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		<title>Session de rattrapage (2011)</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Apr 2013 20:58:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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A1: Je n&#8217;ai pas encore tout dit de Vienne. Mes parents m&#8217;y avaient rendu visite.
A2: Rétrospectivement, on doit pouvoir faire remonter là l&#8217;impression de notre incapacité définitive à changer, du moins les uns pour les autres: on reste le prisonnier d&#8217;un caractère trop entier, ou trop pudique, de malheurs qu&#8217;on garderait toujours sans les surmonter [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone" title="Je n'ai pas encore tout dit de Vienne. Mes parents m'y avaient rendu visite." src="http://www.freedonia.fr/201111/02.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Rétrospectivement, on doit pouvoir faire remonter là l'impression de notre incapacité définitive à changer, du moins les uns pour les autres: on reste le prisonnier d'un caractère trop entier, ou trop pudique, de malheurs qu'on garderait toujours sans les surmonter ni les partager. Dans une famille, on ne s'écoute jamais vraiment." src="http://www.freedonia.fr/201111/03.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Chez Trzesniewski, ma grand-mère et Thérèse, dans un mimétisme warholien des looks. Elles avaient voulu tout voir de Vienne, en deux jours: Mozart, Schönbrunn, les cafés, le marché, la Sécession, les grands magasins. Pourtant leur âge s'était, chose inédite, rappelé à elles au moment de repartir: «c'était crevant.»" src="http://www.freedonia.fr/201111/05.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Heureusement que mes amis ne m'ont pas laissé tomber. Amis volages dans leurs passions, ogres gourmets et omnivores: «Budapest c'est trop bien» et «je vais passer un été à Lisbonne.»" src="http://www.freedonia.fr/201111/01.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Amis des antipodes aux lucides énormités: «ces jeunes m'épuisent.»" src="http://www.freedonia.fr/201111/06.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Amis courageux, mine de rien." src="http://www.freedonia.fr/201111/04.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="De retour à Stras-,  la tare professionnelle de mon absence de charisme m’explosa à la gueule, et la sottise infantilisante, stérile et traditionaliste de l’Ecole. J’enrageais de ces contraintes, et pourtant je succombais au stress des injonctions contradictoires et de la course au bon point. L’ennui choucrouté de la ville ne faisait rien à l’affaire." src="http://www.freedonia.fr/201111/09.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="J’alternais du reflux d’ambition à l’angoisse scolaire, à l’indifférence heureuse hantée par la mauvaise conscience. Heureusement que je côtoyais Aymeric, Pascale, Virginie, et quelques autres, vrais amis, ancrés dans la vie, ranimant ma foi aussi dans l’Etat. " src="http://www.freedonia.fr/201111/08.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="L’été, un rapide aller-retour à Bâle, une ville proprette et charmante, prospère, d’une élégance de roman courtois, comme elles le sont le long du Rhin et de la Meuse. Pour la première fois depuis mes années d’étudiant, j’y ressentis frontalement les limites de mon pouvoir d’achat. Le week-end, on entend Bâle s’enrichir en dormant. J’y fus gentiment accueilli par un ami de Dustin – d’une simplicité gentille et rustique, et d’une quiète excentricité toute helvétique." src="http://www.freedonia.fr/201111/10.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Alors partir. Faire du lointain l’habitude, embrasser le départ comme un mode de vie." src="http://www.freedonia.fr/201111/13.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Et prendre Venise, Saint-Georges-Majeur les années impaires, comme point fixe." src="http://www.freedonia.fr/201111/14.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Chaque fois je m’y trouve plus à mon aise. J’aime le calme des ruelles anonymes, appropriées par les chats et vouées au soleil. C’est là que j’ai attendu Rob, accroupi dans un coin d’ombre." src="http://www.freedonia.fr/201111/15.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Il me semble que si je revenais assez souvent, ou si je ne repartais plus, j’aurais mes repères, je saurais quel rythme donner à mes routines, et comment éviter la laideur bifrons du tourisme et du cliché." src="http://www.freedonia.fr/201111/16.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="J’ai découvert Lido. Ici aussi, la dévastation moderne de l’uniformité fait son œuvre pour saper le rêve, pour expulser les souvenirs que nous bâtissent d’avance les romans." src="http://www.freedonia.fr/201111/17.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Mais dans les recoins subsistent, ici aussi, assez de lieux nostalgiques pour s’édifier dans le passé quelques vies parallèles, et pour l'avenir quelques réminiscences précieuses." src="http://www.freedonia.fr/201111/26.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Par une folle vengeance des pulsions ou de l’informatique, je n’ai plus trace des escales suivantes. Aucune copie sur les ordinateurs ; j’ai effacé un à un les clichés sur la caméra sans me douter de rien, avec une nostalgie rapide, pour faire de la place à d’autres. La perte a l’ampleur de ma propension à l’oubli. Qu’avait-on vu encore à la Biennale, où avait-on découvert un morceau de Venise moderne, qu’admire-t-on déjà aux Frari que Rob avait tenu à visiter? Et les enseignes dans les nuits d’orage et de foule au campo Sta Marguerita?  