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	<title>Freedonia &#187; Fillette</title>
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		<title>Demi-vie moyenne (2013)</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Feb 2015 23:22:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[«Qu’est-ce que j’ai? se disait-il, le cœur lourd. Qui sait? c’est l’angoisse crépusculaire.» (Un Balcon en forêt)














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			<content:encoded><![CDATA[<p>«Qu’est-ce que j’ai? se disait-il, le cœur lourd. Qui sait? c’est l’<em>angoisse crépusculaire.</em>» <em>(Un Balcon en forêt)</em></p>
<p><img class=" alignnone" title="Crame disait, à raison, qu'il ne faut poser que les grandes questions." src="http://www.freedonia.fr/2013/01.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="J'avais pris mes fonctions à la direction du développement. Tout ici respirait la branchitude formidable, Paris-Paris et le bon goût – c'était comme prendre l'ascenseur dans une bulle de champagne. Les secrétaires chargées d'éditer ma carte de cantine bossaient en Zadig &amp; Voltaire." src="http://www.freedonia.fr/2013/02.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Paris cette saison-là enveloppait son mal-être et sa peur d'une langueur hopperienne. On ne semblait ne devoir jamais sortir des bistros, tant dehors il faisait froid, tant filtrait un air mauvais. Hiver éternel, ratonnades, grande dépression. Alors les sorties se faisaient en groupe et en chansons, dans des manifs qui tenaient de la méthode Coué: ça ira mieux demain, «on n'arrête pas le progrès».  Il n'y a pas que moi alors, à m'être senti seul au milieu de la foule." src="http://www.freedonia.fr/2013/03.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Je crains plus que tout les redites. Je hais les expressions toutes faites, les lieux communs (comme ce qu’on écrit au dos d’une carte de vacances). Si je couche avec autant de garçons, c’est que parfois encore je suis surpris dans la parade de séduction; que je découvre un nouveau détail, de la grâce, du saillant physique; ou m’offre une chance de m’introduire dans un nouvel appartement, d’emprunter une rue inconnue, peut-être de ressentir un désir ou une affliction inédits. Si la vie était assez longue, je visiterais tout Paris comme ça, et j’aurais vécu toutes les passions." src="http://www.freedonia.fr/2013/04.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Les mots, les mets, les nouvelles, les actes perdaient peu a peu leur capacité a me surprendre et donc a me plaire. Bientôt je ne voudrais plus vraiment manger de rien. Il faudrait que j’aille chaque fois dans un nouveau restaurant et que mon commensal commandât pour moi." src="http://www.freedonia.fr/2013/05.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Comme à Vienne, une bonne part des pédés de club de gym, des pédés «milieu», étaient de grands corps habités de cerveaux trop  petits. Immenses, forts, fertiles et monnayables comme des étalons de  remonte. Leurs dimensions, leur animalité séduisaient dans leur indifférence; ils avaient envers les autres l'ignorance,  la brutalité cruelle, la simplicité toute physique des enfants qui jouent avec un chat. Parfois pourtant, cachée sous les protéines et le lycra, il y avait une scène sans parole de surprise et de séduction tout droit sortie de Sodome et Gomorrhe." src="http://www.freedonia.fr/2013/06.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Dans sa belle province, Pascale contait avec entrain les potins du cru, les bévues du personnel de maison de nos jours, l'immensité de la tâche." src="http://www.freedonia.fr/2013/07.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="A elle le charisme! Elle confessait les aimer bien, quand même." src="http://www.freedonia.fr/2013/08.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="La peur, la timidité et le sans-prise-de-tête avaient viré au sauve-qui-peut la vie. Exil professionnel, défausse amoureuse, dépaysement amical, tous semblaient choisir l’apatridie existentielle face au défaut de sens. Se réincarnaient qui en amant errant, en VRP, en ami par Skype." src="http://www.freedonia.fr/2013/09.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Daniele disait: l’amour, ce n’est pas le même, à Paris ou à Göttingen." src="http://www.freedonia.fr/2013/10.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Et à peine voulu, Micaël battait sa retraite de Russie." src="http://www.freedonia.fr/2013/11.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="«Soigne-toi camarade!»" src="http://www.freedonia.fr/2013/12.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Cette fuite des poursuivants, cette poursuite des fuyards amoureux, me travaillait comme un bouton de fièvre, comme lui angoissée, intermittente, malpropre et excitable, brûlante comme le vice." src="http://www.freedonia.fr/2013/13.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="L'impression que ma vie intime est une ineptie ne me quittait que par moments. Comme un fantôme, j'avais recroisé David dans Soho – et les sentiments de honte, de médiocrité, d'inaptitude à aimer n'avaient pas cessé de me hanter depuis 2006." src="http://www.freedonia.fr/2013/14.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Nos vies ne trouvaient plus ni sens, ni goût, ni clarté que lorsqu'elles coïncidaient avec nos rêves. Comme dans Mulholland Drive, nous ne comprenions les images et les mots que de nos fantasmes, eux seuls n'appelaient pas d'élucidation." src="http://www.freedonia.fr/2013/15.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Les pensées sombrent proliféraient. «L’intimité suscite chez moi, en dernière analyse, la révulsion.» «A certains moments, j’ai l’impression d’être invisible. Du genre à ne pas déclencher l’ouverture de portes automatiques. Comme les anges de Wenders, la mission divine en moins.»" src="http://www.freedonia.fr/2013/16.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Mes amis m'extirpèrent de là, avec de la drôlerie et du ris de veau, tandis que BoxingBoy plongeait dans le blues icaunais." src="http://www.freedonia.fr/2013/17.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="«Il a une belle caudalie.»" src="http://www.freedonia.fr/2013/18.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="«On t'oublie pas.»" src="http://www.freedonia.fr/2013/21.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Le train du Midi traversait une fois encore pour moi le paysage côtier." src="http://www.freedonia.fr/2013/22.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Paysage parfois absurde, parfois absurde de beauté. L’oblitération de tout urbanisme, le mépris des gens et des sites, une prolifération de laideur, d’exploitation et de gâchis. Et les grands pins, les à-pic, le serpentement joueur de la voie ferrée, comme une folie qui débouche incessamment sur la Mer. Les sombres, les nobles avenues des châteaux de Bandol, de grosses fermes cachées dans des bouquets de cyprès. L’éclat de jouet des camions-citernes, des stations d’épuration, des serres maraîchères; le sérieux de Grand Canyon du massif des Maures. D’hideux ensembles de toutes les provençales couleurs du kitsch." src="http://www.freedonia.fr/2013/23.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="D’ailleurs, la Provence me paraît tourner le dos à la mer comme Paris à la Seine. Elle est cachée du haut de la Cité radieuse, du MuCEM, même dans l’époustouflant panorama urbain depuis le parvis de la gare Saint Charles." src="http://www.freedonia.fr/2013/24.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Et ailleurs: Mer en darse, mer à doses homéopathiques de village-vacances, mer à bétonner." src="http://www.freedonia.fr/2013/25.