vieilles cravates, de beaux stylos, jetant le superflu comme un lest dangereux." width="250" height="250" /><img src="http://www.freedonia.fr/200908/18.jpg" title="Je repris ensuite le chemin de La Hague et les vacances furent bien finies." width="250" height="250" /></p>
<p>A1: En août, nous avions visité la patrie de Rob, la Nouvelle-Angleterre rurale, gothique et immuable comme une carte postale. Ou dissimulatrice en pleine lumière, comme «la Lettre volée». Les gares émergent de posters civiques de Norman Rockwell, on fend en SUV les champs de bataille de la Guerre d&#8217;indépendance, et les grenouilles perchées dans des arbres gigantesques coassent gigantesquement, invisibles, dans la nuit moite, maudite et effrayante. On est à la fin du monde ou dans «Magnolia». Comme dans une photo de Gregory Crewdson, ou simplement «Desperate Housewives», toutes les turpitudes peuvent se cacher derrière les jardinets de ces maisons trop grandes. On fait des barbecues entre voisins.<br />
A2: A Yale, j&#8217;avais recroisé Gerald Murphy, je lisais «Great Gatsby» et Graham Greene.<br />
A3: Des amis de Rob nous avaient accueilli, des gens érudits, doux et drôles, avec des animaux déjantés. On s&#8217;était promenés dans la ville universitaire et sur le campus, idyllique et impossible, une thébaïde de jeunes mangeant bio, «ce côté du paradis».<br />
B1: A New York, Rob voulut voir mille et une choses, ses amis, toute son ancienne vie d&#8217;outre-Atlantique, et les nouveautés encore.<br />
B2: SophCo, elle, ne se départit pas de sa placidité, allant de Bacon à B&#038;H, de K-Town au Village à Billieburg, mais point trop vite.<br />
B3: (Ici, remarque scandaleuse de François B2 sur les minorités asiatiques, rendue hilarante par l&#8217;abus de sake.)<br />
C1: Et c&#8217;était toujours un plaisir d&#8217;arpenter l&#8217;West Side, de dénicher des boutiques à attrapes-poussières, d&#8217;engouffrer sushis et eggcream.<br />
C2: J&#8217;avais pris des chambres dans des bed-and-breakfasts improvisés. Du haut de l&#8217;hôtel de SophCo, on embrassait les toits, le panorama unique dominé l&#8217;Empire State Building, le haut rêve new-yorkais. Du bas de mes chambres, on saisissait ce rêve affrontant pied-à-pied la réalité : le manège au plafond du loft du coiffeur branché, en partance pour Reykjavik ou Berlin, qui accueillait aussi un studio de photo coquines; la tanière intello et compacte, un peu vétuste, du jeune apprenti-acteur ashkénaze de l&#8217;East Village.<br />
C3: A Philadelphie, on avait pris des cheesesteaks chez Pat&#8217;s, pas chez Geno&#8217;s, l&#8217;ami des flics et l&#8217;ennemi des autres dont les étrangers et Mumia. Flics qui, d&#8217;ailleurs, avaient mis une contredanse à Rob, car son New Jersey minéralogique est un peu le 78 de l&#8217;Amérique. Le centre-ville restait, par endroits, frappé de prescription, usé, poussiéreux, sinistré, avec la vérité pourtant et la grâce de la résilience, du passé qui tarde à disparaître tout à fait. Un peu plus loin, des baraques militaires jadis squattées étaient devenues des maisons de ville pour bobos.<br />
D1: Rien ne sert de visiter une ville pour la découvrir; il faut pour cela la retrouver. Car on fait alors l&#8217;économie des passages obligés, du «tour», des lieux communs; on la voit dans son particulier.<br />
D2: Lenny était seul, toujours un dandy, un prince à Forrest Hill. Il se défaisait en hâte de vieilles cravates, de beaux stylos, jetant le superflu comme un lest dangereux.<br />
D3: Je repris ensuite le chemin de La Hague et les vacances furent bien finies. </p>
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		<title>Ewigjungen</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Jul 2009 16:19:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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A1: A R-dam, Mamy montrait des signes de fatigue mais continuait à marche forcée.