Et de Trieste, ville à quai, des immeubles autrichiens en pente sous la bora, des églises byzantines, des grands ensembles fascistes du centre, des cafés élégants en voie d’extinction et de la charcuterie populaire, des traces littéraires de Stuparich et Joyce, dans l’ambiance passée et pincée? Et Miramar aussi, et  la mignardise alpine et les esplanades brutalistes et le château propret de Ljubljana. Perdu tout ça, perdu comme le reste, et un peu plus encore. C’est le moment où j’ai cessé de vouloir être avec Rob, aussi." src="http://www.freedonia.fr/201111/27.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="J'ai par contre remis la main sur quelques photos du mariage en Provence de mon vieil ami Franck, un autre précieux souvenir. Un beau moment, parce qu'il avait été pensé de fond en comble, des lieux à la musique. On s'était bien amusés avec Nadia, Fix, et quelques autres. Curiosité, la soirée s'était tenue dans un beach club inverti de Ramatuelle jadis fréquenté par Michel Guy et Michou." src="http://www.freedonia.fr/201111/28.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Dans la même veine, nous avions à l'initiative d'Ivan essayé de faire le tour des derniers lieux du gai (prononcer gueille) deuxième: mais le Vagabond et le César venaient de fermer coup sur coup, emportant la poussière pailletée du souvenir, tout un passé désormais introuvable de gastronomie pédée, d'oeillades entendues et de gloussements froufroutants. Il restait encore le «champagne» surfacturé de l'Insolite, le dancing rikiki de la Champmeslé, et les clients de l'Alexander's Bar pour ramener au temps d'avant, celui de Le Luron, de Mourousi, d'Emaer." src="http://www.freedonia.fr/201111/18.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Au Nord. Les gens m’ont plus, leur mine franche, leur robuste constitution, leur goût sans détour du plaisir, leur proverbiale hospitalité. Peut-être le don de la vie errante est-il d’apprendre à se faire des amis partout, et généralement c’est à d’autres métèques que l’on se lie ; mais à Lille, des Lillois aussi m’ont accueilli." src="http://www.freedonia.fr/201111/25.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="N’était sa malédiction d’être, lui aussi, on the road, et même limogeable à vue (et puis à la main de la xénophobie d’Etat), le métier appris sur place me plairait bien. Il répond à plusieurs de mes lancinantes velléités : me plonger dans la diagonale du vide, toucher du doigt mon utilité professionnelle, exercer l’autorité." src="http://www.freedonia.fr/201111/31.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Et puis mon chef, mes collègues étaient super, et parfois bien de gauche. Ca faisait du bien." src="http://www.freedonia.fr/201111/30.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="A la Toussaint, Fillette nous avait emmené dans sa campagne solognote. C'était la belle saison de la chasse, de la pâtisserie domestique, de la paresse, des promenades en forêt, des légumes de pot-au-feu, des brocantes et des histoires de fantômes." src="http://www.freedonia.fr/201111/19.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Pour venir jusqu'à Romorantin-Lanthenay, j'avais fait un changement à Vierzon, ville qui réveilla mon envie de diagonale du vide, comme une vertigineuse résurgence de solitude, un vilain vœu de voir la France profonde. Triste ville inanimée et lointaine, ville en vain. T'avais qu'à pas vouloir voir Vierzon." src="http://www.freedonia.fr/201111/20.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Dans la maison de famille, Fillette évoquait des anecdotes de bigamie chabrolienne entre l'Aisne et le Cher, si l'on peut dire. La demeure évoquait des partouzes giscardiennes, des surprise-parties modianesques, toute une vieille France suivant La règle du jeu." src="http://www.freedonia.fr/201111/21.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Tout ça ne vaut pas un clair de lune à Maubeuge. Maubeuge, pour voir. Par une de ces erreurs nouvelles que permet la réservation touristique en ligne, j'ai échoué dans un hôtel aseptisé le long d'une nationale triste, que j'ai longée longuement pour trouver un gigantesque restaurant de couscous pas folichon." src="http://www.freedonia.fr/201111/22.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="La rue d'Hautmont est à l'abandon mais pas déserte, défoncée, rongée de mauvaises herbes, ses services publics en lambeaux. Des hommes sont réunis dans un estaminet sinistre, des gens sales traînent le long de la chaussée. Des animaux dépressifs stagnent dans les cages du zoo, au bout de la rue. Les corons, le canal, les fortifications: ce serait peut-être joli, sans la misère." src="http://www.freedonia.fr/201111/23.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="C'est comme à Denain ou à Dutemple, on a laissé les gens et les lieux là, à leur sort, à pourrir lentement. Combien de temps peut-on oublier quelqu'un, et une ville, sans qu'ils se rappellent à vous? Rarement j'ai vu aussi nettement le quart-monde qu'en cherchant la maison où a grandi ma grand-mère." src="http://www.freedonia.fr/201111/24.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="A l’invitation de Jon (ah! Jon…), j’ai rejoint Bilbao un week-end. Vieux projet. Bilbao : la jeunesse y est compacte et turbulente dans les rues, amicale et enivrée, et navigue de lieu en bar, de danse traditionnelle en pogo punk. Bee-line pour les tapas et les calimoxos. C’est l’envers joyeux de Liège, où le populaire aurait repris ses droits, son folklore, son optimisme." src="http://www.freedonia.fr/201111/34.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Il y avait pourtant, déjà, l’ombre d’une angoisse, dont Bilbao a été la fuite mais aussi l’accélérateur." src="http://www.freedonia.fr/201111/35.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Peut-être ai-je réveillé mes peurs de voyage récurrentes. Peut-être que ma fragilité affective a été touchée, et baladée, par le jeu de dandysme séduisant (à chapeau) et de distance (auf Deutsch) de Jon. L’aller-retour entre l’impératif macho, le mutisme d’un berger, l’indifférence d’un nerd." src="http://www.freedonia.fr/201111/36.jpg" alt="" width="250" height="250" /><br />