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Bonnard sur la Méditerranée: «Il faut hausser le ton»." src="http://www.freedonia.fr/2013/26.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="L’europride à Marseille, ou «le bazar du genre.»" src="http://www.freedonia.fr/2013/27.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="J’aime le moment de vide juste avant ou après une manif. La rue est offerte aux marcheurs. Il n’y a plus de bruit de moteurs. On respire. A Marseille, on entend alors la rivalité des cigales en pleine ville." src="http://www.freedonia.fr/2013/28.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="L’arrière-pays des concours de pétanque assise." src="http://www.freedonia.fr/2013/29.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Dans l’arrière-pays niçois, seules les citadelles ont conservé leur beauté a pic, leur escarpement étant inconstructible." src="http://www.freedonia.fr/2013/30.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Les vallées, la cote, le moindre faux-plat orographique ont été uniformément salopés par les promoteurs. Chaque époque d’après-guerre a eu sa laideur propre, concentrée ou dispersée tour a tour,  sa démesure (Marina), ses tropes hideux (les murs orange)." src="http://www.freedonia.fr/2013/31.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="J’aime seulement les villas fin-de-siècle au mystère patricien, et les résidence fifties pour leurs noms inscrits sur verre ou sur marbre, et qui parlent de retraite pensionnée et de rêve américain et m’évoquent Istamboul, qui a les mêmes: l’Atlantique, Lorraine, le Vincennes, l’Eros, Palais Ascot, le Maryland, le Milord, Trianon, la Vigie, Palais Cimiez-Park, le Régent." src="http://www.freedonia.fr/2013/32.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Venise : je ne me perdis pas. La place Saint-Marc n'a pas la proportion que j'avais gardée en tête. Elle est plus courte, et dans l'ensemble plus petite. C'est-à-dire que je ne voyais plus Venise avec mes yeux d'enfant. J'y avais vécu assez de choses diverses pour la voir comme elle est. Je notais alors: pour l'instant, de la joie, pas de plaisir mystique. C'était assez calme aussi, un lundi de l'arrière-saison. Il faisait très beau mais la masse des touristes n'était plus assez grande pour s'exciter d'elle-même. Pourtant, je ne revoyais point Venise comme l'adulte qui reviendrait au lieu de son enfance. Nulle nostalgie. Encore qu'au palais Grassi, on fût bluffé par le tapissage persan, freudien de l'intérieur, le divan-palais, l'internement d'office, le capitonnage que l'époque nous prescrit." src="http://www.freedonia.fr/2013/35.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="A Venise, une chose dont je ne suis pas blasé est l'apéro, même seul. Un accordéon joue lentement, les chats restent invisibles. Quelques taxiscaphes circulent, le visage anxieux. On mange vite, on ne reste pas. C'est un beau moment face à l'église, à la façade sertie de saints anciens. Un beau moment qui ne dure pas, mais auquel on revient sans s'annoncer, tant qu'il y a des stocks de cicchetti." src="http://www.freedonia.fr/2013/36.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Quand j'y repense, il y a dans tout l'enseignement de la littérature une veine de passion, de désir inassouvi, de refus du conformisme matrimonial et de rêverie amoureuse, sillonnée par les jeunes filles romantiques et les vieilles filles romantiques qui font les bataillons de profs de français. Littérature dangereuse à mettre sous les yeux des adolescents." src="http://www.freedonia.fr/2013/33.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Ce qui fait de saint Sébastien le saint pédé par excellence, ce n'est pas tant la nudité fréquente, ni l'instrument de son martyre, ni le bondage, mais ses genoux cagneux. Il est comme une petite fille punie, quoique culturiste." src="http://www.freedonia.fr/2013/37.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Surabondance des plaques écrites, à Venise comme à Paris, dédicatoires, réglementaires, commémoratives, plaques d'église et de sociétés, littéraires, de la police des marchés ou du syndic des copropriétaires. Villes ensevelies sous les mots, morts dictant leurs volontés aux vivants. Cimetières hébraïques qui sont de gigantesques testaments de pierre, inscrits jusques en marge." src="http://www.freedonia.fr/2013/38.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="C. Sainte-Marguerite, intervalles de lumières et de paroles. J'adore quand les garçons italiens se concentrent sur leur telefonino, ce qui est souvent. Soudain ces jeunes arrogants, les militaires rustres, les boutiquiers madrés, les étudiants gourmés s'arrondissent, s'absorbent, s'adoucissent, comme de petits garçons le dimanche à la prière, redeviennent sages." src="http://www.freedonia.fr/2013/34.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Le thème du Palais encyclopédique saisissait, une fois de plus, l'air du temps. Une vaste récapitulation in memoriam, la taxinomie de la faillite de l'Occident. Buckminster Fuller en majesté. Du meilleur – annuaires de grands hommes ou critique mordante de la photo ethnographique – au pire, mégalo et absurde. Avec le retour du métaphysique, là aussi, entre l'honnêteté de l'art brut et l'escroquerie grandiose ou vile." src="http://www.freedonia.fr/2013/39.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Meanwhile, le Sud n'en avait rigoureusement rien à foutre. En 2009 ou 2011, il partageait encore l'introspection, le retour sur soi du capitalisme en capilotade; là, le Tiers Monde se marrait." src="http://www.freedonia.fr/2013/40.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Alex Nippon notait, à juste titre, que le jeu de séduction est pour moi comme pour lui la roulette. Obsédant, quitte ou double, présent total, œuvre sérieuse, abolition de la mort. Il faudrait me faire interdire de drague comme d'autres de casino." src="http://www.freedonia.fr/2013/41.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class=" alignnone" title="Et pour l'anniversaire de Thérèse, nous avions parcouru la Normandie (comprendre, le département de la Manche) à quatre; un séjour projeté de longtemps, à l'andouillerie du pont de La Baleine et autres «petits pays» grandis aux proportions mythiques de leurs toponyme. «Nom de pays, le nom» défilait sur le GPS: Caumont-l'Eventé, Saint-Martin-des-Besaces, Marcey-les-Grèves, Crévecoeur-en-Auge." src="http://www.freedonia.fr/2013/42.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Parce que «c'est trop dur», ma grand-mère faisait comme si mon grand-père avait toujours été vivant, le reconnaissant dans un autre locataire de la maison de retraite, disant qu'il allait bien «à part le mental». Dialectique, il ne venait jamais à notre table, ce qui la préoccupait puis la fâchait carrémement. «Ca fait trop mal» disait-elle quand on la ramenait au fait, c'est-à-dire à la mort." src="http://www.freedonia.fr/2013/43.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class=" alignnone" title="Et en Sologne, dans la maison de Fillette, «forêt, forêt de haute futaie». Chaleur abrasive de l'amitié." src="http://www.freedonia.fr/2013/44.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
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		<title>Session de rattrapage (2011)</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Apr 2013 20:58:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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A1: Je n&#8217;ai pas encore tout dit de Vienne. Mes parents m&#8217;y avaient rendu visite.