A2: Elle disait à Thérèse «Ah non, vous n&#8217;allez pas payer ça, après vous ne mangez pas pendant huit jours», qui répondait «et qu&#8217;est-ce que ça peut bien faire!»
A3: Et puis j&#8217;étais retourner dans Paris délavé de soleil et de printemps, pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.freedonia.fr/200906/10.jpg" title="A R-dam, Mamy montrait des signes de fatigue mais continuait à marche forcée." /><img src="http://www.freedonia.fr/200906/11.jpg" title="Elle disait à Thérèse «Ah non, vous n'allez pas payer ça, après vous ne mangez pas pendant huit jours», qui répondait «et qu'est-ce que ça peut bien faire!»" /><img src="http://www.freedonia.fr/200906/12.jpg" title="Et puis j'étais retourner dans Paris délavé de soleil et de printemps, pour fêter mon anniversaire et parler paternité et business avec FiX au fin fond du XXe." /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200907/01.jpg" title="J'avais mariné dans la peur, mais point trop les révisions, avant mon oral pour rentrer en classe préparatoire au concours de l'école permettant d'accéder éventuellement à une promotion professionnelle. Tout de même, j'avais été pris. (Barbara Hepworth, Gerrit Rietveld)" /><img src="http://www.freedonia.fr/200907/02.jpg" title="A La Hague, Crame allait voir Charles Taylor en son déni, et pour lui-même traçait un avenir de femme (gitane) à barbe banale. Chaque matin, comme les semaines de travail, il émergeait en matant l'internet social-cul." /><img src="http://www.freedonia.fr/200907/03.jpg" title="Rescapée de l'insolation, SophCo se demandait si son été serait fait d'un gigantesque congé sabbatique ou juste d'un plan social. Elle doutait qu'on lui trouvât un mec potable en ligne." /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200907/04.jpg" title="Et après tout, l'été était venu, l'été batave qui tousse grassement comme un automne asthmatique, l'été beau et luisant comme un sanatorium de bord de mer. Le travail avait curieusement redoublé, et c'était bien agréable, de s'affairer ainsi mais dans des bureaux calmes, vidés par les vacances des autres." /><img src="http://www.freedonia.fr/200907/05.jpg" title="A Berlin, on avait fêté en force les trente ans d'Idan STAPS, Rob et Dani avaient accompagné impromptu des tubes de Chava Alberstein et «La chanson des vieux amants». On s'était rassasié et plus de délices veggie, et puis on était tard parti danser, ou dormir, ou papoter, dans une boîte/squat/jardin de bord de voie ferrée. Dans la ville qui ne travaille jamais, rien n'avait plus d'heure." /><img src="http://www.freedonia.fr/200907/06.jpg" title="On avait fait un tour du Kreuzberg gauchiste et pédé, et les pèlerinages de Sans-Souci et du Reichstag. Xavier disait: «Ilan Halimi, c'est la Shoah des Sépharades!» et refusait de chanter en public: «I'm not your Sephardic monkey!»" /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200907/07.jpg" title="Rob aussi avait fêté son anniversaire, courant d'un point de la ville à l'autre, s'ébaudissant d'une choucroute à la crème." /><img src="http://www.freedonia.fr/200907/08.jpg" title="Alex avait parlé caca et sida, et tombé le maillot pour chanter «Toxic» dans un karaoke; la routine." /><img src="http://www.freedonia.fr/200907/09.jpg" title="Et moi, je continuais d'avoir mes doutes et mes colères. (Sigmar Polke)." /></p>