<img class="alignnone" title="Gare de Lyon, au retour d’un week-end beaux-arts avec Matthieu DC. J’ai noté, alors, que je ne comprenais même plus les visages, que leur sens, leur possible beauté devenaient insaisissables." src="http://www.freedonia.fr/201111/29.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Il devenait nécessaire d’élucider le paradoxe : est-ce l’impossibilité géographique qui a créé mon éloignement affectif de tout, ou est-ce la peur de la proximité qui a su, toujours, mettre de la distance?" src="http://www.freedonia.fr/201111/37.jpg" alt="" width="250" height="250" /><img class="alignnone" title="Tout m’est devenu étouffant, les réunions de famille comme la scolarité, l’on et l’off de ma vie. Je ne crois pas que mon entourage l’ai entendu, même s’il a réagi, ensuite. J’aurais pu tout envoyer paître, tous ces devoirs, et les autres, et moi ; mais je n’en ai rien fait, car l’apathie gagne toujours à la fin, et le conformisme." src="http://www.freedonia.fr/201111/38.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
<p>A1: Je n&#8217;ai pas encore tout dit de Vienne. Mes parents m&#8217;y avaient rendu visite.<br />
A2: Rétrospectivement, on doit pouvoir faire remonter là l&#8217;impression de notre incapacité définitive à changer, du moins les uns pour les autres: on reste le prisonnier d&#8217;un caractère trop entier, ou trop pudique, de malheurs qu&#8217;on garderait toujours sans les surmonter ni les partager. Dans une famille, on ne s&#8217;écoute jamais vraiment.<br />
A3: Chez Trzesniewski, ma grand-mère et Thérèse, dans un mimétisme warholien des looks. Elles avaient voulu tout voir de Vienne, en deux jours: Mozart, Schönbrunn, les cafés, le marché, la Sécession, les grands magasins. Pourtant leur âge s&#8217;était, chose inédite, rappelé à elles au moment de repartir: «c&#8217;était crevant.»</p>
<p>B1: Heureusement que mes amis ne m&#8217;ont pas laissé tomber. Amis volages dans leurs passions, ogres gourmets et omnivores: «Budapest c&#8217;est trop bien» et «je vais passer un été à Lisbonne.»<br />
B2: Amis des antipodes aux lucides énormités: «ces jeunes m&#8217;épuisent.»<br />
B3: Amis courageux, mine de rien.</p>
<p>C1: De retour à Stras-,  la tare professionnelle de mon absence de charisme m’explosa à la gueule, et la sottise infantilisante, stérile et traditionaliste de l’Ecole. J’enrageais de ces contraintes, et pourtant je succombais au stress des injonctions contradictoires et de la course au bon point. L’ennui choucrouté de la ville ne faisait rien à l’affaire.<br />
C2: J’alternais du reflux d’ambition à l’angoisse scolaire, à l’indifférence heureuse hantée par la mauvaise conscience. Heureusement que je côtoyais Aymeric, Pascale, Virginie, et quelques autres, vrais amis, ancrés dans la vie, ranimant ma foi aussi dans l’Etat.<br />
C3: L’été, un rapide aller-retour à Bâle, une ville proprette et charmante, prospère, d’une élégance de roman courtois, comme elles le sont le long du Rhin et de la Meuse. Pour la première fois depuis mes années d’étudiant, j’y ressentis frontalement les limites de mon pouvoir d’achat. Le week-end, on entend Bâle s’enrichir en dormant. J’y fus gentiment accueilli par un ami de Dustin – d’une simplicité gentille et rustique, et d’une quiète excentricité toute helvétique.</p>
<p>D1: Alors partir. Faire du lointain l’habitude, embrasser le départ comme un mode de vie.<br />
D2: Et prendre Venise, Saint-Georges-Majeur les années impaires, comme point fixe.<br />
D3: Chaque fois je m’y trouve plus à mon aise. J’aime le calme des ruelles anonymes, appropriées par les chats et vouées au soleil. C’est là que j’ai attendu Rob, accroupi dans un coin d’ombre.</p>
<p>E1: Il me semble que si je revenais assez souvent, ou si je ne repartais plus, j’aurais mes repères, je saurais quel rythme donner à mes routines, et comment éviter la laideur bifrons du tourisme et du cliché.<br />
E2: J’ai découvert Lido. Ici aussi, la dévastation moderne de l’uniformité fait son œuvre pour saper le rêve, pour expulser les souvenirs que nous bâtissent d’avance les romans.<br />
E3: Mais dans les recoins subsistent, ici aussi, assez de lieux nostalgiques pour s’édifier dans le passé quelques vies parallèles, et pour l&#8217;avenir quelques réminiscences précieuses.</p>
<p>F1: Par une folle vengeance des pulsions ou de l’informatique, je n’ai plus trace des escales suivantes. Aucune copie sur les ordinateurs ; j’ai effacé un à un les clichés sur la caméra sans me douter de rien, avec une nostalgie rapide, pour faire de la place à d’autres. La perte a l’ampleur de ma propension à l’oubli. Qu’avait-on vu encore à la Biennale, où avait-on découvert un morceau de Venise moderne, qu’admire-t-on déjà aux Frari que Rob avait tenu à visiter? Et les enseignes dans les nuits d’orage et de foule au campo Sta Marguerita  Et de Trieste, ville à quai, des immeubles autrichiens en pente sous la bora, des églises byzantines, des grands ensembles fascistes du centre, des cafés élégants en voie d’extinction et de la charcuterie populaire, des traces littéraires de Stuparich et Joyce, dans l’ambiance passée et pincée? Et Miramar aussi, et  la mignardise alpine et les esplanades brutalistes et le château propret de Ljubljana. Perdu tout ça, perdu comme le reste, et un peu plus encore. C’est le moment où j’ai cessé de vouloir être avec Rob, aussi.<br />