A2: Rétrospectivement, on doit pouvoir faire remonter là l&#8217;impression de notre incapacité définitive à changer, du moins les uns pour les autres: on reste le prisonnier d&#8217;un caractère trop entier, ou trop pudique, de malheurs qu&#8217;on garderait toujours sans les surmonter [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone" title="Je n'ai pas encore tout dit de Vienne. Mes parents m'y avaient rendu visite." src="http://www.freedonia.fr/201111/02.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Rétrospectivement, on doit pouvoir faire remonter là l'impression de notre incapacité définitive à changer, du moins les uns pour les autres: on reste le prisonnier d'un caractère trop entier, ou trop pudique, de malheurs qu'on garderait toujours sans les surmonter ni les partager. Dans une famille, on ne s'écoute jamais vraiment." src="http://www.freedonia.fr/201111/03.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Chez Trzesniewski, ma grand-mère et Thérèse, dans un mimétisme warholien des looks. Elles avaient voulu tout voir de Vienne, en deux jours: Mozart, Schönbrunn, les cafés, le marché, la Sécession, les grands magasins. Pourtant leur âge s'était, chose inédite, rappelé à elles au moment de repartir: «c'était crevant.»" src="http://www.freedonia.fr/201111/05.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Heureusement que mes amis ne m'ont pas laissé tomber. Amis volages dans leurs passions, ogres gourmets et omnivores: «Budapest c'est trop bien» et «je vais passer un été à Lisbonne.»" src="http://www.freedonia.fr/201111/01.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Amis des antipodes aux lucides énormités: «ces jeunes m'épuisent.»" src="http://www.freedonia.fr/201111/06.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Amis courageux, mine de rien." src="http://www.freedonia.fr/201111/04.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="De retour à Stras-,  la tare professionnelle de mon absence de charisme m’explosa à la gueule, et la sottise infantilisante, stérile et traditionaliste de l’Ecole. J’enrageais de ces contraintes, et pourtant je succombais au stress des injonctions contradictoires et de la course au bon point. L’ennui choucrouté de la ville ne faisait rien à l’affaire." src="http://www.freedonia.fr/201111/09.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="J’alternais du reflux d’ambition à l’angoisse scolaire, à l’indifférence heureuse hantée par la mauvaise conscience. Heureusement que je côtoyais Aymeric, Pascale, Virginie, et quelques autres, vrais amis, ancrés dans la vie, ranimant ma foi aussi dans l’Etat. " src="http://www.freedonia.fr/201111/08.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="L’été, un rapide aller-retour à Bâle, une ville proprette et charmante, prospère, d’une élégance de roman courtois, comme elles le sont le long du Rhin et de la Meuse. Pour la première fois depuis mes années d’étudiant, j’y ressentis frontalement les limites de mon pouvoir d’achat. Le week-end, on entend Bâle s’enrichir en dormant. J’y fus gentiment accueilli par un ami de Dustin – d’une simplicité gentille et rustique, et d’une quiète excentricité toute helvétique." src="http://www.freedonia.fr/201111/10.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Alors partir. Faire du lointain l’habitude, embrasser le départ comme un mode de vie." src="http://www.freedonia.fr/201111/13.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Et prendre Venise, Saint-Georges-Majeur les années impaires, comme point fixe." src="http://www.freedonia.fr/201111/14.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Chaque fois je m’y trouve plus à mon aise. J’aime le calme des ruelles anonymes, appropriées par les chats et vouées au soleil. C’est là que j’ai attendu Rob, accroupi dans un coin d’ombre." src="http://www.freedonia.fr/201111/15.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Il me semble que si je revenais assez souvent, ou si je ne repartais plus, j’aurais mes repères, je saurais quel rythme donner à mes routines, et comment éviter la laideur bifrons du tourisme et du cliché." src="http://www.freedonia.fr/201111/16.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="J’ai découvert Lido. Ici aussi, la dévastation moderne de l’uniformité fait son œuvre pour saper le rêve, pour expulser les souvenirs que nous bâtissent d’avance les romans." src="http://www.freedonia.fr/201111/17.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Mais dans les recoins subsistent, ici aussi, assez de lieux nostalgiques pour s’édifier dans le passé quelques vies parallèles, et pour l'avenir quelques réminiscences précieuses." src="http://www.freedonia.fr/201111/26.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Par une folle vengeance des pulsions ou de l’informatique, je n’ai plus trace des escales suivantes. Aucune copie sur les ordinateurs ; j’ai effacé un à un les clichés sur la caméra sans me douter de rien, avec une nostalgie rapide, pour faire de la place à d’autres. La perte a l’ampleur de ma propension à l’oubli. Qu’avait-on vu encore à la Biennale, où avait-on découvert un morceau de Venise moderne, qu’admire-t-on déjà aux Frari que Rob avait tenu à visiter? Et les enseignes dans les nuits d’orage et de foule au campo Sta Marguerita?  Et de Trieste, ville à quai, des immeubles autrichiens en pente sous la bora, des églises byzantines, des grands ensembles fascistes du centre, des cafés élégants en voie d’extinction et de la charcuterie populaire, des traces littéraires de Stuparich et Joyce, dans l’ambiance passée et pincée? Et Miramar aussi, et  la mignardise alpine et les esplanades brutalistes et le château propret de Ljubljana. Perdu tout ça, perdu comme le reste, et un peu plus encore. C’est le moment où j’ai cessé de vouloir être avec Rob, aussi." src="http://www.freedonia.fr/201111/27.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="J'ai par contre remis la main sur quelques photos du mariage en Provence de mon vieil ami Franck, un autre précieux souvenir. Un beau moment, parce qu'il avait été pensé de fond en comble, des lieux à la musique. On s'était bien amusés avec Nadia, Fix, et quelques autres. Curiosité, la soirée s'était tenue dans un beach club inverti de Ramatuelle jadis fréquenté par Michel Guy et Michou." src="http://www.freedonia.fr/201111/28.