<p>A1: A R-dam, Mamy montrait des signes de fatigue mais continuait à marche forcée.<br />
A2: Elle disait à Thérèse «Ah non, vous n&#8217;allez pas payer ça, après vous ne mangez pas pendant huit jours», qui répondait «et qu&#8217;est-ce que ça peut bien faire!»<br />
A3: Et puis j&#8217;étais retourner dans Paris délavé de soleil et de printemps, pour fêter mon anniversaire et parler paternité et business avec FiX au fin fond du XXe.<br />
B1: J&#8217;avais mariné dans la peur, mais point trop les révisions, avant mon oral pour rentrer en classe préparatoire au concours de l&#8217;école permettant d&#8217;accéder éventuellement à une promotion professionnelle. Tout de même, j&#8217;avais été pris. (Barbara Hepworth, Gerrit Rietveld)<br />
B2: A La Hague, Crame allait voir Charles Taylor en son déni, et pour lui-même traçait un avenir de femme (gitane) à barbe banale. Chaque matin, comme les semaines de travail, il émergeait en matant l&#8217;internet social-cul.<br />
B3: Rescapée de l&#8217;insolation, SophCo se demandait si son été serait fait d&#8217;un gigantesque congé sabbatique ou juste d&#8217;un plan social. Elle doutait qu&#8217;on lui trouvât un mec potable en ligne.<br />
C1: Et après tout, l&#8217;été était venu, l&#8217;été batave qui tousse grassement comme un automne asthmatique, l&#8217;été beau et luisant comme un sanatorium de bord de mer. Le travail avait curieusement redoublé, et c&#8217;était bien agréable, de s&#8217;affairer ainsi mais dans des bureaux calmes, vidés par les vacances des autres.<br />
C2: A Berlin, on avait fêté en force les trente ans d&#8217;Idan STAPS, Rob et Dani avaient accompagné impromptu des tubes de Chava Alberstein et «La chanson des vieux amants». On s&#8217;était rassasié et plus de délices veggie, et puis on était tard parti danser, ou dormir, ou papoter, dans une boîte/squat/jardin de bord de voie ferrée. Dans la ville qui ne travaille jamais, rien n&#8217;avait plus d&#8217;heure.<br />
C3: On avait fait un tour du Kreuzberg gauchiste et pédé, et les pèlerinages de Sans-Souci et du Reichstag. Xavier disait: «Ilan Halimi, c&#8217;est la Shoah des Sépharades!» et refusait de chanter en public: «I&#8217;m not your Sephardic monkey!»<br />
D1: Rob aussi avait fêté son anniversaire, courant d&#8217;un point de la ville à l&#8217;autre, s&#8217;ébaudissant d&#8217;une choucroute à la crème.<br />
D2: Alex avait parlé caca et sida, et tombé le maillot pour chanter «Toxic» dans un karaoke; la routine.<br />
D3: Et moi, je continuais d&#8217;avoir mes doutes et mes colères. (Sigmar Polke).</p>
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		<title>«I Miss You Like Hell»</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Jun 2009 14:55:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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A1: Au Liban, on avait négocié sans fin le tarif avec les taxis. SophCo et Jul&#8217;Laf avaient conduit malgré l&#8217;absence de code de la route, sur des nationales à tombeau ouvert et des bretelles à contre-sens.