F2: J&#8217;ai par contre remis la main sur quelques photos du mariage en Provence de mon vieil ami Franck, un autre précieux souvenir. Un beau moment, parce qu&#8217;il avait été pensé de fond en comble, des lieux à la musique. On s&#8217;était bien amusés avec Nadia, Fix, et quelques autres. Curiosité, la soirée s&#8217;était tenue dans un beach club inverti de Ramatuelle jadis fréquenté par Michel Guy et Michou.<br />
F3: Dans la même veine, nous avions à l&#8217;initiative d&#8217;Ivan essayé de faire le tour des derniers lieux du gai (prononcer gueille) deuxième: mais le Vagabond et le César venaient de fermer coup sur coup, emportant la poussière pailletée du souvenir, tout un passé désormais introuvable de gastronomie pédée, d&#8217;oeillades entendues et de gloussements froufroutants. Il restait encore le «champagne» surfacturé de l&#8217;Insolite, le dancing rikiki de la Champmeslé, et les clients de l&#8217;Alexander&#8217;s Bar pour ramener au temps d&#8217;avant, celui de Le Luron, de Mourousi, d&#8217;Emaer.</p>
<p>G1: Au Nord. Les gens m’ont plus, leur mine franche, leur robuste constitution, leur goût sans détour du plaisir, leur proverbiale hospitalité. Peut-être le don de la vie errante est-il d’apprendre à se faire des amis partout, et généralement c’est à d’autres métèques que l’on se lie ; mais à Lille, des Lillois aussi m’ont accueilli.<br />
G2: N’était sa malédiction d’être, lui aussi, on the road, et même limogeable à vue (et puis à la main de la xénophobie d’Etat), le métier appris sur place me plairait bien. Il répond à plusieurs de mes lancinantes velléités : me plonger dans la diagonale du vide, toucher du doigt mon utilité professionnelle, exercer l’autorité.<br />
G3: Et puis mon chef, mes collègues étaient super, et parfois bien de gauche. Ca faisait du bien.</p>
<p>H1: A la Toussaint, Fillette nous avait emmené dans sa campagne solognote. C&#8217;était la belle saison de la chasse, de la pâtisserie domestique, de la paresse, des promenades en forêt, des légumes de pot-au-feu, des brocantes et des histoires de fantômes.<br />
H2: Pour venir jusqu&#8217;à Romorantin-Lanthenay, j&#8217;avais fait un changement à Vierzon, ville qui réveilla mon envie de diagonale du vide, comme une vertigineuse résurgence de solitude, un vilain vœu de voir la France profonde. Triste ville inanimée et lointaine, ville en vain. T&#8217;avais qu&#8217;à pas vouloir voir Vierzon.<br />
H3: Dans la maison de famille, Fillette évoquait des anecdotes de bigamie chabrolienne entre l&#8217;Aisne et le Cher, si l&#8217;on peut dire. La demeure évoquait des partouzes giscardiennes, des surprise-parties modianesques, toute une vieille France suivant <em>La règle du jeu.</em></p>
<p>I1: <em>Tout ça ne vaut pas un clair de lune à Maubeuge. </em>Maubeuge, pour voir. Par une de ces erreurs nouvelles que permet la réservation touristique en ligne, j&#8217;ai échoué dans un hôtel aseptisé le long d&#8217;une nationale triste, que j&#8217;ai longée longuement pour trouver un gigantesque restaurant de couscous pas folichon.<br />
I2: La rue d&#8217;Hautmont est à l&#8217;abandon mais pas déserte, défoncée, rongée de mauvaises herbes, ses services publics en lambeaux. Des hommes sont réunis dans un estaminet sinistre, des gens sales traînent le long de la chaussée. Des animaux dépressifs stagnent dans les cages du zoo, au bout de la rue. Les corons, le canal, les fortifications: ce serait peut-être joli, sans la misère.<br />
I3: C&#8217;est comme à Denain ou à Dutemple, on a laissé les gens et les lieux là, à leur sort, à pourrir lentement. Combien de temps peut-on oublier quelqu&#8217;un, et une ville, sans qu&#8217;ils se rappellent à vous? Rarement j&#8217;ai vu aussi nettement le quart-monde qu&#8217;en cherchant la maison où a grandi ma grand-mère.</p>
<p>J1: A l’invitation de Jon (ah! Jon…), j’ai rejoint Bilbao un week-end. Vieux projet. Bilbao : la jeunesse y est compacte et turbulente dans les rues, amicale et enivrée, et navigue de lieu en bar, de danse traditionnelle en pogo punk. Bee-line pour les tapas et les calimoxos. C’est l’envers joyeux de Liège, où le populaire aurait repris ses droits, son folklore, son optimisme.<br />
J2: Il y avait pourtant, déjà, l’ombre d’une angoisse, dont Bilbao a été la fuite mais aussi l’accélérateur.<br />
J3: Peut-être ai-je réveillé mes peurs de voyage récurrentes. Peut-être que ma fragilité affective a été touchée, et baladée, par le jeu de dandysme séduisant (à chapeau) et de distance <em>(auf Deutsch)</em> de Jon. L’aller-retour entre l’impératif macho, le mutisme d’un berger, l’indifférence d’un <em>nerd</em>.</p>
<p>K1: Gare de Lyon, au retour d’un week-end beaux-arts avec Matthieu DC. J’ai noté, alors, que je ne comprenais même plus les visages, que leur sens, leur possible beauté devenaient insaisissables.<br />
K2: Il devenait nécessaire d’élucider le paradoxe : est-ce l’impossibilité géographique qui a créé mon éloignement affectif de tout, ou est-ce la peur de la proximité qui a su, toujours, mettre de la distance?<br />
K3: Tout m’est devenu étouffant, les réunions de famille comme la scolarité, l’on et l’off de ma vie. Je ne crois pas que mon entourage l’ai entendu, même s’il a réagi, ensuite. J’aurais pu tout envoyer paître, tous ces devoirs, et les autres, et moi ; mais je n’en ai rien fait, car l’apathie gagne toujours à la fin, et le conformisme.</p>