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Dans la même veine, nous avions à l'initiative d'Ivan essayé de faire le tour des derniers lieux du gai (prononcer gueille) deuxième: mais le Vagabond et le César venaient de fermer coup sur coup, emportant la poussière pailletée du souvenir, tout un passé désormais introuvable de gastronomie pédée, d'oeillades entendues et de gloussements froufroutants. Il restait encore le «champagne» surfacturé de l'Insolite, le dancing rikiki de la Champmeslé, et les clients de l'Alexander's Bar pour ramener au temps d'avant, celui de Le Luron, de Mourousi, d'Emaer." src="http://www.freedonia.fr/201111/18.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Au Nord. Les gens m’ont plus, leur mine franche, leur robuste constitution, leur goût sans détour du plaisir, leur proverbiale hospitalité. Peut-être le don de la vie errante est-il d’apprendre à se faire des amis partout, et généralement c’est à d’autres métèques que l’on se lie ; mais à Lille, des Lillois aussi m’ont accueilli." src="http://www.freedonia.fr/201111/25.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="N’était sa malédiction d’être, lui aussi, on the road, et même limogeable à vue (et puis à la main de la xénophobie d’Etat), le métier appris sur place me plairait bien. Il répond à plusieurs de mes lancinantes velléités : me plonger dans la diagonale du vide, toucher du doigt mon utilité professionnelle, exercer l’autorité." src="http://www.freedonia.fr/201111/31.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Et puis mon chef, mes collègues étaient super, et parfois bien de gauche. Ca faisait du bien." src="http://www.freedonia.fr/201111/30.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="A la Toussaint, Fillette nous avait emmené dans sa campagne solognote. C'était la belle saison de la chasse, de la pâtisserie domestique, de la paresse, des promenades en forêt, des légumes de pot-au-feu, des brocantes et des histoires de fantômes." src="http://www.freedonia.fr/201111/19.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Pour venir jusqu'à Romorantin-Lanthenay, j'avais fait un changement à Vierzon, ville qui réveilla mon envie de diagonale du vide, comme une vertigineuse résurgence de solitude, un vilain vœu de voir la France profonde. Triste ville inanimée et lointaine, ville en vain. T'avais qu'à pas vouloir voir Vierzon." src="http://www.freedonia.fr/201111/20.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Dans la maison de famille, Fillette évoquait des anecdotes de bigamie chabrolienne entre l'Aisne et le Cher, si l'on peut dire. La demeure évoquait des partouzes giscardiennes, des surprise-parties modianesques, toute une vieille France suivant La règle du jeu." src="http://www.freedonia.fr/201111/21.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Tout ça ne vaut pas un clair de lune à Maubeuge. Maubeuge, pour voir. Par une de ces erreurs nouvelles que permet la réservation touristique en ligne, j'ai échoué dans un hôtel aseptisé le long d'une nationale triste, que j'ai longée longuement pour trouver un gigantesque restaurant de couscous pas folichon." src="http://www.freedonia.fr/201111/22.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="La rue d'Hautmont est à l'abandon mais pas déserte, défoncée, rongée de mauvaises herbes, ses services publics en lambeaux. Des hommes sont réunis dans un estaminet sinistre, des gens sales traînent le long de la chaussée. Des animaux dépressifs stagnent dans les cages du zoo, au bout de la rue. Les corons, le canal, les fortifications: ce serait peut-être joli, sans la misère." src="http://www.freedonia.fr/201111/23.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="C'est comme à Denain ou à Dutemple, on a laissé les gens et les lieux là, à leur sort, à pourrir lentement. Combien de temps peut-on oublier quelqu'un, et une ville, sans qu'ils se rappellent à vous? Rarement j'ai vu aussi nettement le quart-monde qu'en cherchant la maison où a grandi ma grand-mère." src="http://www.freedonia.fr/201111/24.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="A l’invitation de Jon (ah! Jon…), j’ai rejoint Bilbao un week-end. Vieux projet. Bilbao : la jeunesse y est compacte et turbulente dans les rues, amicale et enivrée, et navigue de lieu en bar, de danse traditionnelle en pogo punk. Bee-line pour les tapas et les calimoxos. C’est l’envers joyeux de Liège, où le populaire aurait repris ses droits, son folklore, son optimisme." src="http://www.freedonia.fr/201111/34.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Il y avait pourtant, déjà, l’ombre d’une angoisse, dont Bilbao a été la fuite mais aussi l’accélérateur." src="http://www.freedonia.fr/201111/35.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Peut-être ai-je réveillé mes peurs de voyage récurrentes. Peut-être que ma fragilité affective a été touchée, et baladée, par le jeu de dandysme séduisant (à chapeau) et de distance (auf Deutsch) de Jon. L’aller-retour entre l’impératif macho, le mutisme d’un berger, l’indifférence d’un nerd." src="http://www.freedonia.fr/201111/36.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Gare de Lyon, au retour d’un week-end beaux-arts avec Matthieu DC. J’ai noté, alors, que je ne comprenais même plus les visages, que leur sens, leur possible beauté devenaient insaisissables." src="http://www.freedonia.fr/201111/29.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Il devenait nécessaire d’élucider le paradoxe : est-ce l’impossibilité géographique qui a créé mon éloignement affectif de tout, ou est-ce la peur de la proximité qui a su, toujours, mettre de la distance?" src="http://www.freedonia.fr/201111/37.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Tout m’est devenu étouffant, les réunions de famille comme la scolarité, l’on et l’off de ma vie. Je ne crois pas que mon entourage l’ai entendu, même s’il a réagi, ensuite. J’aurais pu tout envoyer paître, tous ces devoirs, et les autres, et moi ; mais je n’en ai rien fait, car l’apathie gagne toujours à la fin, et le conformisme." src="http://www.freedonia.fr/201111/38.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
<p>A1: Je n&#8217;ai pas encore tout dit de Vienne. Mes parents m&#8217;y avaient rendu visite.<br />