A2: Dès notre arrivée, un pote de Janaïna avait prévenu: ce pays est féodal. Et ce qui domine, plus que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.freedonia.fr/200906/01.jpg" title="Au Liban, on avait négocié sans fin le tarif avec les taxis. SophCo et Jul'Laf avaient conduit malgré l'absence de code de la route, sur des nationales à tombeau ouvert et des bretelles à contre-sens." /><img src="http://www.freedonia.fr/200906/02.jpg" title="Dès notre arrivée, un pote de Janaïna avait prévenu: ce pays est féodal. Et ce qui domine, plus que les clivages religieux, sont les clans, le patronage d'une famille sur sa vallée ou son quartier, les rancœurs de vendetta, le brigandage à l'échelle d'un pays et même de sa diaspora." /><img src="http://www.freedonia.fr/200906/03.jpg" title="Mis en coupe réglée, vendu à la découpe, tronçonné par les checkpoints, le Liban n'a pas d'État: pays de dealers plus encore que de marchands, seule la monnaie lui est commune. École, sécurité, transports, énergie, information, industries sont affermés aux communautés, aux barons rapaces. La vie y est cent fois équipollée, échiquetée, mafieusement morcelée, concaténée par les parentèles, les haines et les rivalités de souk." /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200906/04.jpg" title="A Beyrouth, les belles villas mandataires finissent de pourrir sous le soleil, au crible des obus. La place des Martyrs, jadis le plus jet-set parking de plein air de l'Orient, est désormais un stationnement sinistre au soleil, triste et inéluctable comme un échangeur urbain belge, accoté d'immeubles fantômes, où s'est échouée la coque d'un cinéma/bunker." /><img src="http://www.freedonia.fr/200906/05.jpg" title="Janaïna, là-dedans, continuait de papillonner de camp palestinien en soirée maronite chic, de cours de capoeira en amis gauchistes; Janaïna «qui rit, malgré les averses, prépare en secret» le concours." /><img src="http://www.freedonia.fr/200906/06.jpg" title="Demeurent l'immense splendeur déserte de Baalbek, le sursis d'oasis et la magnificence de caravansérail du palais de Beiteddine, la grâce immémoriale de Tyr, de Byblos, de Sidon." /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200906/07.jpg" title="A Beyrouth encore, quartiers Est, la jeunesse friquée vit son mirage d'oisiveté made in Miami, musique assourdissante, beauté bling-bling et refaite.Tout est fake (...)." /><img src="http://www.freedonia.fr/200906/08.jpg" title=" La côte, elle, est percluse des hideux cauchemars des promoteurs, mitée par l'égoïsme et l'anarchie des résidences secondaires." /><img src="http://www.freedonia.fr/200906/09.jpg" title="Pendant ce temps-là, SophCo achetait un teeshirt du Hezbollah (bon goût, toujours) et Jul'Laf cherchait des noises aux locaux." /></p>
<p>A1: Au Liban, on avait négocié sans fin le tarif avec les taxis. SophCo et Jul&#8217;Laf avaient conduit malgré l&#8217;absence de code de la route, sur des nationales à tombeau ouvert et des bretelles à contre-sens.<br />
A2: Dès notre arrivée, un pote de Janaïna avait prévenu: ce pays est féodal. Et ce qui domine, plus que les clivages religieux, sont les clans, le patronage d&#8217;une famille sur sa vallée ou son quartier, les rancœurs de vendetta, le brigandage à l&#8217;échelle d&#8217;un pays et même de sa diaspora.<br />
A3: Mis en coupe réglée, vendu à la découpe, tronçonné par les checkpoints, le Liban n&#8217;a pas d&#8217;État: pays de dealers plus encore que de marchands, seule la monnaie lui est commune. École, sécurité, transports, énergie, information, industries sont affermés aux communautés, aux barons rapaces. La vie y est cent fois équipollée, échiquetée, mafieusement morcelée, concaténée par les parentèles, les haines et les rivalités de souk.<br />
B1: A Beyrouth, les belles villas mandataires finissent de pourrir sous le soleil, au crible des obus. La place des Martyrs, jadis le plus jet-set parking de plein air de l&#8217;Orient, est désormais un stationnement sinistre au soleil, triste et inéluctable comme un échangeur urbain belge, accoté d&#8217;immeubles fantômes, où s&#8217;est échouée la coque d&#8217;un cinéma/bunker.<br />
B2: Janaïna, là-dedans, continuait de papillonner de camp palestinien en soirée maronite chic, de cours de capoeira en amis gauchistes; Janaïna «qui rit, malgré les averses, prépare en secret» le concours.<br />
B3: Demeurent l&#8217;immense splendeur déserte de Baalbek, le sursis d&#8217;oasis et la magnificence de caravansérail du palais de Beiteddine, la grâce immémoriale de Tyr, de Byblos, de Sidon.<br />
C1: A Beyrouth encore, quartiers Est, la jeunesse friquée vit son mirage d&#8217;oisiveté made in Miami, musique assourdissante, beauté bling-bling et refaite.Tout est fake (&#8230;).<br />
C2: La côte, elle, est percluse des hideux cauchemars des promoteurs, mitée par l&#8217;égoïsme et l&#8217;anarchie des résidences secondaires.<br />
C3: Pendant ce temps-là, SophCo achetait un teeshirt du Hezbollah (bon goût, toujours) et Jul&#8217;Laf cherchait des noises aux locaux.</p>
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		<title>«High clouds»</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Feb 2009 21:10:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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A1: A A-dam, Xavier parlait de ses discussions avec Sébastien Prof et Riquita, il disait drôlement : «Est-ce que le parti a pris une position sur la question?» Il évoquait les doutes et les tâtonnements de la recherche amoureuse.