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		<title>La petite marchande d&#8217;allumettes</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Apr 2013 22:26:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Cahuzac]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[Tout cela est plus stupéfiant encore qu’écœurant. Que les socialistes soient des gestionnaires de centre-droit à la petite semaine doublés, de temps à autre, d&#8217;affairistes blasés, on l&#8217;avait compris; ça a fait déjà du dégât. Il m&#8217;avait juste semblé que ce j&#8217;ai pu comprendre ces derniers temps, moi, d&#8217;un point d&#8217;observation anodin du pays, d&#8217;un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tout cela est plus stupéfiant encore qu’écœurant. Que les socialistes soient des gestionnaires de centre-droit à la petite semaine doublés, de temps à autre, d&#8217;affairistes blasés, on l&#8217;avait compris; ça a fait déjà du dégât. Il m&#8217;avait juste semblé que ce j&#8217;ai pu comprendre ces derniers temps, moi, d&#8217;un point d&#8217;observation anodin du pays, d&#8217;un point biaisé même par les privilèges de ma classe et le confort de ma condition, eh bien le sommet, informé par mille capteurs policiers et statistiques, éclairé par le talent des gens qui l&#8217;occupent (car ils n&#8217;en manquent pas, Cahuzac a même un côté génie du crime orthoplastique), le sommet donc l&#8217;aurait perçu, et qu&#8217;il se serait restreint.</p>
<p>C&#8217;est ceci: des points de non-retour sont désormais franchis. Non-retour dans la défiance, dans l&#8217;iniquité, dans la brutalité. La France n&#8217;est plus homéostatique, elle roule à l&#8217;abîme (lequel?). La violence politique se généralise dans les discours et se réveille dans les pratiques. Le sarkozysme a galvaudé la vulgarité, l&#8217;injure et la désignation de boucs émissaires, selon des méthodes fascistoïdes inédites depuis plusieurs décennies; il n&#8217;a pas hésité à malmener concrètement pauvres, migrants et parfois opposants. Dans le camp de nos pires ennemis, les intégristes font le coup de poing homophobe et casseront des gueules quand l&#8217;occasion se présentera (celles des pédés et les autres), ça ne saurait tarder. Dans mon propre camp, les têtes s&#8217;échauffent et rêvent à voix haute de salut public, discours qui se disqualifie de moins en moins comme d&#8217;une maladie infantile.</p>
<p>Face à cela, je pensais que le pouvoir serait prudent, trait qu&#8217;on lui supposait. Prudent dans sa complaisance aux puissants qui pourtant condamne sa politique. Prudent dans ses manœuvres tactiques d&#8217;arroseur arrosé (je pense au détail concret de la gestion de la loi «mariage pour tous» et des manifestations homophobes). Prudent dans les abus, qui en font de ce jour un objet de détestation personnelle. Il n&#8217;en est rien, il s&#8217;est vautré triplement dans la trahison, l&#8217;approximation et la corruption.</p>
<p>Voilà qui laisse peu de champ aux républicains sincères et aux pacifistes, aux démocrates socialistes aux rangs desquels je crois devoir me compter. Rarement ai-je tant eu le sentiment de n&#8217;être pas fait pour mon temps et que celui-ci me le fera payer.</p>
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		<title>La rue du babouin</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Feb 2013 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bientôt les résultats des élections les plus cool de l&#8217;OCDE (sauf pour les habitants du pays). Pour mieux tout suivre et savoir où en sont l&#8217;Italie des valeurs (à l&#8217;extrême-gauche), Fini (au centre-droit, au sein de Futur &#38; Liberté), le Parti des retraités (à droite) et Emma Bobino (nulle part, comme d&#8217;hab), deux petits graphiques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bientôt les résultats des élections les plus cool de l&#8217;OCDE (sauf pour les habitants du pays). Pour mieux tout suivre et savoir où en sont l&#8217;Italie des valeurs (à l&#8217;extrême-gauche), Fini (au centre-droit, au sein de Futur &amp; Liberté), le Parti des retraités (à droite) et Emma Bobino (nulle part, comme d&#8217;hab), deux petits graphiques avec les coalitions et les listes indépendantes. J&#8217;espère que l&#8217;absence d&#8217;apparentement du PLI et du PRI n&#8217;annonce pas leur disparition, mais juste l&#8217;imminence d&#8217;une constituante républicaine qui permettra de créer la Nouvelle UDEUR.</p>
<p>Les Verts sont en train de fonder une sorte d&#8217;Europe-Écologie (sous l&#8217;impulsion de notre Cohn-Bendit binational) mais qui s&#8217;est affiliée au Front de gauche transalpin, la Révolution civile. Ce qui lui fait bien les pieds, je pense, à Dany. Les centristes de gauche ont fait plein de trucs fous-fous, genre une dissidence d&#8217;ex-Marguerites qui trouvaient le Parti démocrate trop socialiste (WTF?!) et ont fait une scission avant de se regrouper avec des dissidents de l&#8217;Italie des valeurs au sein du Centre démocratique. Et la Rete s&#8217;est recréée mais avec les mouvements civiques de la gauche de gauche. Eh ouais, l&#8217;Italie c&#8217;est comme un congrès du Modem mais avec le sourire.</p>
<p>Sinon, <em>mon amoureux</em> m&#8217;a appris qu&#8217;en Italie, une liste bidon créée pour instiller la confusion s&#8217;appelle une liste-chouette (comme hibou). Un superbe exemple avec la liste Vote protestataire de Beppe Cirillo, le faux Beppe Grillo.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.freedonia.fr/201302/candidats2013A.jpg" alt="" width="850" height="796" /></p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.freedonia.fr/201302/candidats2013B.jpg" alt="" width="850" height="750" /></p>
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		<title>Confetti&#8217;s</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Feb 2013 20:50:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au Liechtenstein, la droite bat la droite aux élections.