A2: Rétrospectivement, on doit pouvoir faire remonter là l&#8217;impression de notre incapacité définitive à changer, du moins les uns pour les autres: on reste le prisonnier d&#8217;un caractère trop entier, ou trop pudique, de malheurs qu&#8217;on garderait toujours sans les surmonter ni les partager. Dans une famille, on ne s&#8217;écoute jamais vraiment.<br />
A3: Chez Trzesniewski, ma grand-mère et Thérèse, dans un mimétisme warholien des looks. Elles avaient voulu tout voir de Vienne, en deux jours: Mozart, Schönbrunn, les cafés, le marché, la Sécession, les grands magasins. Pourtant leur âge s&#8217;était, chose inédite, rappelé à elles au moment de repartir: «c&#8217;était crevant.»</p>
<p>B1: Heureusement que mes amis ne m&#8217;ont pas laissé tomber. Amis volages dans leurs passions, ogres gourmets et omnivores: «Budapest c&#8217;est trop bien» et «je vais passer un été à Lisbonne.»<br />
B2: Amis des antipodes aux lucides énormités: «ces jeunes m&#8217;épuisent.»<br />
B3: Amis courageux, mine de rien.</p>
<p>C1: De retour à Stras-,  la tare professionnelle de mon absence de charisme m’explosa à la gueule, et la sottise infantilisante, stérile et traditionaliste de l’Ecole. J’enrageais de ces contraintes, et pourtant je succombais au stress des injonctions contradictoires et de la course au bon point. L’ennui choucrouté de la ville ne faisait rien à l’affaire.<br />
C2: J’alternais du reflux d’ambition à l’angoisse scolaire, à l’indifférence heureuse hantée par la mauvaise conscience. Heureusement que je côtoyais Aymeric, Pascale, Virginie, et quelques autres, vrais amis, ancrés dans la vie, ranimant ma foi aussi dans l’Etat.<br />
C3: L’été, un rapide aller-retour à Bâle, une ville proprette et charmante, prospère, d’une élégance de roman courtois, comme elles le sont le long du Rhin et de la Meuse. Pour la première fois depuis mes années d’étudiant, j’y ressentis frontalement les limites de mon pouvoir d’achat. Le week-end, on entend Bâle s’enrichir en dormant. J’y fus gentiment accueilli par un ami de Dustin – d’une simplicité gentille et rustique, et d’une quiète excentricité toute helvétique.</p>
<p>D1: Alors partir. Faire du lointain l’habitude, embrasser le départ comme un mode de vie.<br />
D2: Et prendre Venise, Saint-Georges-Majeur les années impaires, comme point fixe.<br />
D3: Chaque fois je m’y trouve plus à mon aise. J’aime le calme des ruelles anonymes, appropriées par les chats et vouées au soleil. C’est là que j’ai attendu Rob, accroupi dans un coin d’ombre.</p>
<p>E1: Il me semble que si je revenais assez souvent, ou si je ne repartais plus, j’aurais mes repères, je saurais quel rythme donner à mes routines, et comment éviter la laideur bifrons du tourisme et du cliché.<br />
E2: J’ai découvert Lido. Ici aussi, la dévastation moderne de l’uniformité fait son œuvre pour saper le rêve, pour expulser les souvenirs que nous bâtissent d’avance les romans.<br />
E3: Mais dans les recoins subsistent, ici aussi, assez de lieux nostalgiques pour s’édifier dans le passé quelques vies parallèles, et pour l&#8217;avenir quelques réminiscences précieuses.</p>
<p>F1: Par une folle vengeance des pulsions ou de l’informatique, je n’ai plus trace des escales suivantes. Aucune copie sur les ordinateurs ; j’ai effacé un à un les clichés sur la caméra sans me douter de rien, avec une nostalgie rapide, pour faire de la place à d’autres. La perte a l’ampleur de ma propension à l’oubli. Qu’avait-on vu encore à la Biennale, où avait-on découvert un morceau de Venise moderne, qu’admire-t-on déjà aux Frari que Rob avait tenu à visiter? Et les enseignes dans les nuits d’orage et de foule au campo Sta Marguerita  Et de Trieste, ville à quai, des immeubles autrichiens en pente sous la bora, des églises byzantines, des grands ensembles fascistes du centre, des cafés élégants en voie d’extinction et de la charcuterie populaire, des traces littéraires de Stuparich et Joyce, dans l’ambiance passée et pincée? Et Miramar aussi, et  la mignardise alpine et les esplanades brutalistes et le château propret de Ljubljana. Perdu tout ça, perdu comme le reste, et un peu plus encore. C’est le moment où j’ai cessé de vouloir être avec Rob, aussi.<br />
F2: J&#8217;ai par contre remis la main sur quelques photos du mariage en Provence de mon vieil ami Franck, un autre précieux souvenir. Un beau moment, parce qu&#8217;il avait été pensé de fond en comble, des lieux à la musique. On s&#8217;était bien amusés avec Nadia, Fix, et quelques autres. Curiosité, la soirée s&#8217;était tenue dans un beach club inverti de Ramatuelle jadis fréquenté par Michel Guy et Michou.<br />
F3: Dans la même veine, nous avions à l&#8217;initiative d&#8217;Ivan essayé de faire le tour des derniers lieux du gai (prononcer gueille) deuxième: mais le Vagabond et le César venaient de fermer coup sur coup, emportant la poussière pailletée du souvenir, tout un passé désormais introuvable de gastronomie pédée, d&#8217;oeillades entendues et de gloussements froufroutants. Il restait encore le «champagne» surfacturé de l&#8217;Insolite, le dancing rikiki de la Champmeslé, et les clients de l&#8217;Alexander&#8217;s Bar pour ramener au temps d&#8217;avant, celui de Le Luron, de Mourousi, d&#8217;Emaer.</p>
<p>G1: Au Nord. Les gens m’ont plus, leur mine franche, leur robuste constitution, leur goût sans détour du plaisir, leur proverbiale hospitalité. Peut-être le don de la vie errante est-il d’apprendre à se faire des amis partout, et généralement c’est à d’autres métèques que l’on se lie ; mais à Lille, des Lillois aussi m’ont accueilli.<br />
G2: N’était sa malédiction d’être, lui aussi, on the road, et même limogeable à vue (et puis à la main de la xénophobie d’Etat), le métier appris sur place me plairait bien. Il répond à plusieurs de mes lancinantes velléités : me plonger dans la diagonale du vide, toucher du doigt mon utilité professionnelle, exercer l’autorité.<br />
G3: Et puis mon chef, mes collègues étaient super, et parfois bien de gauche. Ca faisait du bien.</p>
<p>H1: A la Toussaint, Fillette nous avait emmené dans sa campagne solognote. C&#8217;était la belle saison de la chasse, de la pâtisserie domestique, de la paresse, des promenades en forêt, des légumes de pot-au-feu, des brocantes et des histoires de fantômes.<br />