A2: Le même week-end, au détour de conversations téléphoniques, ma grand&#8217;mère disait «Ta mère a annulé la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.freedonia.fr/200902/01.jpg" title="A A-dam, Xavier parlait de ses discussions avec Sébastien Prof et Riquita, il disait drôlement : «Est-ce que le parti a pris une position sur la question?» Il évoquait les doutes et les tâtonnements de la recherche amoureuse. " /><img src="http://www.freedonia.fr/200902/02.jpg" title="Le même week-end, au détour de conversations téléphoniques, ma grand'mère disait «Ta mère a annulé la fête d'anniversaire de ta sœur... le cancer du pancréas de X***... eh ben c'est pas marrant d'être vieux», ma mère «de toute façon je dois être à Toulouse, M*** a un cancer d'accord?!», et SophCo me rabrouait méchamment." /><img src="http://www.freedonia.fr/200902/03.jpg" title="Subitement ont reflué toute la solitude périphérique de mon expatriation à la Hague; tout le complexe aussi d'être trop jeune pour être dans la conversation des grands, d'apprendre les nouvelles graves à contretemps; l'angoisse de la péremption de tout et de tout le monde." /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200902/04.jpg" title="Mais à Paris, le week-end dernier, on fêta dignement les anniversaires de SophCo et François B2. La moustache dite Harvey Milk ou «La croisière s'amuse» continuait sa prolifération." /><img src="http://www.freedonia.fr/200902/05.jpg" title="Nicolas B2 était outré des discriminations anti-LGBT, de l'invisibilité de ce combat, «il faut faire quelque chose!» Plus tard dans la soirée, au Douplèche, il serait étonné et marri de mon impatience face à SophCo bourrée." /><img src="http://www.freedonia.fr/200902/06.jpg" title="Madame H parlait de l'absence de programme de la gauche, disait non au bio («c'est de la connerie bourgeoise, ce qu'il faut c'est l'agriculture raisonnée»). François B2 était sur les rotules mais continuait d'être tellement drôle, de piquer des bouteilles de vodka oversize." /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200902/07.jpg" title="Et dans le Marais, Claire et Nico No-Photo, dûment chapeauté, profitaient du beau samedi et des boutiques de meubles. " /><img src="http://www.freedonia.fr/200902/08.jpg" title="Claire évoquait ses responsabilités de manager mais «oh non, on va pas parler boulot!»" /><img src="http://www.freedonia.fr/200902/09.jpg" title="Dans les profondeurs d'un lounge, Séb H et Nathalie C parlaient du retour aux dures réalités du un-six et des études en grande banlieue. Séb effleurait la joie toute neuve du consulting." /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200902/10.jpg" title="Désert commerçant du 16ème toujours, ACC parlait des malheurs des PME en temps de crise." /><img src="http://www.freedonia.fr/200902/11.jpg" title="Raphaëlle était timide, un peu, gigotait, pas mal, et comprenait, beaucoup." /><img src="http://www.freedonia.fr/200902/12.jpg" title="Philip demandait confirmation sur Marie-Gabrielle, prénom qui tenait la corde pour n° 2." /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200902/13.jpg" title="La veille, à Ménilmontant, The New Government avait subjugué la foule avec l'aisance des dandies." /><img src="http://www.freedonia.fr/200902/14.jpg" title="ComitéCentral avait toujours la fièvre des passions unilatérales. Il devait passer des vacances chez Hedi Slimane à L.A. comme d'autres vont chercher le pain." /><img src="http://www.freedonia.fr/200902/15.jpg" title="Elise aimait toujours quand c'est compliqué, tumultueux: telenovella." /></p>