A noter, l&#8217;abondance de vannes dans l&#8217;onomastique partisane: les écolo-progressistes locaux de la Liste libre s&#8217;appellent FL (comme l&#8217;abréviation minéralogique du pays, Fürstentum Liechtenstein), la liste Les Indépendants dont l&#8217;acronyme DU dit à la fois «toi», en allemand, et fait allusion à l&#8217;Union patriotique (VU) dont elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au Liechtenstein, la droite bat la droite aux élections.</p>
<p>A noter, l&#8217;abondance de vannes dans l&#8217;onomastique partisane: les écolo-progressistes locaux de la Liste libre s&#8217;appellent FL (comme l&#8217;abréviation minéralogique du pays, <em>Fürstentum Liechtenstein</em>), la liste Les Indépendants dont l&#8217;acronyme DU dit à la fois «toi», en allemand, et fait allusion à l&#8217;Union patriotique (VU) dont elle a fait scission. Ah-ah-ah, on sait s&#8217;amuser dans la patrie des prothèses dentaires et des comptes offshores teutons.</p>
<p><img class="alignnone" title="&quot;Ein PLUS an Zusammenhalt in unserer Gesellschaft&quot;" src="http://www.freedonia.fr/201301/Liechtenstein2013.jpg" alt="" width="800" height="531" /></p>
<p>A Monaco, les divers partis de droite (libéraux, conservateurs, dynastiques) sont entraînés dans un tournoiement de nouvelles coalitions aussi aléatoire (ou pipé) que le parcours d&#8217;une bille de roulette. Comme à la roulette, on perd à la fin. Pour la première fois néanmoins, un parti progressiste, Renaissance, fait son entrée au Conseil national. Il représente les personnels de la Société des bains de mer et promeut des positions quasi de gauche (droit à l&#8217;avortement et PMA, lutte contre la spéculation immobilière et la destruction du patrimoine monégasque,  indépendance des fonctionnaires aux intérêts politiciens).</p>
<p>Les intitulés et les logos de listes sont moches et clinquants comme ceux d&#8217;un panachage municipal varois: logique.</p>
<p><img class="alignnone" title="«Regardons plus loin, ensemble»" src="http://www.freedonia.fr/201301/Monaco2013.jpg" alt="" width="875" height="550" /></p>
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		<title>«Dream away the sunny day until it&#8217;s time to leave»</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Jan 2013 21:44:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A la demande générale, un camembert sur la nouvelle Knesset.
Contrairement aux gargarismes de la presse française sur le regain du centre et de la gauche israéliens, les élections reflètent une assez grande stabilité des équilibres en présence. Rien que de normal, en somme, compte tenu du scrutin à la proportionnelle intégrale. La gauche est toujours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A la demande générale, un camembert sur la nouvelle Knesset.</p>
<p>Contrairement aux gargarismes de la presse française sur le regain du centre et de la gauche israéliens, les élections reflètent une assez grande stabilité des équilibres en présence. Rien que de normal, en somme, compte tenu du scrutin à la proportionnelle intégrale. La gauche est toujours faible malgré le bon résultat de Meretz, le «centre» travailliste (dont la nouvelle chef dit qu&#8217;il n&#8217;a jamais été de gauche), laïc-libéral (la dynastie Lapid) et post-Kadima étals (échec de la nouvelle boutique de Tzipi Livni, «Mouvement»), et un jeu de vases communicants entre les forces réactionnaires. Le succès le plus frappant est celui du Foyer juif, parti raciste, anti-arabe, colon, issu de la mouvance religieuse juive la plus intégriste: il profite du tassement de l&#8217;alliance Likud / Beiteinu.</p>
<p>A part le nouvel emblème à feuilles de HaDash, on peut pas dire que c&#8217;est la grosse teuf non plus, niveau logos.</p>
<p><img class=" alignnone" title="«What do we want to happen here?»" src="http://www.freedonia.fr/201301/Knesset2013.jpg" alt="«What do we want to happen here?»" width="850" height="452" /></p>
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		<title>Sociabilité web</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Aug 2012 15:44:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[AOL &#8211; GayFrance
mIRC &#8211; #gayfr
SixDegrees
Adventice
Yarps
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Citegay / DialH
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RezoG / Gboy
Gaybow
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OKCupid
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Gayromeo
BearWWW
Gay.nl
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Are You Interested?
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Manjam
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NoPicNoDial
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Et apparemment aussi Badoo. 
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			<content:encoded><![CDATA[<p>AOL &#8211; GayFrance<br />
mIRC &#8211; #gayfr<br />
SixDegrees<br />
Adventice<br />
Yarps<br />
Friendster<br />
Gayvox<br />
Citegay / DialH<br />
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BUTT<br />
Manhunt<br />
NoPicNoDial<br />
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Et apparemment aussi Badoo. </p>
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		<title>La nouvelle UDF</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jun 2012 14:07:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est assez rose. Bravo au camarade Carvalho pour son élection à Compiègne-Nord. La carte a une petite imprécision (le député MPF est figuré dans une couleur ad hoc), qu&#8217;il faut encore que je rectifie, rapport à la lutte de chaque instant contre les ordinateurs et le temps. Ce sera mieux demain, comme on dit. 