H2: Pour venir jusqu&#8217;à Romorantin-Lanthenay, j&#8217;avais fait un changement à Vierzon, ville qui réveilla mon envie de diagonale du vide, comme une vertigineuse résurgence de solitude, un vilain vœu de voir la France profonde. Triste ville inanimée et lointaine, ville en vain. T&#8217;avais qu&#8217;à pas vouloir voir Vierzon.<br />
H3: Dans la maison de famille, Fillette évoquait des anecdotes de bigamie chabrolienne entre l&#8217;Aisne et le Cher, si l&#8217;on peut dire. La demeure évoquait des partouzes giscardiennes, des surprise-parties modianesques, toute une vieille France suivant <em>La règle du jeu.</em></p>
<p>I1: <em>Tout ça ne vaut pas un clair de lune à Maubeuge. </em>Maubeuge, pour voir. Par une de ces erreurs nouvelles que permet la réservation touristique en ligne, j&#8217;ai échoué dans un hôtel aseptisé le long d&#8217;une nationale triste, que j&#8217;ai longée longuement pour trouver un gigantesque restaurant de couscous pas folichon.<br />
I2: La rue d&#8217;Hautmont est à l&#8217;abandon mais pas déserte, défoncée, rongée de mauvaises herbes, ses services publics en lambeaux. Des hommes sont réunis dans un estaminet sinistre, des gens sales traînent le long de la chaussée. Des animaux dépressifs stagnent dans les cages du zoo, au bout de la rue. Les corons, le canal, les fortifications: ce serait peut-être joli, sans la misère.<br />
I3: C&#8217;est comme à Denain ou à Dutemple, on a laissé les gens et les lieux là, à leur sort, à pourrir lentement. Combien de temps peut-on oublier quelqu&#8217;un, et une ville, sans qu&#8217;ils se rappellent à vous? Rarement j&#8217;ai vu aussi nettement le quart-monde qu&#8217;en cherchant la maison où a grandi ma grand-mère.</p>
<p>J1: A l’invitation de Jon (ah! Jon…), j’ai rejoint Bilbao un week-end. Vieux projet. Bilbao : la jeunesse y est compacte et turbulente dans les rues, amicale et enivrée, et navigue de lieu en bar, de danse traditionnelle en pogo punk. Bee-line pour les tapas et les calimoxos. C’est l’envers joyeux de Liège, où le populaire aurait repris ses droits, son folklore, son optimisme.<br />
J2: Il y avait pourtant, déjà, l’ombre d’une angoisse, dont Bilbao a été la fuite mais aussi l’accélérateur.<br />
J3: Peut-être ai-je réveillé mes peurs de voyage récurrentes. Peut-être que ma fragilité affective a été touchée, et baladée, par le jeu de dandysme séduisant (à chapeau) et de distance <em>(auf Deutsch)</em> de Jon. L’aller-retour entre l’impératif macho, le mutisme d’un berger, l’indifférence d’un <em>nerd</em>.</p>
<p>K1: Gare de Lyon, au retour d’un week-end beaux-arts avec Matthieu DC. J’ai noté, alors, que je ne comprenais même plus les visages, que leur sens, leur possible beauté devenaient insaisissables.<br />
K2: Il devenait nécessaire d’élucider le paradoxe : est-ce l’impossibilité géographique qui a créé mon éloignement affectif de tout, ou est-ce la peur de la proximité qui a su, toujours, mettre de la distance?<br />
K3: Tout m’est devenu étouffant, les réunions de famille comme la scolarité, l’on et l’off de ma vie. Je ne crois pas que mon entourage l’ai entendu, même s’il a réagi, ensuite. J’aurais pu tout envoyer paître, tous ces devoirs, et les autres, et moi ; mais je n’en ai rien fait, car l’apathie gagne toujours à la fin, et le conformisme.</p>
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		<title>Les boums et les bangs</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Dec 2010 09:17:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les douze travaux avaient tout de même pris fin. J&#8217;avais retrouvé la vie civile, aussi vite que le métro regagnait la ville. Institut du sport, Morgue, Austerlitz, Museum: là où le bien public prend doucement la poussière, où le soleil filtre parmi les verrières décaties. Puis Hammam, pour évaporer mon stress.






A1: Après l&#8217;épreuve de sport, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les douze travaux avaient tout de même pris fin. J&#8217;avais retrouvé la vie civile, aussi vite que le métro regagnait la ville. Institut du sport, Morgue, Austerlitz, Museum: là où le bien public prend doucement la poussière, où le soleil filtre parmi les verrières décaties. Puis Hammam, pour évaporer mon stress.</p>
<p><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/01.jpg" title="Après l'épreuve de sport, j'avais pu arrêter la sobriété et reprendre une vie sociale." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/02.jpg" title="Maaxxx fêtait une promotion à coups de champagne et de petits fours du Bon Marché, son épicerie de proximité." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/03.jpg" title="«Est-ce qu'il se rend compte qu'il a un truc hyper-séduisant?»" class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/04.jpg" title="Au début, l'inquiétude était telle que j'en perdis le sommeil. Chaque nuit, je repassais le grand oral, soupesant la faiblesse de mes réponses, supputant la sévérité des sphinges du jury." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/05.jpg" title="Département SARL tardait à me trouver un nouveau job d'attente ou de rechange. Dans Paris, je promenais mon entre-deux administratif." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/06.jpg" title="Fin novembre, je me remis à dormir. Dans un cauchemar d'anticipation, j'ouvrais un .pdf d'échec sur le site de l'École." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/07.jpg" title="Les bureaux d'Alex Nippon rutilaient de linoleum et d'amiante." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/08.jpg" title="Popeck, Lully, Basquiat, Larry Clark, Kertész, Miroslav Tichy, collection De Mol van Otterloo. «On se retrouve aux Souffleurs?»" class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/09.jpg" title="A Drouot, un lot de chapeaux avait été emporté, à notre nez et notre barbe, par un SAPEur superbement accoutré comme un potentat équatorial." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/10.jpg" title="«Une perquisition mexicaine? Non..., y'a pas de ça chez nous.» Les condés continuaient de naviguer, d'un instant à l'autre, entre professionnalisme et gros doigts." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/11.jpg" title="A La Hague, vivante et calme, je revis enfin Rob." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/12.jpg" title="Tandis que l'affection culminait, la distance redoublée du manque d'argent créaient un grand écart." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/14.jpg" title="Et après trois martini-dry, on s'exclamait: «C'est qui? on l'a jamais vu!? il est hyper mignon!» Pendant ce temps là, Morgie essayait les bonnets phrygiens oversize." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/13.jpg" title="Dans les Puces, devant Demy, devant un demi, Matthieu DC récriminait contre les rigueurs aveugles de l'amour et râlait sur son nouveau gagne-pain. Pendant ce temps-là, ShiningRubis ripolinait le showroom de ses rêves." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/15.jpg" title="Avec la déprime, Kyle jouait les popes et guignait les faveurs de vieilles dévotes orthodoxes." class="alignnone" width="250" height="250" /><br />