<p>A1: A A-dam, Xavier parlait de ses discussions avec Sébastien Prof et Riquita, il disait drôlement : «Est-ce que le parti a pris une position sur la question?» Il évoquait les doutes et les tâtonnements de la recherche amoureuse.<br />
A2: Le même week-end, au détour de conversations téléphoniques, ma grand&#8217;mère disait «Ta mère a annulé la fête d&#8217;anniversaire de ta sœur&#8230; le cancer du pancréas de X***&#8230; eh ben c&#8217;est pas marrant d&#8217;être vieux», ma mère «de toute façon je dois être à Toulouse, M*** a un cancer d&#8217;accord?!», et SophCo me rabrouait méchamment.<br />
A3: Subitement ont reflué toute la solitude périphérique de mon expatriation à la Hague; tout le complexe aussi d&#8217;être trop jeune pour être dans la conversation des grands, d&#8217;apprendre les nouvelles graves à contretemps; l&#8217;angoisse de la péremption de tout et de tout le monde.<br />
B1: Mais à Paris, le week-end dernier, on fêta dignement les anniversaires de SophCo et François B2. La moustache dite Harvey Milk ou «La croisière s&#8217;amuse» continuait sa prolifération.<br />
B2: Nicolas B2 était outré des discriminations anti-LGBT, de l&#8217;invisibilité de ce combat, «il faut faire quelque chose!» Plus tard dans la soirée, au Douplèche, il serait étonné et marri de mon impatience face à SophCo bourrée.<br />
B3: Madame H parlait de l&#8217;absence de programme de la gauche, disait non au bio («c&#8217;est de la connerie bourgeoise, ce qu&#8217;il faut c&#8217;est l&#8217;agriculture raisonnée»). François B2 était sur les rotules mais continuait d&#8217;être tellement drôle, de piquer des bouteilles de vodka oversize.<br />
C1: Et dans le Marais, Claire et Nico No-Photo, dûment chapeauté, profitaient du beau samedi et des boutiques de meubles.<br />
C2: Claire évoquait ses responsabilités de manager mais «oh non, on va pas parler boulot!»<br />
C3: Dans les profondeurs d&#8217;un lounge, Séb H et Nathalie C parlaient du retour aux dures réalités du un-six et des études en grande banlieue. Séb effleurait la joie toute neuve du consulting.<br />
D1: Désert commerçant du 16ème toujours, ACC parlait des malheurs des PME en temps de crise.<br />
D2: Raphaëlle était timide, un peu, gigotait, pas mal, et comprenait, beaucoup.<br />
D3: Philip demandait confirmation sur Marie-Gabrielle, prénom qui tenait la corde pour n° 2.<br />
E1: La veille, à Ménilmontant, The New Government avait subjugué la foule avec l&#8217;aisance des dandies.<br />
E2: ComitéCentral avait toujours la fièvre des passions unilatérales. Il devait passer des vacances chez Hedi Slimane à L.A. comme d&#8217;autres vont chercher le pain.<br />
E3: Elise aimait toujours quand c&#8217;est compliqué, tumultueux: telenovella.</p>
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