On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est assez rose. Bravo au camarade Carvalho pour son élection à Compiègne-Nord. La carte a une petite imprécision (le député MPF est figuré dans une couleur ad hoc), qu&#8217;il faut encore que je rectifie, rapport à la lutte de chaque instant contre les ordinateurs et le temps. Ce sera mieux demain, comme on dit. </p>
<p>On se demande si les omniprésents candidats de l&#8217;Alliance centriste et leur élu de l&#8217;Ille-et-Vilaine vont donner leurs 1,63 € annuels à l&#8217;association de financement du Centre pour la France (a.k.a la PME de François Bayrou) ou à celle de l&#8217;Union des radicaux, des centristes, des indépendants et des démocrates (a.k.a la start-up de Jean-Louis Borloo). </p>
<p>Hier soir, on a trinqué au bon débarras de Morano, Guéant, Charette, Alliot-Marie, Muselier, Rosso-Debord, et dans un autre genre de buses: de Royal et Lang. On a jamais su si on pouvait crier «dégage» à la mémoire de Maryse Joissains (réponse: si).  ComitéCentral était étrangement content («elle est beyond!») de la victoire de Marion Maréchal-Le Pen, car <em>les extrèmes se rejoignent.</em></p>
<p><a href="http://www.freedonia.fr/blogWP/wp-content/uploads/2012/06/elus2012b.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-392" title="elus2012Mini" src="http://www.freedonia.fr/blogWP/wp-content/uploads/2012/06/elus2012Mini-227x300.jpg" alt="" width="227" height="300" /> (cliquer ici pour agrandir)</a></p>
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		<title>Cassoulet</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jun 2012 05:53:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On s&#8217;achemine inéluctablement vers une vague radicale à l&#8217;Assemblée nationale.
Pour voir la différence entre de bons résultats de la droite au premier tour et de bons résultats de la gauche au premier tour, on se reportera aux résultats de 2007. (edit: correction de l&#8217;erreur sur Saint-Pierre-et-Miquelon, première d&#8217;une longue série de circonscriptions gagnées par les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On s&#8217;achemine inéluctablement vers une vague radicale à l&#8217;Assemblée nationale.</p>
<p>Pour voir la différence entre de bons résultats de la droite au premier tour et de bons résultats de la gauche au premier tour, on se reportera aux <a href="http://www.freedonia.fr/200706/2007PremierTour.jpg">résultats de 2007</a>.<em> (edit: correction de l&#8217;erreur sur Saint-Pierre-et-Miquelon, première d&#8217;une longue série de circonscriptions gagnées par les radicaux de gauche.)</em></p>
<p><em><br />
</em></p>
<p><a href="http://www.freedonia.fr/201206/elus1ertour.jpg"><img class="alignnone" title="Indépendance et exigences" src="http://www.freedonia.fr/201206/elus1ertourMini.jpg" alt="" />(cliquer sur le lien)</a></p>
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		<title>Mon amie Vouli</title>
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		<pubDate>Sun, 13 May 2012 16:19:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[En Grèce, les législatives anticipées ont fait imploser le bipartisme traditionnel. La chambre se situe dans cette configuration impossible: pas de majorité (149 sièges) pour les deux grands partis traditionnels et pro-austérité, socialistes panhelléniques et Nouvelle Démocratie, mais pas de majorité non plus pour les anti-austérité puisque les communistes du KKE refusent d&#8217;aller au pouvoir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En Grèce, les législatives anticipées ont fait imploser le bipartisme traditionnel. La chambre se situe dans cette configuration impossible: pas de majorité (149 sièges) pour les deux grands partis traditionnels et pro-austérité, socialistes panhelléniques et Nouvelle Démocratie, mais pas de majorité non plus pour les anti-austérité puisque les communistes du KKE refusent d&#8217;aller au pouvoir avec SyRiZa, qui décline toute alliance avec les néo-nazis d&#8217;Aube Dorée. </p>
<p>Aux dernières nouvelles, il faut regarder jusqu&#8217;à quel point les socialistes dissidents de la Gauche démocratique (DIMAR), qui se sont fait un logo à la DieLinke, vont résister aux appels du pieds pour une grande coalition avec le PASOK et la ND. </p>
<p>A noter, outre le stupéfiant emblème rameaux de l&#8217;ONU + frise grecque swastikesque d&#8217;Aube dorée, les efforts avortés de rénovation graphique de Nouvelle Démocratie, et le logo bien lisse et proto-villiéroïde de leurs propres dissidents anti-austérité, les Grecs Indépendants. </p>
<p><img alt="" src="http://www.freedonia.fr/201205/Vouli2012.jpg" title="«La Grèce qui réussit»" class="alignnone" width="850" height="550" /></p>
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		<title>La drôle de paix et l&#8217;étrange victoire.</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Apr 2012 12:55:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PatCo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Je l&#8217;ai écrit il y a cinq ans, je le redis avec plus d&#8217;alarme: je crois notre pays épuisé, recru de misère et de bouleversements subis. On a dit, depuis, «dépressif». J&#8217;ai été surpris en 2007 qu&#8217;il préfère Sarkozy a Bayrou, la surenchère de coups de mentons et l&#8217;agitation caporaliste. Encore une fois, il a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je l&#8217;ai écrit il y a cinq ans, je le redis avec plus d&#8217;alarme: je crois notre pays épuisé, recru de misère et de bouleversements subis. On a dit, depuis, «dépressif». J&#8217;ai été surpris en 2007 qu&#8217;il préfère Sarkozy a Bayrou, la surenchère de coups de mentons et l&#8217;agitation caporaliste. Encore une fois, il a cru trouver son bonheur dans la geste d&#8217;un seul, les miracles d&#8217;un guérisseur d’écrouelles, la chute de foudre impérial des décisions venues d&#8217;en haut. </p>