<img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/16.jpg" title="Avec Fillette aux présences écliptiques, Pheel généreux en guimauves, et NippleLoki ressuscité d'entre les Yankees, on suivit le parcours en gidouille de la manif contre le sida. Die-in dans la neige." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/17.jpg" title="A Bruxelles, en famille, «Gays et envoisiez et chantans». LzMry avait lâché le Coca Light et, peut-être, les migraines, mais non point le grain de folie." class="alignnone" width="250" height="250" /><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201011/18.jpg" title="Chez Département SARL, j'étais passé en 7 ans du bureau 420 au bureau 421, chiffre aléatoire qui résumait bien la situation. Plus que quelques heures et tout, ou presque, serait joué. J'avais fait ce que j'avais compté faire, pas de regrets à concevoir; rien ne va plus." class="alignnone" width="250" height="250" /></p>
<p>A1: Après l&#8217;épreuve de sport, j&#8217;avais pu arrêter la sobriété et reprendre une vie sociale.<br />
A2: Maaxxx fêtait une promotion à coups de champagne et de petits fours du Bon Marché, son épicerie de proximité.<br />
A3: «Est-ce qu&#8217;il se rend compte qu&#8217;il a un truc hyper-séduisant?»<br />
B1: Au début, l&#8217;inquiétude était telle que j&#8217;en perdis le sommeil. Chaque nuit, je repassais le grand oral, soupesant la faiblesse de mes réponses, supputant la sévérité des sphinges du jury.<br />
B2: Département SARL tardait à me trouver un nouveau job d&#8217;attente ou de rechange. Dans Paris, je promenais mon entre-deux administratif.<br />
B3: Fin novembre, je me remis à dormir. Dans un cauchemar d&#8217;anticipation, j&#8217;ouvrais un .pdf d&#8217;échec sur le site de l&#8217;École.<br />
C1: Les bureaux d&#8217;Alex Nippon rutilaient de linoleum et d&#8217;amiante.<br />
C2: Popeck, Lully, Basquiat, Larry Clark, Kertész, Miroslav Tichy, collection De Mol van Otterloo. «On se retrouve aux Souffleurs?»<br />
C3: A Drouot, un lot de chapeaux avait été emporté, à notre nez et notre barbe, par un SAPEur superbement accoutré comme un potentat équatorial.<br />
D1: «Une perquisition mexicaine? Non&#8230;, y&#8217;a pas de ça chez nous.» Les condés continuaient de naviguer, d&#8217;un instant à l&#8217;autre, entre professionnalisme et gros doigts.<br />
D2: A La Hague, vivante et calme, je revis enfin Rob.<br />
D3: Tandis que l&#8217;affection culminait, la distance redoublée du manque d&#8217;argent créaient un grand écart.<br />
E1: Après trois martini-dry, on s&#8217;exclamait: «C&#8217;est qui? on l&#8217;a jamais vu!? il est hyper mignon!» Pendant ce temps là, Morgie essayait les bonnets phrygiens oversize.<br />
E2: Dans les Puces, devant Demy, devant un demi, Matthieu DC récriminait contre les rigueurs aveugles de l&#8217;amour et râlait sur son nouveau gagne-pain. Pendant ce temps-là, ShiningRubis ripolinait le showroom de ses rêves.<br />
E3: Avec la déprime, Kyle jouait les popes et guignait les faveurs de vieilles dévotes orthodoxes.<br />
F1: Avec Fillette aux présences écliptiques, Pheel généreux en guimauves, et NippleLoki ressuscité d&#8217;entre les Yankees, on suivit le parcours en gidouille de la manif contre le sida. Die-in dans la neige.<br />
F2: A Bruxelles, en famille, «Gays et envoisiez et chantans». LzMry avait lâché le Coca Light et, peut-être, les migraines, mais non point le grain de folie.<br />
F3: Chez Département SARL, j&#8217;étais passé en 7 ans du bureau 420 au bureau 421, chiffre aléatoire qui résumait bien la situation. Plus que quelques heures et tout, ou presque, serait joué. J&#8217;avais fait ce que j&#8217;avais compté faire, pas de regrets à concevoir; rien ne va plus.</p>
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		<title>Barnum</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Jan 2009 21:07:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je n&#8217;ai pas pris, c&#8217;est dommage, de photos des canaux pris par les glaces. Ils avaient, selon l&#8217;endroit et l&#8217;heure, l&#8217;allure de natures solitaires, rendues aux canards et aux brouillards, faisant de la ville un désert nocturne ou une carrière: lugubre, minérale, poudreuse et frisquette ; ou à l&#8217;inverse s&#8217;agitaient des foules gamines des cours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je n&#8217;ai pas pris, c&#8217;est dommage, de photos des canaux pris par les glaces. Ils avaient, selon l&#8217;endroit et l&#8217;heure, l&#8217;allure de natures solitaires, rendues aux canards et aux brouillards, faisant de la ville un désert nocturne ou une carrière: lugubre, minérale, poudreuse et frisquette ; ou à l&#8217;inverse s&#8217;agitaient des foules gamines des cours de récréation. Le plus beau fut la débâcle. Les tranchées de glace inondée devinrent noires, luisantes et éphémères comme l&#8217;asphalte de belles avenues toutes neuves, lisses et opaques comme des miroirs hélophytes.</p>
<p><img src="http://www.freedonia.fr/200901/01.jpg" title="A Paris, je dînai avec Matthieu DC, dans son nouveau look Harvey Milk et sa nouvelle passion aquariophile." width="250" height="250" /><img src="http://www.freedonia.fr/200901/02.jpg" title="A la MAJ, sur le lit d'enfance de Crame devenu le divan divinatoire de LzMry, je papotai avec Panda, toujours heureux, doux et sexy comme son pull cachemire. Vlöörenz demandait «sur l'échelle du bonheur êtes-vous heureux? 1 c'est la Shoah, 5 la social-démocratie, 10 le mariage.» Fillette avait ressurgi aussi, comme si de rien n'était." width="250" height="250" /><img src="http://www.freedonia.fr/200901/03.jpg" title="Mes amis et moi avions vieilli, parfois mûri, et leur talent avec. 21 MAJ étaient passées sur les projets, les amours, les chagrins, les emportant, les remplaçant." width="250" height="250" /><br />
<img src="http://www.freedonia.fr/200901/04.jpg" title="Le cirque continuait de rouler de chapiteau en chapiteau: clown blanc, auguste, voyante, écuyère, monsieur loyal, contorsionniste et homme canon." width="250" height="250" /><img src="http://www.freedonia.fr/200901/05.jpg" title="Après Noël, j'ai cédé à la crainte d'être devenu l'étranger de mes amis, de n'avoir plus rien à dire à Comité par exemple." width="250" height="250" /><img src="http://www.freedonia.fr/200901/06.jpg" title="Mais dans le milieu hostile de la foule jeune, beauf et beurrée du Point FMR, cette amitié a persévéré." width="250" height="250" /></p>
<p>A1: A Paris, je dînai avec Matthieu DC, dans son nouveau look Harvey Milk et sa nouvelle passion aquariophile.<br />
A2: A la MAJ, sur le lit d&#8217;enfance de Crame devenu le divan divinatoire de LzMry, je papotai avec Panda, toujours heureux, doux et sexy comme son pull cachemire. Vlöörenz demandait «sur l&#8217;échelle du bonheur êtes-vous heureux? 1 c&#8217;est la Shoah, 5 la social-démocratie, 10 le mariage.» Fillette avait ressurgi aussi, comme si de rien n&#8217;était.<br />
A3: Mes amis et moi avions vieilli, parfois mûri, et leur talent avec. 21 MAJ étaient passées sur les projets, les amours, les chagrins, les emportant, les remplaçant.<br />
B1: Le cirque continuait de rouler de chapiteau en chapiteau: clown blanc, auguste, voyante, écuyère, monsieur loyal, contorsionniste et homme canon.<br />
B2: Après Noël, j&#8217;ai cédé à la crainte d&#8217;être devenu l&#8217;étranger de mes amis, de n&#8217;avoir plus rien à dire à Comité par exemple.<br />
B3: Mais dans le milieu hostile de la foule jeune, beauf et beurrée du Point FMR, cette amitié a persévéré.</p>
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		<title>«Wednesday Morning 3AM»</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Nov 2004 03:04:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[CNN donne  102 votes à Bush et 77 à Kerry, et la BBC un de plus à Bush compte tenu de la répartition proportionnelle des grands électeurs du Maine (un vote électoral pour Bush). Mais les grands Etats de l&#8217;est, même New York, restent non attribués. Rumeurs de recours de la secrétaire d&#8217;Etat républicaine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>CNN donne  102 votes à Bush et 77 à Kerry, et la BBC un de plus à Bush compte tenu de la répartition proportionnelle des grands électeurs du Maine (un vote électoral pour Bush). Mais les grands Etats de l&#8217;est, même New York, restent non attribués. Rumeurs de recours de la secrétaire d&#8217;Etat républicaine de Floride contre les jugements prolongeant les heures d&#8217;ouverture du scrutin. </p>
<p>Il n&#8217;y a pas de tendance très nette pour l&#8217;un ou l&#8217;autre, et tandis que j&#8217;écris, de très nombreux nouveaux votes du Midwest tombent logiquement pour Bush, et New York pour Kerry. Rien de rien sur ce foutu Ohio. </p>
<p><img src="http://www.freedonia.fr/200411/USA20043am.jpg" border="0" alt="John Kerry, hihihihihi ouhlalalalala !!!" /></p>
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		<title>Vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Aug 2004 10:59:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AC&P</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Lendemain de cuite pour les uns. Lendemain de l&#8217;enfance pour les autres.
Coco chantait à la messe ; il était à fond. Moi, je constatais que non, non, rien n&#8217;avait changé. La même lithurgie, les mêmes prêches à la fin desquels on se dit &#8220;Ah ouais, ouais, ouais-ouais-ouais, mais alors quoi ?&#8221;, le même Chinois minuscule [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lendemain de cuite pour les uns. Lendemain de l&#8217;enfance pour les autres.</p>
<p>Coco chantait à la messe ; il était à fond. Moi, je constatais que non, non, rien n&#8217;avait changé. La même lithurgie, les mêmes prêches à la fin desquels on se dit &#8220;Ah ouais, ouais, ouais-ouais-ouais, mais alors quoi ?&#8221;, le même Chinois minuscule à canne, la même vieille Guyanaise à chignon, sa même belle-fille, le même quota jeune, les mêmes chants, les même gestes de la même chef des chants, le même bébé qui hurle au fond de la nef, les mêmes annonces à la même fin de la même représentante du même conseil paroissial pour préparer le même départ du même curé, le même Abraham, le même Isaac et tous leurs mêmes putains d&#8217;amis. Créteil 1991 -vs- Paris 2004 : the Same Old Shit.</p>
<p>Et la même vulnérabilité du dimanche matin. Mais pas le même âge. Une autre vie déjà vécue, déjà morte. C&#8217;était trop. Je sortis de l&#8217;église pour pleurer tranquille.</p>
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		<title>Incompréhension</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Aug 2003 20:30:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Choses de ma génération que je n&#8217;ai pas faites:
1/ suivre le Loft, la Star&#8217;Ac et/ou PopStars;
2/ être fan de Mylène Farmer / de Noir Désir;
3/ consommer des drogues chimiques;
4/ être trop love de mon/ma petit(e) cop(a)in(e) quand j&#8217;avais 15 ans;
5/ avoir envie d&#8217;aller en Australie;
6/ m&#8217;abstenir;
7/ être au chômage;
8/ faire un DEUG de psycho;
9/ manger [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Choses de ma génération que je n&#8217;ai pas faites:<br />
<b>1/ </b>suivre le Loft, la Star&#8217;Ac et/ou PopStars;<br />
<b>2/ </b>être fan de Mylène Farmer / de Noir Désir;<br />
<b>3/</b> consommer des drogues chimiques;<br />
<b>4/</b> être trop love de mon/ma petit(e) cop(a)in(e) quand j&#8217;avais 15 ans;<br />
<b>5/</b> avoir envie d&#8217;aller en Australie;<br />
<b>6/</b> m&#8217;abstenir;<br />
<b>7/</b> être au chômage;<br />
<b>8/ </b>faire un DEUG de psycho;<br />
<b>9/</b> manger du/de la Nutella; <br />
<b>10/</b> savoir avec certitude le genre du mot «Nutella». </p>
]]></content:encoded>
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