<p>A chaque étape de la régression sociale violente, de l&#8217;attaque concertée sur l&#8217;Etat (son mât de chapiteau), du recul des libertés républicaines, j&#8217;ai été surpris qu&#8217;il ne se soulève pas. Il a pourtant une longue histoire d&#8217;insurrections inattendues <em>(c&#8217;est un peuple frondeur)</em>. L&#8217;explication la plus simple que j&#8217;y trouve, finalement, est que l&#8217;anémie est déjà trop avancée, que ces dernières «réformes» sont comme des gifles a un neurasthénique.</p>
<p>J&#8217;ai eu cette discussion politique avec un ami, qui me disait a peu près: les Français attendent (encore) quelqu&#8217;un qui reprenne les choses en main, qui les dirige pour de bon. Je n&#8217;en suis pas si sûr. Plus cette fois-ci.</p>
<p>Marine Le Pen part de ce besoin pressenti, et  comme tous les fascistes, avive le culte du chef. Mais elle est toujours goguenarde, presque hilare de la situation et de ses propres suggestions. Elle ne me semble pas prendre le pouvoir bien au sérieux, ni son électorat, ni son programme. D&#8217;ailleurs, sous le racisme de convention de ceux-ci, il n&#8217;y a plus guère que l&#8217;égoïsme nu et increvable du poujadisme, et la recherche éperdue de boucs émissaires pour notre désastre: qui croit sérieusement, en son for, que notre impasse soit surtout celle des «immigrés» ou des minorités? </p>
<p>Sarkozy lui aussi escompte séduire cette demande d&#8217;homme providentiel, en doublant le mensonge encore une fois &#8211; dans ce <a href="http://www.freedonia.fr/blogWP/?p=71">Ponzi</a> de libéralisme autoritaire qu&#8217;est sa politique. Je serais cette fois stupéfait que cette ficelle marche. (il faut préciser que j&#8217;ai écrit ces lignes en janvier, quand j&#8217;étais encore à Lille.)</p>
<p>Hollande fait le pari inverse. Il promet «le changement sans le risque», un pouvoir modeste, plus de place aux corps intermédiaires. Je pense que notre pays crève du culte de la hiérarchie. Dans une nation de gens surdiplômés, on continue d&#8217;attendre toute décision, même la plus futile (et pas les seules impulsions) du haut de la pyramide, du sommet unique. On doute des jeunes, comme de l&#8217;intelligence du <em>middle-management. </em>On navigue entre l&#8217;inertie bureaucratique et le foudroiement des oukazes, sans jamais s&#8217;intéresser a la gestion. </p>
<p>Pour autant, cette solution de subsidiarité, chez Hollande, recèle je crois pas mal de pièges: geler la carte d&#8217;une décentralisation atomisée et sans cohérence, confier plus encore a l&#8217;incurie gestionnaire des partenaires sociaux. </p>
<p>* * *</p>
<p>Depuis le début, j&#8217;ai compté voter Mélenchon, et c&#8217;est ce que j&#8217;ai fait tout à l&#8217;heure. Je crois au cœur de l&#8217;argument de cette partie-là de la gauche, qui est tout simplement l&#8217;existence de la lutte de classes et la nécessité d&#8217;exercer un rapport de forces. Il me semble que le Front de Gauche concrétise cette exigence au point où nous en sommes rendus. </p>
<p>Je suis heureux et même un peu ému que le rapprochement de plusieurs familles, toutes précieuses dans leur apport idéologique et militant, &#8211; républicains laïcs, socialistes non dilués, libertaires identitaires (mouvements de pédés, de femmes, de visibles, d&#8217;espérantistes, etc), écologistes et alternatifs &#8211; se profile enfin dans notre pays: j&#8217;ai envié les Pays-Bas pour GroenLinks. Cela, d&#8217;ailleurs, ne se fera pas sans mal, et peut-être même pas du tout tant sont grands les rancœurs et le quant-à-soi.</p>
<p>Comme cette famille recomposée de la gauche, je refuse le système césariste de l&#8217;élection d&#8217;un chef; en ce sens, je suis un partisan de la VIème République. C&#8217;est pourtant sans déplaisir que je vote pour Mélenchon comme personne, tant je lui sais gré de son éloquence digne et classique, d&#8217;avoir su exprimer la fraternité entre souchiens et issus-de-l&#8217;immigration et entre les deux rives de la Méditerranée, d&#8217;avoir réalisé au moins à titre provisoire une synthèse entre ces courants de pensée entre lesquels je ne veux pas choisir. Ou autrement dit, de mettre le juquinisme aux alentours de 15%.</p>
<p>Parce que le pays va bien mal, je doute qu&#8217;il passe devant Le Pen. Mais cette campagne Mélenchon, dans ce que j&#8217;en ai vu et un peu vécu (en accompagnant Fillette et sa bande de pédales mélenchonistes au meeting de la porte de Versailles), me paraît remarquablement chaleureuse, enthousiaste, généreuse, drôle, bref prometteuse. </p>
<p><em>&#8220;Power concedes nothing without a demand. It never did and it never will.&#8221;</em> (Frederick Douglass)</p>
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